Pour un islam français

par Christian Megrelis
samedi 2 avril 2016

On cherche un moyen d'intégrer l'islam au "paysage religieux français". Pourquoi ne pas s'inspirer de la francisation et de l'intégration du judaïsme et du protestantisme sous le Consulat et l'Empire ?

Un Islam français : comment ? Le 28 mars 2016

Le seul chef d’Etat musulman qui se soit risqué à publier une déclaration de désaveu des massacres de Bruxelles est le roi du Maroc. Il faut saluer son courage. Il y a deux gouvernements musulmans qui se battent contre les barbares : l’Irak et la Syrie. Il y a un peuple musulman qui les contient depuis des années : le peuple Kurde. C’est peu. Cette solitude montre l’importance du déni musulman.

Du coté européen le déni n’ayant maintenant plus de sens, il faut accepter le principe de réalité.

Le film « Salafistes », financé par la télévision française, et autorisé aux moins de 18 ans, montre l’engrenage de mort dans lequel les « vrais croyants » veulent engager la planète. « Nous aimons la mort autant que vous aimez la vie ! » proclament les responsables et les acteurs des massacres d’Afrique, d’Inde, d’Espagne, de Turquie, de Grande Bretagne, d’Indonésie, de Paris , de Bruxelles et de Lahore.

Concevoir puis mettre en action une stratégie pour sortir de ce cauchemar est une priorité nationale dans le pays le plus islamisé d’Europe .

Il faut rappeler les racines du mal. Elles sont théologiques, culturelles et historiques.

On sait peu que l’Islam est une civilisation dont la soumission est l’alpha et l’oméga. Contrairement aux autres religions mondiales, il contient un projet socio politique inséparable du volet métaphysique qui ne laisse aucun choix au croyant. Celui ci doit vivre selon des impératifs catégoriques contenus dans le Coran et la « Charia » où il n’y a que peu de trace d’amour du prochain et aucune de droits de l’homme .Dès le début, l’objectif de l’islam a été de mettre l’humanité sous la coupe de la doctrine politico religieuse prêchée par Mahomet. Les Byzantins ont été les premiers à subir l’assaut. L’Empereur Léon III de Constantinople , qui n’ avait pu repousser le siège de sa capitale que grâce au feu grégeois, observe dans ses Mémoires que la grande différence entre ses ennemis « ordinaires » et les Mahométans est que ces derniers étant sous les ordres directs d’Allah, il était impossible de négocier de traité de paix avec leur leader.

Voici 1400 ans que notre relation avec les musulmans est conflictuelle. La victoire de Charles Martel a épargné à notre pays le sort de l’Espagne dont la dernière province n’a été libérée du joug musulman qu’en 1492, année de la découverte de l’Amérique après 780 années d’occupation !

A part le Maroc, le seul pouvoir séculier qui ait réussi à mettre l’islam dans son camp a été l’Empire Ottoman. En se convertissant, en se proclamant « Calife » et en contrôlant les lieux saints, le Sultan avait compris qu’il aurait droit de regard sur tous les volets de l’Islam : politique, social et religieux donc sur tous les aspects de la vie de ses sujets. L’agressivité naturelle des Ottomans a été décuplée par cette conversion au point que, l’Empire Romain d’Orient vaincu en 1453, il a fallu l’Empire Romain Germanique au complet pour bloquer sa progression aux portes de Vienne en 1683 voici 333 ans. La chute de l’Empire Ottoman en 1918 et sa division en Etats artificiels aurait rétabli la situation d’avant l’an 1000 si l’instauration de monarchies absolues, puis leur remplacement progressif par des « républiques autocratiques laïques » n’avait retardé la désintégration de ces pseudo Etats. Justifiant Montesquieu qui écrivait dans son « Esprit des Lois « , que les lois des Mahométans devaient être dictatoriales sous peine d’anarchie » (Livre VII).

Plus récemment, par arrêt du 31 juillet 2001, la Cour européenne des droits de l’homme a reconnu l’incompatibilité de la Charia avec la démocratie.

