Pauvres riches !
par l’Ane Artiste
mardi 27 août 2013
La vie d'un article sur Agoravox paraît souvent bien éphémère. Quelques jours suffisent pour qu'il n'y ait plus aucunes réactions.
Mon attention était retenue (sur ce site) par l'article d'un jeune cadre Frontiste (qui d'ailleurs s'est bien abstenu de soutenir ses désespérés sympathisants) et voilà que je passe à coté d'un autre article qui pose une question bien plus fondamentale : Faut-il haïr les riches ? Avec peut-être en sous-entendue : Peut-on détester les pauvres ?
Cette question faut-il haïr est bien délicate, car nous connaissons les résultats désastreux qu'elle produit : violences, crimes, guerres etc.
Mon épouse connaissant mon penchant et mon goût pour la polémique, m'a invité à écouter une rediffusion estivale de France Culture, la bien nommée Les Pieds sur Terre.
Cette émission nous offre le témoignage d'un pauvre riche. Il nous explique pourquoi il a été contraint de quitter, avec regrets, sa France natale.
Cet ancien patron de la chaine de distribution Casino, dont j'ai la pudeur de taire le nom, nous confie les raisons pour lesquelles il s'est réfugié en Suisse depuis 15 ans.
Sans retranscrire la totalité de ce document sonore (26 minutes), je ne peux m'empêcher de vous livrer quelques morceaux choisis :
-
J'ai dit à mon épouse, on part et je te laisse le choix entre Londres, Bruxelles ou Genève.
-
Partir c'est une solution extrême. Vous déstabilisez votre ménage, vous déstabilisez les enfants, vous pouvez même déstabiliser votre entreprise.
-
Je me souviens du jour où j'ai dit à mes enfants qu'on partirait en Suisse. Je les ai emmené chez Hippopotamus, leur grande joie et leur grand régal quand ils avaient de bonnes notes (la journaliste lui rappelle qu'il est l'un des plus gros actionnaire de cette chaine de restauration) je n'oublie jamais de joindre l'utile à l'agréable, ce qui me permet de voir si la présentation est correcte, ça me permet de contrôler la qualité et éventuellement de faire remonter (mes remarques) au patron.
Il nous explique aussi pourquoi la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde (mais la Suisse peut-elle accueillir toute la richesse du monde ?). Qu'à 40 ans, il n'avait plus l'intention de travailler et donc il a arrêté (c'est d'ailleurs une condition pour résider en Suisse) ce qui ne l'empêche pas, comme il dit, de continuer à faire des affaires avec sa patrie regrettée. Qu'en France on ne peut que se désoler de ce sordide spectacle offert par ces parasites de chômeurs et RSAistes qui ne veulent pas retrousser leurs manches pour aller bosser (et contribuer à faire la fortune de ces réfugiés ?). Qu'il a une Audi A8 4.2L dont il n'arrive pas a se débarrasser. Elle ne vaut plus que trois mille euros.
Alors là ! C'est vraiment trop injuste.
Eh oui mes amis ! Dans notre pays, les riches sont persécutés et le lac de Genève compte quelques 2000 yacht-peoples français qui ont demandé l'asile financier à ce pays neutre dont le drapeau national arbore la croix rouge. LA CROIX ROUGE (ah ! l'humour Suisse ! Ils sont bien plus surréalistes que les belges).
Ces pauvres riches disposent tout de même d'un arsenal « humanitaire », banquiers et avocats, prêt à les rassurer psychologiquement et les aider matériellement (trouver un toit où se loger par exemple) car comme tout réfugié, il n'est pas facile de s'intégrer dans une autre contrée.
Je ne sais pas si je peux haïr les riches.
Ce qui est sûr c'est que je vais pas non plus les pleurer !
Les Pieds sur Terre :
À écouter également, le témoignage d'un de ces « médecins du monde », avocat de son état, qui prodigue ses soins à ces malheureux pour pas moins de 400€ de l'heure.
Tous en Suisse : le fiscaliste.
Et si vous n'êtes pas convaincu de leur noble combat, de leur juste cause.
« J'aurais jamais imaginé en arriver là » les nouveaux visages de la pauvreté.