Quoi ma gueule !
par gruni
vendredi 11 décembre 2009
Le délit de faciès existe, voilà qui n’est pas nouveau, cela ne date pas d’aujourd’hui d’ailleurs . Mais que le ministre de l’immigration et de l’identité nationale le reconnaisse mérite d’être souligné même s’il pouvait difficilement le nier. Eric Besson admet que le profilage racial est une réalité au grand dam du syndicat de police Alliance qui dénonce un dérapage verbal. Pourtant pour éviter d’allumer le feu d’une nouvelle polémique avec les représentants syndicaux de la police, l’homme de confiance et symbole de l’ouverture sarkosyste a pris soin de préciser que l’IGS ( Inspection Générale des Services ) faisait bien son travail et sanctionnait 2500 fonctionnaires tous les ans.
Décidément maintenant tout le monde connaît Monsieur Besson . Celui-ci après avoir lancé un débat sur l’identité nationale qui commence à sentir de plus en plus mauvais pour sa nouvelle famille politique, avec une odeur nauséabonde de xénophobie. Le voilà peut-être et malgré lui engagé dans une autre impasse sous la pression il est vrai de plusieurs organisations comme le CRAN ( Conseil Représentatif des Associations Noires ) . En effet une enquête de la fondation américaine Open Society Justice Initiative soutenue par des chercheurs du CNRS dans cinq sites parisiens dont la Gare du Nord et la station Châtelet-Les-Halles, atteste chiffres à l’appui un évident ciblage des contrôles effectués par les forces de l’ordre.
Sur 500 interventions les enquêteurs ont constaté que les personnes noires étaient 11 fois plus abordées que les blancs et ceux d’origine arabe l’étaient 7 fois plus. D’autres éléments interviennent encore pour inciter les vérifications d’identité. Il s’agit de l’âge avec un évident favoritisme pour la jeunesse, l’habillement et là mieux vaut éviter la tenue sportive avec capuche, également suspecté le bagage transporté, par exemple le sac à dos tandis que le possesseur d’un porte document est rarement inquiété.
Devant cette stigmatisation d’une partie de la population les associations de défense du citoyen préconisent plusieurs solutions. Elles proposent l’enregistrement systématique de chaque contrôle par un formulaire qui renseignera l’endroit, l’heure et la date, le nom de l’individu contrôlé et le matricule de l’intervenant. Voilà du temps de travail supplémentaire pour les représentants de la loi, d’autant qu’il faudra que ceux-ci informent de leurs droits et donnent le motif de la procédure aux gens concernés.
Dans la situation actuelle et la diminution constante de l’effectif des policiers il est très peu plausible que de telles dispositions soient adoptées, car logiquement plus sera longue l’interpellation moins elles seront nombreuses, sauf cas improbable de nouvelles embauches.
Dans la situation particulière d’Eric Besson il est facile de comprendre que si il y a diminution des contrôles, automatiquement il y aura une baisse des arrestations de sans papiers, donc le non respect de son quota de retour à la frontière. D’autre part et surtout, Eric Besson s’expose à la désapprobation du chef de l’Etat, ce qui est inacceptable pour le bon élève du gouvernement.
Mais faisons confiance à Mr Besson pour trouver rapidement une idée aussi lumineuse que le couvre feu pour les mineurs de moins de treize ans, tout autant inapplicable d’ailleurs.