Progrès et condition humaine
par Laurent Herblay
vendredi 10 octobre 2014
Depuis l’aube des temps, le progrès scientifique, mais aussi social, a permis une forte amélioration de la condition humaine. Mais si la tendance reste assez vraie d’un point de vue global, ce n’est pas toujours vrai sur des cas spécifiques, souvent parce que l’humain est oublié au passage.
Les néolibéraux ont théorisé et justifié cette fuite en avant en théorisant « la destruction créative » qui est produite par le capitalisme dérégulé. Ce serait la nature même du capitalisme, par l’innovation qu’il génère, de casser des pots. Après tout, les voitures n’ont-elles pas remplacé avantageusement les calèches et les ampoules électriques les bougies ? Très rapidement, ceux qui osent critiquer la moindre innovation se font taxer de rétrogrades, passéistes… Jean-Claude Michéa en a fait une analyse lumineuse dans son dernier livre : « un militant de gauche est essentiellement reconnaissable, de nos jours, au fait qu’il lui est psychologiquement impossible d’admettre que, dans quelques domaines que ce soit, les choses aient pu aller mieux avant ». Cela est aussi vrai pour une partie de la droite.
Ce n’est pas parce qu’elle est créatrice qu’il faut accepter une destruction qui fait du mal aux hommes, ce que les néolibéraux ne semblent pas comprendre, eux qui font de l’humanité une variable d’ajustement de leur monde abstrait et déshumanisé. La condition humaine doit rester notre principale boussole.