Que la montagne est belle
par Papybom
mardi 21 février 2012
Moi qui n’ai connu que les sommets enfumés des terrils du Nord, j’éprouve une vive admiration pour les massifs enneigés. En ces jours d’ouverture d’une campagne fratricide, je regrette le manque de hauteur des alpinistes partant à l’assaut du plus haut des postes. Pas un seul candidat ne respectant le principe de l’écologie : laisser la place propre en partant.
Pour les courses en montagne, un minimum de conditions physiques sera recommandé. Alors que pour partir en campagne, seul l’argent est vital. Les partisans du bipartisme ne parleront jamais de cette lutte digne de David contre Goliath.
La présidentielle a des airs de coupe de France de football. La préparation est longue et couteuse. Vendre des tee-shirts et autres gadgets n’est pas la solution, quoi qu’en pense Monsieur Balladur. Pour partir en campagne, deux conditions : un budget confortable et un relais dans la presse.
Monsieur J.L Mélenchon dispose des deux : les 32 millions d'euros du Parti Communiste et le quotidien l'Humanité.
L’U.M.P dispose de 50 millions d’euros et du quotidien Le Figaro.
Le P.S dispose de 55 millions d’euros et du quotidien Libération.
Egalité des chances pour les autres ?
Plus de 69,5 millions d'euros ont été versés par l'Etat aux 11 grands partis politiques en 2010, soit un peu moins qu'en 2009, selon les chiffres publiés ce mardi par la Commission nationale des comptes de campagnes et de financements politiques (CNCCFP). Une cagnotte qui s'ajoute aux dons, cotisations et autres recettes, et sur laquelle ils vont pouvoir s'appuyer pour financer la très coûteuse campagne présidentielle de 2012.
Paradoxalement, bien que dans l'opposition, c'est le Parti socialiste qui avait les caisses les mieux remplies en 2010, avec 55 millions d'euros en réserve contre un peu moins de 50 millions pour l'UMP. Car s'il a reçu moins d'argent public que l'UMP (23 millions d'euros contre 33 millions pour le parti majoritaire), le PS a engrangé cette année-là plus de 9 millions d'euros de cotisations de ses adhérents quand l'UMP n'en encaissait « que » 5,5 millions. Surtout, les élus socialistes ont été priés de mettre la main à la poche : ils ont donné plus de 15 millions d'euros au parti, quand ceux de l'UMP en reversaient... 1,7 million. En revanche, le parti de Nicolas Sarkozy a visiblement mis en place un système très efficace de récolte des dons des particuliers : il a ainsi recueilli plus de 7 millions d'euros en 2010 quand le PS en recevait moins de 900.000.
Malgré ses revers électoraux, le Parti communiste, lui, roule encore sur l'or. Il se range au troisième rang des formations politique les plus riches, avec 32 millions d'euros de recettes en 2010 (dont 15 millions versés par ses élus), très loin devant Europe Ecologie-les Verts (8,8 millions), le Modem (5 millions), le Front national (4,6 millions), Lutte ouvrière (3,1 millions), le NPA (2,2 millions), PSLE-le Nouveau centre (2,1 millions), le Parti radical de gauche (2 millions), et l'UDF (1,6 million).
Si la campagne ne prend pas de la hauteur, les plus beaux meetings des trois partis les plus riches, atteindront des sommets (de dépenses).
Gros avantage personnel pour J.L Mélenchon, il n’est pas encarté dans le Parti Communiste. Il n’est donc pas tenu de reverser ses indemnités au PC. N’en parlons pas, cela ne regarde que les camarades qui cotisent pour lui. La renaissance communiste est à ce prix.
Un autre point qui me chiffonne c’est la gestion de son budget. Lui qui connaît parfaitement les rouages de la politique, il n’avait pas prévu les dépenses supplémentaires de sa campagne. Une rallonge du PC est acquise mais insuffisante. Il lance une campagne de dons. C’est connu, un candidat demande de l’aide et des dons, puis une fois au pouvoir vous impose de nouvelles taxes pour renflouer les caisses.
Fatigué de l’escalade des promesses, l’électeur souhaite une route paisible sans crevasses ni ravins. Alors quand le ténor entame la mélodie du bonheur, on cour dans sa campagne verdoyante. Comme il y a 724 ans dans la ville de Hamelin en Allemagne, une majorité veut faire confiance à un joueur de flûte. Pour mémoire.
Si le début de l’histoire est agréable, n’oubliez pas :
« Le maire de Hamelin promit au joueur de flûte une prime de mille écus pour les débarrasser des rats qui infestaient la ville. L'homme prit sa flûte et attira, par sa musique, les rats qui le suivirent jusqu'à la rivière Weser qui arrose la ville, où ils se noyèrent. Bien que la ville fût ainsi libérée des rongeurs, les habitants revinrent sur leur promesse et refusèrent de payer le joueur de flûte en le chassant à coup de pierres.
Il quitta le pays, mais revint quelques semaines plus tard. Lorsqu'il y eut une nuit paisible, il joua de nouveau de sa flûte, attirant cette fois les enfants de Hamelin. Cent trente garçons et filles le suivirent hors de la ville jusqu'à une grotte qui se referma derrière eux. Selon certaines versions, le joueur de flûte aurait aussi emmené les enfants de Hamelin à la rivière ou au sommet d'une montagne. Les parents, eux, ne les revirent jamais plus ».
Ce n’est pas spécialement un article contre le joueur de flûte ou de pipeau (pour l’instant une majorité est en sa faveur sur ce site). Si je prends le risque de me faire incendier et que ce texte ne doit jamais publier, c’est que je pense qu’i envisage de demandera à ses électeurs de faire allégeance au Parti Socialiste. Dans ce cas, mes enfants et petits enfants n’aurons pas plus de chance que les enfants d’Hamelin.
Comme la montagne est belle, je veux prendre de la hauteur. Egalement comme dans Les Châtiments, je reprendrais bien un zeste d’un poème satirique de Victor Hugo : Election ! Élection ! Élection ! Morne plaine !
Illustration : http://www.ville-ruitz.com/ruitz.php?rub=16&art=3668