Rachida Dati, triste cire
par Omnibuzz
jeudi 15 octobre 2009
Il paraît que Rachida Dati est populaire. La preuve, son effigie figure dans le musée le plus ringard de la capitale. Depuis qu’il a été refait à neuf, Grévin est déserté par les vieux Parisiens. On y respire un air ripoliné et le turn over est infernal. On change les statues au rythme des sondages. Quand j’étais petit, on s’ennuyait, à Grévin. Et c’était bien. Le temps sentait la poussière. Aujourd’hui, entrer à Grévin, l’étape obligée des tours operators, c’est être sûr que la fin approche. Alors que naguère c’était la preuve qu’on avait vaincu l’éternité.
La statue de cire de l’ancienne garde des sceaux a été dévoilée au public, en présence de l’originale, le 14 octobre dernier. Etaient présents tous ceux qui comptent dans la vie culturelle de notre beau pays : Régine, Alain Delon... Un discours a été prononcé par Stéphane Bern.
Sans doute Rachida était-elle flattée que tant de beaux esprits veillent sur le berceau de sa figurine qui finira comme tant d’autres dans les caves du musée. A moins qu’on ne la fonde pour couler un nouveau canon. Rachida, la statue, est installée à côté de celle de Simone Veil. Rachida apprécie ce marrainage. Cela lui donne de la consistance. Rachida a toujours eu besoin de tuteurs pour se tenir droite. A l’intérieur, une tige de métal lui traverse le corps, des pieds à la tête, ce qui lui donne un côté un peu raide.
Un couple discute près d’elle. L’homme dit à la femme : tu ne trouves pas que Rachida a le teint cireux, ces jours-ci ? Elle se tourne vers eux et les fusille du regard. On ne peut plus se fier aux répliques. A la fin de l’inauguration on a cru que la statue rentrait chez elle. On trouvait étonnant qu’elle puisse marcher. Quand les doublent se tiennent debout, les originaux gisent. On ne les adore que davantage. Rachida Dati ne sera pas maire de Paris, ni députée. Rien. Elle ne sera plus rien car l’affaire qui se trame depuis quelques mois, depuis finalement sa "disgrâce", est en train de la broyer.
Elle ne voulait pas y aller au Parlement européen. Ce n’est pas là que ça se passe, mais à Paris. Nicolas Sarkozy le lui a imposé juste au moment où il termine ses six mois de présidence. Tu y seras quand je n’y serai plus. Quelques centaines de kilomètres nous sépareront. Tu verras, ça te fera du bien. Ainsi en avait décidé Carla. A peine élue Rachida Dati « oublie » de remplir sa déclaration d’intérêts financiers. Elle a beau arguer que son cabinet, La Bourdonnais consultant, est « inactif », cela passe mal à Strasbourg. D’autant plus que membre de la commission des affaires économiques et monétaires du parlement elle intrigue pour qu’on lui attribue la charge de rapporteur d’un dossier très technique sur les fonds spéculatifs. Qui a prononcé le vilain mot de lobbying ?
Elle se fâche même avec un cacique de l’UMP, le député Jean-Paul Gauzès, qui possède un avantage certain sur elle : il est compétent sur ce genre d’affaires. Rachida Dati a même failli oublier de déclarer à la même commission qu’elle était maire du 7ème arrondissement. Où avais-je la tête ?
Là-dessus, rien à voir bien sûr, son frère Jamal évoque dans la presse ses propres confessions intitulées Dans l’ombre de Rachida. Vous avez remarqué qu’on a davantage parlé de son livre avant sa parution, le 10 octobre, que depuis. Parce qu’on s’en fout du contenu de ce bouquin. Ce qui compte c’est qu’on parle de Rachida et qu’on continue à instiller une petite musique insidieuse. Jamal dit tout. Tout ce qu’on sait déjà. Et d’autre choses qu’on n’a pas besoin de savoir. Tout ça pourquoi ?
Récemment l’Elysée a fait savoir que Mme Rachida Dati faisait partie des personnalités politiques qui accompagnaient Nicolas Sarkozy dans son voyage au Kazakhstan. Bientôt la Sibérie...
Crédit Photo : melty