Pas d’immunité pour les ennemis d’Israël
par Dr. salem alketbi
jeudi 18 septembre 2025
Quiconque observe le Moyen-Orient comprend que la politique d’assassinat d’Israël n’est ni accidentelle ni une exception ponctuelle. Il s’agit plutôt d’une approche profondément ancrée au sein de son appareil sécuritaire et d’un pilier fondamental de sa stratégie pour affronter les organisations terroristes.
La doctrine israélienne repose sur le principe des frappes préventives. Elle considère l’élimination des chefs terroristes comme une nécessité récurrente, et non comme un choix circonstanciel, afin d’affaiblir ses adversaires et de les empêcher d’utiliser le sang et le chaos comme moyens de pression.
Dans cette logique établie, l’assassinat d’Ismaïl Haniyeh à Téhéran le 31 juillet 2024 n’a été ni un incident isolé ni une opération de routine. Elle a été décrite comme la mission la plus complexe, une opération qui a déconcerté la communauté du renseignement mondial. Cette opération a illustré de façon éclatante une stratégie à long terme, délivrant un message fort selon lequel la portée d’Israël ne connaît aucune frontière géographique lorsque sa sécurité est en jeu.
Depuis les années 1970, Israël a systématiquement fait comprendre que la justice pouvait être retardée, mais jamais abandonnée. Depuis la plupart des capitales qui ont abrité des terroristes, Israël a prouvé que son appareil sécuritaire pouvait retrouver ses ennemis partout. Le temps n’accorde pas d’immunité.
L’opération complexe visant à assassiner Haniyeh a démontré les capacités du Mossad. Elle a impliqué une pénétration totale des services de renseignement d’un pays aussi redoutable que l’Iran, éliminant son agent et invité sous sa protection. C’était un message à double tranchant : il montrait la capacité d’Israël à infiltrer les milieux les plus sécurisés, tout en humiliant ceux qui osent héberger ses ennemis. Cette opération représente l’aboutissement d’une doctrine sécuritaire qui place la dissuasion au-dessus de toute considération politique ou diplomatique.
On pourrait se demander si tous les chefs terroristes ennemis d’Israël sont désormais condamnés à mort. En réalité, la liste est ouverte. Des noms sont mis de côté, en attendant le moment propice. Israël n’est pas pressé, mais il n’oublie pas. Certains chefs peuvent être maintenus en vie non par clémence, mais pour servir de monnaie d’échange dans de futures négociations politiques ou régionales. Leur sort ultime, cependant, dépend de leurs actions. Ils restent en vie, mais voués à une mort différée, exposés à un moment de défaillance, de trahison, ou face à une menace directe contre la sécurité d’Israël.
Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler les événements du 7 octobre. Ce jour-là s’est révélé la face la plus hideuse du terrorisme organisé, alors que le Hamas s’est jeté sur des civils désarmés avec une brutalité qui a brisé toutes les illusions. Cet acte terroriste a apporté la preuve irréfutable que la clémence envers le mal ne produit que davantage de mal.
Fermer les yeux sur les architectes de la mort leur laisse la possibilité de répéter des massacres. Le sang versé ce jour-là ne concernait pas que les Israéliens ; ses conséquences ont stimulé la chute de toute la région dans le chaos et l’instabilité. Cela confirme que la logique d’Israël dans la traque des chefs terroristes n’est pas une réaction émotionnelle, mais une conviction ferme. Laisser la tête du serpent en vie assure que le venin sera renouvelé.
La véritable dissuasion ne peut être obtenue que par une politique rigoureuse qui fait sentir à chaque chef terroriste qu’il est condamné à mort, peu importe le temps ou la distance.
Cela nous amène à une dimension plus profonde. Israël ne considère pas ces opérations comme de simples réactions à des attaques, mais comme une partie intégrante de sa doctrine sécuritaire à long terme. Cette politique sévère reflète la manière dont Israël se voit lui-même : une nation entourée de périls, vivant au milieu d’un océan de menaces sécuritaires, militaires et idéologiques. Par conséquent, la persistance dans l’assassinat n’est pas un luxe, mais une composante essentielle de la préservation de son existence.
En somme, tant que le terrorisme relèvera la tête, la riposte israélienne restera prête. Comme l’a dit un jour Oussama Hamdan, chef du Hamas : « Le champ de bataille est le juge ». Jusqu’à présent, le terrain a penché en faveur du bras long qui n’hésite jamais à frapper.
Malgré la clarté de cette stratégie, certains doutent encore de son efficacité. L’histoire, pourtant, démontre le contraire. Éliminer des chefs crée un vide, désorganise les rangs et sème la peur parmi ceux qui restent. Le véritable message ne réside pas dans le nombre de cadavres, mais dans la destruction du sentiment de sécurité, même pour ceux qui se cachent derrière les palais des capitales régionales. L’épée reste levée. Le temps passe, mais la finalité demeure : aucune immunité pour les ennemis d’Israël, où qu’ils soient.
Malgré les complexes diplomatiques qui accompagnent les opérations extérieures, le pragmatisme israélien ne fléchit jamais lorsqu’il s’agit de sécurité nationale. Le pays a prouvé qu’il était prêt à supporter des coûts politiques temporaires pour éliminer une menace stratégique permanente. C’est ce qui fait de la politique d’assassinat un pilier essentiel et irremplaçable.
Face aux dangers constants qui menacent ses citoyens, Israël sera contraint de maintenir cette approche, voire de l’intensifier à mesure que les menaces augmentent. La sécurité dans cette région n’est pas une équation immobile mais une lutte quotidienne contre un ennemi adaptatif en quête permanente de nouvelles failles.
Le message que les Israéliens envoient en continuant d’assassiner les chefs terroristes et leurs partisans est sans équivoque. La dissuasion ne s’obtient ni par des déclarations ni par des manœuvres, mais par une action décisive qui rappelle à tous : la main d’Israël, aussi longtemps qu’il le faudra, n’est jamais paralysée ni retenue.