Qui a posé pour le célèbre « Salvator Mundi » ? Réponse : Salaï, le domestique un peu voyou. Dans sa tombe, Léonard de Vinci rit !
par Emile Mourey
vendredi 16 avril 2021
France.TV. Le monde en face, Léonard de Vinci, son Salvator Mundi : la stupéfiante affaire du dernier Vinci, diffusé le mardi 13.04.21, à 22h28, disponible jusqu'au 11.06.21. Reprise de mon article Agoravox du 18.11.2017 : Léonard de Vinci, le Jocond, la Joconde, le Salvator mundi et le triomphe du domestique Salaï qui a servi de modèle
Certains émettent cependant des doutes sur son authenticité : "Pour moi, déclare Jacques Franck, historien d'art, spécialiste du peintre, ce n'est pas une peinture qui est intégralement réalisée de la main de Léonard de Vinci. Dans les années où l'on date ce tableau, Léonard n'avait pas le temps de peindre de façon suivie, étant donné qu'il était lent à la tâche et très méticuleux."... La main droite, celle qui bénit avec le majeur, n'est pas correcte du point de vue de l'anatomie. Il y a une erreur manifeste de perspective... Les disciples de Léonard de Vinci et les nombreux peintres présents dans son atelier auraient largement participé à la réalisation du tableau, poursuit l'auteure de l'article.
Admirateur moi-même de Léonard de Vinci, auteur de plusieurs articles sur certaines de ses oeuvres inconnues et méconnues, je me permets de donner mon point de vue.
Primo : de nombreux peintres auraient été présents dans son atelier ? Non ! je ne vois pas sur quel témoignage on peut avancer une telle affirmation. S'il est vrai qu'un peintre tel que Rubens avait un atelier, allant jusqu'à laisser ses élèves terminer ses portraits, absolument rien de tel pour Léonard de Vinci qui préférait les laisser inachevés, quitte à les reprendre quand il en avait le temps. Il ne faut pas confondre collaborateurs occasionnels, suiveurs, avec le qualificatif d'élèves dans un atelier. Les seuls dont on peut dire que Léonard a incités à la peinture sont Salaï, un domestique peu doué pour l'art qu'il engagea à l'âge de 12 ans, et Melzi qui lui servit de secrétaire pour mettre de l'ordre dans ses affaires.
En revanche, le fait qu'il ait cherché à s'entourer de jeunes éphèbes pour les grandes fêtes qu'il fut chargé d'organiser me paraît tout à fait plausible. Tout ceci pour dire que, pour ma part, je n'ai rien à redire concernant la main droite du Christ, ayant plusieurs fois constaté que Léonard de Vinci n'hésitait pas, parfois, à fausser la réalité pour provoquer un effet esthétique ou autre. Le sourire de la Joconde en est un exemple.
Secundo : il s'ensuit qu'il faut imaginer la vie de Léonard de Vinci d'une façon beaucoup plus bourgeoise qu'on ne pense. Une chambre à coucher, un bureau avec une bibliothèque pour écrire et lire, un atelier pour mettre son chevalet et ses pots de peinture et une salle à manger pour recevoir ses invités. Léonard de Vinci est un solitaire, mais un solitaire qui reçoit à sa table de nombreux invités pour discuter de tous les grands sujets qui le préoccupent. Pour cela, Il emploie à plein temps une cuisinière qui vit dans sa cuisine et que le petit Salaï aide pour les travaux ménagers, notamment pour faire les courses. Détail très important, Salaï mange à la cuisine, à la table de la cuisinière. Lorsqu'une ou plusieus fois peut-être, il est venu à la table des invités, Léonard de Vinci l'a mentionné dans ses carnets en écrivant que Salaî ne savait pas se tenir à table. On peut même supposer que la cuisinière a fait l'objet d'une remontrance pour ne pas avoir pris assez de soin à l'éducation de l'enfant. Ceci pour dire qu'il est tout à fait absurde d'imaginer une relation coupable ou difficile entre le maître et l'enfant. Même si au début, Léonard a mentionné les petits larcins du gamin en le qualifiant de petit diable, ce que signfie le mot 'Salaï", l'absence de reproches pendant que l'enfant a grandi prouve qu'il fut un fils adoptif respectueux et Léonard de Vinci, un bon père.
Bref, la tête du Christ du "Salvator Mundi"- elle vaut 400 millons de dollars - c'est celle de Salaï, le domestique de Léonard de Vinci, avec son sourire de garnement en coin.
Bonne journée !
E. Mourey, 16 avril 2021.