Paris Plage : le sable est mouvant
par siatom
lundi 14 décembre 2015
J’ai juste besoin d’un peu de luminothérapie et de la vitamine ‘’D’’ qui va avec , et la lumière est venue, du moins le pensai-je alors, d’un rapport de la Chambre régionale de la cour des comptes établi par des hommes austères en costume trois pièces de couleur sombre se rêvant en maillot de bain fluo sur ‘’Paris Plages’’ cette lumineuse invention du Père Delanoël, évènement festif par excellence a en faire baver de jalousie le maître en la matière Jack Lang.
Je tenais là mon billet estival, je pouvais occulter les régionales peu appétissantes, la race blanche de Bartolone qui se ‘’moranise’’ à rebours pour ramener à lui l’électorat de la diversité et me prélasser par anticipation sur les berges de la seine devenues par enchantement une annexe de la baie de Pampelonne, une manière pour les parisiens comme le dit joliment la voyagiste discount Anne Hidalgo de « voyager à deux pas de chez soi ».
Ces grippe-sous auraient dû se réjouir de cette initiative permettant aux banlieusards de s’imaginer sous les cocotiers à l’ile Maurice en se brumisant au monoï pour oublier quelques instants les émanations pestilentielles de gasoil mais ces magistrats tatillons et sans doute impécunieux, donc jaloux, ont pointé dans les comptes de ce haut-lieu du festivisme parisiano-socialiste de "sérieux dysfonctionnements et des "défaillances dans la « gestion administrative et financière ».
Ce faisant, ils accordent un petit bonheur posthume au sniper Philippe Muray figure de proue des nouveaux réactionnaires dénoncés régulièrement dans les gazettes affiliés au camp du bien qui qualifiait ce Saint Tropez sur Seine de « burlesque opération d’intoxication néo-balnéaire ».
Si l’on en croit le ‘’Point’’ qui se serait procuré quelques bonnes pages de ce rapport supposé confidentiel l’énumération des irrégularités serait longue comme un jour sans pain : coût de l’opération largement sous estimée, dépassement des montants des marchés publics maquillés grâce à quelques tours de magie comptable, partenariats au parfum d’acoquinage etc.
Amener la campagne à la ville est un vieux rêve d’urbaniste, Papa Delanoël a fait mieux en amenant dans sa hotte 5.000 tonnes de sable, une quarantaine de palmiers, 900 pièces de mobilier (matelas, transats, parasols, coussins) sans oublier la soixantaine de plagistes, ce n’est pas parce que l’on reçoit un public populaire qu’il ne faut pas soigner l’accueil.
Là aussi, nos ronchons pisse-froid renâclent, un sondage effectué en 2008 révèle que seuls 4% des bronzés qui étalent abondamment leurs crèmes solaires sur le front de seine sont des ouvriers et que 64% des estivants parisiens vont parfaire leur teint hâlé ensuite sur le vrai littoral, azuréen de préférence.
4%, le chiffre est faible pour une manifestation conviviale censée être le symbole de la réappropriation de l’espace public par le peuple mais il est à peu de chose près similaire au pourcentage d’ouvriers qui votent désormais socialiste.
Sous les pavés, la plage était un des slogans de Mai 68, mais il semble aussi comme le titre malicieusement le journaliste du Point qu’on y trouve également une ardoise de fort belle facture et que, faute de revoir sa copie, la Mairie de Paris pourrait se retrouver sur le sable.