Que faire des classes prépas ?

par BDS69
vendredi 28 septembre 2007

Dans un rapport du Sénat sur la diversité sociale et l’égalité des chances qui va être rendu public le 25 septembre, on apprend que dans les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), la proportion d’élèves issus de catégories sociales défavorisées est tombée à 9% alors qu’elle était encore de 29% il y a 20 ans. Les classes préparatoires offrent de moins en moins aux élèves brillants issus de milieux modestes la possibilité d’une ascension sociale par le mérite académique. Il faut aussi noter que notre système scolaire primaire et secondaire, de plus en plus inégalitaire, peine à faire émerger de tels talents. Mais c’est un autre problème que je ne développerai pas ici.
Il faut donc constater que les CPGE représentent un milieu fermé, qui s’auto-entretient et qu’il est nécessaire de réformer pour lui redonner sa vocation première : permettre une sélection des meilleurs élèves quelle que soit leur origine sociale. Il est vrai que le système des CPGE représente un monde à part, avec ses codes et ses rites de passage, ce qui contribue à le rendre peu accessible aux lycéens issus de familles « étrangères au système », et qui conduit à une auto-censure de la part de ces jeunes, persuadés que ce système n’est pas fait pour eux, même s’ils ont de bons résultats au lycée.


Un moyen de rendre les classes préparatoires plus accessibles et plus égalitaires seraient de les intégrer aux universités. Cette réforme devrait s’accompagner d’une refonte du format des CPGE qui passerait de deux années à une seule année mais de niveau Licence 2 (2e année d’université). Le nouveau parcours des étudiants de CPGE pourrait être le suivant : une première année d’université (Licence 1) commune à tous les lycéens quelle que soit leur origine, année de formation générale, à l’issue de laquelle, les étudiants pourraient intégrer une deuxième année spécifique de préparation aux concours (niveau L2). Bien évidemment, l’entrée dans cette formation spécifique serait sélective, après consultation des résultats au lycée et en première année d’université.

Les bénéfices de cette réforme seraient multiples. Elle devrait permettre de :
- désacraliser les CPGE en les intégrant dans une structure ouverte au plus grand nombre ;
- à l’inverse, amener les meilleurs élèves des lycées à l’université, ce qui n’est pas le cas actuellement (l’université étant très souvent un choix par défaut) ;
- proposer des cursus universitaires cohérents où les étudiants ne réussissant pas aux concours des grandes écoles pourraient naturellement poursuivre leurs études dans les filières classiques de l’université ;
- rapprocher le monde de la recherche universitaire et le monde des grandes écoles, par une formation en CPGE moins théorique, plus au contact des laboratoires de recherche.

Enfin, en plaçant des filières d’élite dans les premiers cycles universitaires, on contribuera à rendre les universités plus compétitives et plus attractives dans l’espace international de l’enseignement supérieur.


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