Permis de tuer
par FRIDA
vendredi 27 avril 2012
Un syndicat de policiers réclame un permis de tuer sans rendre de compte à la justice. Celle-ci est considérée comme laxiste, responsable de l'augmentation de la délinquance et de l'insécurité. Que des policiers falsifient un procès verbal, en somme un faux, cela n'a pas à leur être reproché. Si on devait croire ces pauvres policiers qui manifestent aux frais de la République et imposent un thème électoral, chaque fois qu'il y a une bavure, ils sont présumés coupables, traînés dans la boue et leur honneur jeté en pâture. Non, les citoyens sont immédiatement entendus et défendus en cas de bavure, de détournement ou d'abus de pouvoir.
Ce qui est terrifiant dans cette histoire, ce n'est pas tellement un syndicat qui essaye de profiter de la période électorale pour avancer ses pions. C'est un candidat qui prend le temps d'étudier le casier judiciaire de la victime, son parcours, d'avoir pris le temps d'étudier le dossier et d'en tirer une conclusion. Pour Sarkozy, il n'y a pas lieu d'hésiter les circonstances du drame plaident en faveur du policier. Ce n'est pas un candidat sortant dans un meeting politique, mais un sherif qui tranche une affaire, une justice expéditionnaire.
Notre candidat a oublié que la séparation des pouvoirs exige des policiers d'exercer leur métier dans un cadre légal, qu'ils doivent rendre des comptes quand cela est nécessaire. Une présomption de légitime défense d'une partie, telle qu'elle est voulue par ce syndicat, a pour corollaire une présomption de culpabilité de l'autre partie, une culpabilité qui autorise la peine de mort quand le policier le juge, en somme le policier devient procureur et juge à la fois pour décider de la vie ou de la mort de quelqu'un. Le cas qu'ils nous présentent, un multi-récidiviste, cependant, ce n'est pas écrit sur le front des gens qu'ils sont multi-récidivistes.