Pourquoi donc maintenir des élections ?

par Serge Charbonneau
vendredi 2 juillet 2010

Avons-nous vraiment les moyens de ces folies ?
 
Dans le monde dans lequel nous vivons, pourquoi donc nous encombrer d’élections ?
 
Premièrement, les élections coûtent cher. On constate les déficits de nos gouvernements et on voit bien que nous n’avons plus vraiment les moyens de nous payer de telles folies.
 
Pourquoi donc des élections ?
 
Eh oui ! Pourquoi ?
 
Il suffit de donner des salaires faramineux à nos dirigeants pour nous assurer d’être dirigé par la crème !
 
Pourquoi donc Jean Charest conduit le pays comme un chauffard ? Mais, parce qu’il n’est pas suffisamment payé, pardi !
 
Imaginez, si ce poste de premier ministre avait été mieux payé !
Jamais nous n’aurions été pris avec ce Charest de merde, nous aurions pu recruter la crème de la crème et nous aurions eu un pays conduit d’une seule main experte pour nous mener vers notre destination de rêve.
 
Cette réflexion m’est apparue comme une révélation lorsque j’ai vu les gens se questionner pour savoir si nos politiciens étaient suffisamment payés. Le parti libéral du Québec tentait depuis plusieurs années de rehausser la crédibilité de leur chef Charest en augmentant "un peu" son salaire de misère. Mais de toute évidence, leur stratagème ne fonctionne pas. Ce n’est pas par de multiples salaires qu’on rehausse la compétence. La crème n’a pas besoin de deux salaires. La crème a un seul gros salaire et c’est ce gros salaire qui dit que c’est la crème. Il faut donc un seul gros salaire.
 
Oui, si nous haussions de façon substantielle les salaires de nos politiciens (disons 10 millions par année pour un député), nous n’aurions par la suite qu’à choisir le candidat qui était le mieux payé dans le privé pour nous assurer d’avoir "la crème" et nous assurer ainsi d’être gouvernés par la compétence même. De plus, nous éliminons la corruption. Parce que l’honnêteté aussi est garantie par le gros revenu. Plus besoin d’élections coûteuses et pouvant nous faire faire de mauvais choix.
 
Parce que voyez-vous, dans notre monde, le salaire est la garantie de la compétence. Si le poste d’Henri-Paul Rousseau avait été mieux payé, probablement que notre caisse n’aurait pas perdu 40 milliards ! Nous aurions eu "la crème" de la gestion et nous aurions été à l’abri de l’incompétence.
 
Notre monde fonctionne selon cette logique implacable. Les plus gros salaires sont les plus compétents. Si on se retrouve avec un abruti comme Charest, c’est que celui-ci, sachant pertinemment qu’il était nul et donc voué à un salaire de crève-faim dans le privé, lorgna donc le salaire de misère de premier ministre et nous l’avons élu croyant qu’il valait plus. Voilà pourquoi nous sommes pris avec cet incompétent magouilleur. Si nous avions laissé « le marché de l’emploi-compétent » agir, nous n’aurions pas pu nous tromper et nous aurions "la crème".
 
Oui, définitivement, nos politiciens ne sont pas suffisamment payés et nous en subissons les désastreuses conséquences.
 
Dans le système capitaliste, le marché a toujours raison.
 
 
Serge Charbonneau
Québec
 
P.S. : Je vous invite à lire attentivement la définition d’ironie dans le dictionnaire. (Il y a toujours des gens un peu plus lents et souvent ce sont les mieux payés.)
 

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