 L’agression des Etats Unis se mêlant d’apporter à l’Irak une démocratie que personne ne réclamait au Moyen Orient, a ouvert l’outre d’Eole des haines intra islamiques. Puis l’assassinat du dictateur libyen par les « beautiful democracies », a ouvert le front maghrébin des guerres civiles musulmanes. Français et américains récidivent en Syrie, tombant de Charybde en Scylla. Tribus et sectes s’affrontent dans des combats confus au milieu de populations civiles prises en otage. De goguenard, le rire des Russes devient jaune. L’embrigadement de musulmans russes dans les hordes barbares devient une menace directe. La survie miraculeuse de la famille Hassad leur permettra d’entrer sur la scène en chevalier blanc et peut être de passer dans l’histoire comme des libérateurs de la Syrie.

La prise de Palmyre, certainement décisive, n’a été possible que grâce à la combinaison de leurs forces avec l’armée syrienne. Ils étaient les seuls au monde à pouvoir le faire et ils l’ont fait !

Poussés à l’agonie, les fanatiques manipulent des partisans de l’intérieur qui se transforment en bombes humaines, ajoutant ainsi la panique à l’indécision de démocraties dans une guerre où chaque ennemi est bien décidé à mourir. Quand ces hordes auront été réduites à l’impuissance, la menace ne s’éteindra pas pour autant. Nous ne sommes plus à l’époque où les Haschischins, premiers kamikazes, étaient exterminés en un an par une armée de Mongols. Le « Smartphone » continuera de fonctionner, qui sert indistinctement les marchands de parfums et les marchands de mort et qui est devenu le meilleur outil de fanatisation jamais connu.

 

Comment élaborer une stratégie réaliste pour libérer notre pays de la peur ?

 

 A court terme il faut bien sûr arrêter les massacres.

- En France premier pays musulman d’Europe, le seul moyen est de responsabiliser les français de religion musulmane qui sont les mieux placés pour identifier les agents recruteurs et les neutraliser. Il faut aussi que chaque musulman français, tout en restant fidèle au Coran, abjure individuellement la Charia et fasse allégeance aux lois françaises.

-Au Moyen Orient il faut que se rétablissent d’urgence des régimes forts , laïcs et éclairés ,capables de contrôler les fanatiques et de les réduire à l’impuissance, ce que faisaient les Raïs déchus du Maghreb et du Moyen Orient et leurs épigones que sont les monarques encore en activité. Les Egyptiens montrent l’exemple.

 

A long terme, il faut mettre les générations futures à l’abri de guerres de civilisation qui se doubleront de guerres civiles. La méthode utilisée par Bonaparte faisant du judaïsme une religion française devrait inspirer nos responsables. Il faut imposer à la religion musulmane de s’organiser selon le modèle presbytéro–synodal des juifs et des protestants et couper ses liens avec les pays qui la parrainent. Il n’y a aucune raison pour que ce schéma rodé pendant 200 ans ne fonctionne pas. Ces objectifs ne seront atteints que si les pouvoirs publics utilisent enfin des méthodes directives, autoritaires, et obligent les paroisses musulmanes à nommer des responsables laïcs à côté de prêtres francophones de nationalité française ayant fait des études théologiques en France. Il faut mettre en place cette organisation en cinq ans

 Les musulmans français éclairés, qui font la différence entre les régimes d’Afrique du Nord et le fonctionnement de la démocratie française, accepteront sans difficulté une main de fer dans un gant de velours pendant la période de fondation du rite musulman français comme les juifs l’ont fait, pour leur plus grand bien, voici 200 ans. L’Islam français sera une fondation voulue et pilotée par l’Etat à travers le Ministère de l’Intérieur et des Cultes, ou ne sera pas.

Les élites musulmanes doivent se sentir concernées par ce défi dont le résultat sera une paix religieuse séculaire et une assimilation rapide des musulmans français. Bien entendu, il est important que pendant cette étape le flot d’émigrés se tarisse pour ne pas reproduire à l’infini le modèle communautaire que nous vivons.

 

Voila le programme ambitieux que le prochain Président devra mettre en place pour que le XXIème siècle français ne devienne pas, comme le XXème, un siècle de sang.

 

Christian Mégrelis

Auteur de “Keys for the future” (Lexington Books-Mass.)

Ancien Vice président de l’Alliance biblique mondiale.


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