Que dire de la conférence de presse organisée par l’UPR en vue de sa participation aux Elections européennes ?

par paixdupeuple
samedi 3 mai 2014

Un parti en pleine expansion, des listes aux européennes dans toutes les circonscriptions, un discours original mais peu d'écho dans les médias !

Un premier constat s’impose : sur les 1500 journalistes invités, seuls quatre se sont déplacés, un journaliste du magazine en ligne Slat.fr, un journaliste du site d'information Agence infolibre, ainsi que deux journalistes indépendants affiliés à aucun site.

Aucun représentant de la presse « mainstream  » ne semble prendre en compte l'offre démocratique proposée aux législatives européennes. Pourtant il est d'autant plus important de s'intéresser aux petits partis lors de cette élection, que c'est la seule dont le scrutin se joue à la proportionnelle et il suffit d'un score d'environ 6% pour obtenir un siège au Parlement européen. Les partis de petite taille ont donc bien leur chance !

 

Le président-fondateur du parti, François Asselineau, réservait un véritable scoop aux journalistes : Vincent Brousseau, ancien économiste en charge de la politique monétaire à la BCE – place éminemment stratégique et prestigieuse –, vient de quitter son poste pour rejoindre les rangs de l'UPR et tenir la tête de liste « Centre-Massif central » aux Elections européennes. Après avoir été, pendant 15 ans, l'un des deux artisans français de l'Euro-système, au département Stratégie de la politique monétaire de la BCE, il a décidé de faire volte-face et de se battre contre ce pour quoi il a lui-même œuvré. Au cœur du système, Vincent Brousseau a décelé le caractère utopique de l'Euro et de l'Union Européenne et leurs effets dévastateurs. Il a donc fait le choix courageux d'abandonner tous les privilèges inhérents à la haute fonction publique européenne pour entrer aux cotés de François Asselineau dans la bataille politique contre l'Euro et l'Union Européenne. Qu’un économiste de renom, fondateur de la politique monétaire européenne, rejoigne le combat anti-euro en se présentant au Parlement européen sous l’étiquette UPR, mériterait bien l’attention de la presse. Pourtant, aucun journaliste des grands médias ne semble prêt à relayer l’information.

 

L'UPR est un parti relativement récent. Sa création remonte au 25 mars 2007, date anniversaire du Traité de Rome de 1957. Cette date à été choisie pour symboliser l'opposition du mouvement à la construction européenne. Depuis, son nombre d'adhérents n’a cessé d’augmenter et l'UPR dépasse aujourd'hui, en nombre d'adhérents, certains partis bien plus présents parmi les médias. Le NPA, par exemple, n'en compterait que 2500 contre 4650 pour l'UPR. Si l'UMP en dénombre 3900 à Paris contre seulement 393 à l’UPR, cet effectif – qui pourrait tout d’abord sembler insignifiant – représente tout de même 10%, ce qui est loin d’être négligeable, compte tenu de la « jeunesse » de l’UPR.

Parmi les sites internet des mouvements politiques français, celui de l'UPR est le deuxième le plus consulté, résultat dû, en partie, au grand succès des 17 conférences en ligne de François Asselineau visionnées en cumulé plus de 4 millions de fois. Le désir de l’UPR d’informer les citoyens dépasse les frontières, comme le rappelle M. Asselineau : 5% de ses adhérents sont expatriés, contre 2% en moyenne pour les autres partis, ce qui démontrerait la pertinence de ses analyses et l’accueil favorable qui leur est réservé à l’étranger. Le président du parti souligne, enfin, que le mouvement est assez jeune puisque 50% des adhérents ont moins de 41 ans.

Mettant en avant la perte de souveraineté comme cause principale de l'incapacité des dirigeants politiques français à rétablir la situation économique et sociale, l'UPR propose un programme de « libération nationale » qui s’inspire du programme du CNR du 15 mars 1944 et comprend, essentiellement, la sortie de l'Union européenne, la sortie de l'Euro et la sortie de l'OTAN afin de retrouver notre capacité à agir. La souveraineté en matière de négociations commerciales multilatérales par exemple, nous permetrait de redresser la situation de l'emploi en protégeant des secteurs clés de l'industrie française.

Parmi les nombreuses mesures annoncées, la réforme du Conseil constitutionnel aboutirait à une véritable Cour de justice dont les membres seraient des magistrats élus par le Parlement, tandis que la réforme du CSA ferait des médias un quatrième pouvoir, séparé des trois autres (éxécutif, législatif et judiciaire). Sont également avancés la suppression de la procédure de révision de la Constitution par le Congrès, l'instauration d'un véritable référendum d'initiative populaire, la pleine reconnaissance du vote blanc, la remise en cause de la vidéo surveillance et du fichage des individus, le retrait de la France du programme de surveillance généralisée de la population INDECT, le rétablissement du secret des correspondances, ainsi que la renationalisation des services publics (EDF, GDF, La Poste, la SNCF, les autoroutes, TF1, les banques bénéficiant d’aides publiques).

Si le programme de l’UPR peut paraître très à gauche, notamment en matière de nationalisation, François Asselineau souligne qu’il s’agit seulement de rétablir l'Etat dans ses prérogatives, en ce qui concerne les Services publics, et de redonner un sens à l'intérêt général et à la démocratie.

 

Outre François Asselineau, candidat à l'élection européenne pour la circonscription « Ile de Françe », les autres circonscriptions seront représentées par Vincent Brousseau (Centre-Massif central), François-Xavier Grison (Nord-Ouest), Régis Chamagne (Sud-Ouest), Daniel Romani (Sud-Est), Yanick Hervé (Est), Jena-François Gourvenec (Ouest) et Dominique Frut (Outre-Mer). La diversité des origines sociales, politiques et professionnelles des candidats est révélatrice de la variété qui compose la base militante de l’UPR. Le parti cherche, en effet, à dépasser le clivage gauche-droite et réunit, pour les Européennes, une équipe variée et de qualité, dans laquelle tous s’entendent sur le programme de libération proposé par l'UPR. Seul bémol à la clé, l’absence manifeste de femmes en tête de liste, déplorée également par l’UPR et justifiée par la difficulté à trouver des personnalités prêtes à assumer la responsabilité incombant à la conduite d'une campagne nationale.

 

Face aux partis qui accaparent l’espace public et médiatique, l’UPR peine à trouver sa place sur la scène politique et à asseoir sa visibilité médiatique. Il me semble alors bien regrettable que les médias n’informent pas la population de l’existence de ce parti qui, rappelons-le, ne dispose même pas d’une page Wikipédia en français. A la veille des Elections européennes, le rôle du journaliste n’est-il pas, au-delà de toute prise de parti, de rendre compte de l’ensemble de la scène politique française ? Que l’on adhère ou non aux idées proposées par l’UPR, il me paraît bien important de saisir le désir de discours nouveaux en politique qui est de plus en plus important chez les français et s’exprime dans la popularité grandissante de l’UPR. Loin d’être un parti fantoche, l’UPR propose un programme cohérent qu’un journaliste peut certes contester ou désapprouver, mais ne doit en aucun cas taire. Dans une période de crise qui voit une perte de confiance croissante de la population vis-à-vis du gouvernement et de l’Union européenne et une montée inquiétante des extrêmes, ne faut-il pas donner la parole à ceux qui, tels Vincent Brousseau, semblent les plus à même de saisir les enjeux économiques, sociaux et politiques qui se jouent au sein de l’Union européenne ?


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