Pénurie d’enseignants...
par rosemar
mardi 29 janvier 2013
Qui veut, désormais, devenir enseignant ? Qui ambitionne d'entrer dans la fonction professorale ? Qui envisage d'exercer ce métier ingrat ? En fait, et ce n'est pas étonnant, la crise du recrutement des enseignants perdure et s'aggrave d'année en année....
Faute d'avoir pris les mesures nécessaires pour rendre la fonction attractive et pour la revaloriser, les gouvernements successifs ont laissé s'installer une crise des vocations sans précédent... Un constat s'impose : dans certaines disciplines, il y a moins de candidats admissibles que de postes à pourvoir...
A la rentrée prochaine, des postes ne seront pas pourvus, notamment en lettres classiques où l'on compte 108 admissibles pour 200 postes, en lettres modernes, on dénombre 1155 candidats admissibles pour 1000 postes... Dès lors, les jurys devront brader les places des concours et la qualité du recrutement va en pâtir...
L'image des enseignants s'est considérablement dégradée ces dernières années : ce métier n'attire plus les vocations... Pourquoi ?
En période de crise et de chômage galopant, on peut s'étonner que le professorat ne recueille plus la faveur des étudiants....
L'enseignement a bel et bien été sacrifié ces dernières années sur l'autel du libéralisme : les enseignants sont déconsidérés, souvent dénigrés par ceux là même qu'ils servent, par les élèves, les parents d'élèves, parfois par la hiérarchie et l'administration...
Accablés de tous les maux de la société, ils exercent un métier de plus en plus ingrat et difficile : leur autorité est sans cesse mise à mal par les parents, par les élèves...
Lors du quinquennat de N. Sarkozy, l'année de formation professionnelle a été supprimée, la fonction s'est dégradée avec des réformes successives souvent inadaptées et improvisées, les programmes, pour certains, ont été revus à la baisse...
Mal payés, jalousés par le secteur privé, accusés de paresse, parfois même d' incompétence par des parents qui se permettent de mettre leur grain de sel dans un métier qu'ils n'ont jamais exercé, dont ils ignorent les difficultés, les subtilités, les enseignants parfois à bout de souffle renoncent, pour certains, à leur métier et démissionnent !
Comment l'expliquer, si ce n'est par le manque d'attractivité dans lequel on a enfermé ce métier de transmission, plein de noblesse, d'échanges ?
Comment en est-on arrivé là ? Quand un pays néglige l'éducation, l'enseignement, c'est tout son avenir qui est ainsi mis en péril....
Source : Le Monde