Racket belge… Pour bobos écolos

par George L. ZETER
samedi 12 septembre 2026

Nouveau sur Lille, je viens de découvrir certains « charmes » concoctés par les autorités belges afin d’assommer un peu plus mon maigre porte monnaies, et restreindre ce qui me reste de liberté de me mouvoir… Tout cela au nom de l’écologie bien sûr !

Allez ! Une tite balade le dimanche ?

De Lille, il fait beau, alors pourquoi pas une visite de Bruxelles, Anvers ou Gand ? À tout de même 2,40 euros le litre. C’est seulement après deux mois dans cette région que j’ai découvert incidemment sur Internet des règlements qui m’ont effondré sur le postérieur. Étant en Europe, j’avais innocemment pensé que toutes les règles s’appliquaient partout. En France, les zones ZFE (Zones à Faibles Émissions) ont été plus ou moins mises en stand-by. Mais en Belgique, il en va tout autrement : les zones LEZ font cracher au bassinet le conducteur étranger et le conducteur pauvre qui, en général, se transporte avec une vieille caisse diésel.

Je remplis donc tous ces critères : pauvre, voiture Nissan de 23 ans, diésel.

Non informé que je fusse !

Car jamais je n’aurais imaginé de mon vivant devoir passer par les fourches caudines de telles folies règlementaires concernant ma voiture. Je découvre un règlement kafkaïen-ubuesque à la petite bière belge en ce qui concerne ma « libre » circulation dans cette partie du continent. « Partir c’est mourir un peu », selon le dicton… Ici, partir c’est raquer beaucoup, au nom bien sûr du bien-être général (des beaux quartiers), afin que chaque bobo puisse respirer de l’air pur en centre-ville ; et ainsi, le repoussoir à croquants est mis en place.

Voilà ce qui attend en résumé un conducteur français qui passe la frontière :

L'autorisation de circuler (L'enregistrement)

Obligation : Tout véhicule avec une plaque française doit obligatoirement être enregistré en ligne avant d'entrer dans une LEZ qui concerne Bruxelles, Anvers ou Gand, même si le véhicule est récent et non polluant.

Coût : L'enregistrement est 100 % gratuit et valable 5 ans.

Procédure : Un enregistrement pour Bruxelles sur lez.brussels. Et un autre enregistrement commun pour la Flandre (Anvers et Gand) sur le site d'une de ces deux villes.

Si non enregistré en ligne avant d'entrer, le montant de l'amende sera de :

Bruxelles : 150 € pour défaut d'enregistrement (contre 350 € si le véhicule est interdit). Anvers et Gand : 150 € (l'amende standard pour absence d'enregistrement ou non-respect des critères).

Je suis arrivé le 4 juillet à Bruxelles avec mon vieux tacot pour me présenter à un job. J’ai traversé la ville et me suis garé pendant 2 heures dans le quartier huppé de Uccle, c’est pour cela que je ne comprenais rien aux messages sur mon téléphone qui me demandaient si j’avais un pass ? J’ai donc, en suivant leur logique, pris 350 euros d’amende… En recherchant du travail, mais en ayant pollué les augustes narines des riches Bruxellois et les richissimes réfugiés fiscaux français… Le riche, par tous les moyens, veut vivre en ghetto fermé. C’est un peu le Moyen Âge : ceux qui ne pouvaient payer l’octroi restaient dehors des murailles protectrices de la ville. Dans leur mansuétude, j’aurais dû savoir qu’en achetant un pass d’une journée à 35 euros, je pouvais rester dans la cité avec ma Nissan et devais mettre la poudre d’escampette le délai passé, sous peine de l’amende susnommée. Avec 980 euros de retraite, cette incartade me coûte un tiers de ma pitance…

L’histoire ne se finit pas là.

Comme beaucoup, je suis condamné à vivre au jour le jour. Non par choix, mais par obligation de suivre un autre règlement. Je n’ai plus le droit d’exercer comme enseignant car « trop vieux ». C’est ce que l’État m’a dit par trois fois, où l'on m’avait pourtant assigné des postes, puis en découvrant trop tard que j’avais plus de 67 ans. Dans un pays, où il est interdit d’accuser quelqu’un « d’être trop »… gros (grossophobe), trop efféminé (homophobe), d’être trop déguisé (transphobe), et ne parlons pas des couleurs de peau ou des religions ; mais être « trop vieux » vous qualifie de : « ferme-là, et va crever dans ton coin le vioque ».

Je réussis toutefois à améliorer mon quotidien en donnant des cours par Internet… presque interdits depuis septembre, car le distanciel ne bénéficie plus de l’abattement fiscal de 50 %. Il faut donc maintenant aller chez les élèves en présentiel…

Pas facile de survivre en ces temps, mais j’suis un coriace !!!

Cette vie au jour le jour fait que je dois me déplacer beaucoup. Depuis janvier 2025 : Grenoble, Brest, Lille. À chaque fois, il faudrait changer l'adresse postale sur sa carte grise. C’est une démarche obligatoire à réaliser dans un délai de 1 mois après le déménagement. En cas de contrôle, le défaut de mise à jour expose à une amende forfaitaire de 135 €.

Bref, ma vieille et fidèle Nissan diésel n'étant pas conforme aux critères de la LEZ, ce n'est donc pas la simple absence d'enregistrement qui va me valoir 350 €, mais l'entrée dans une zone avec un véhicule non autorisé…

Sauf que, je ne suis pas sûr de rester à Lille, car j’attends d’être certain de donner des cours pour faire la démarche de changement d’adresse de Brest à Lille… Fait que les contraventions vont arriver dans la boîte de Brest et…

… Ce sera chaud patate !!!

Ne pas payer une amende émise par la Région de Bruxelles-Capitale (LEZ ou infraction routière) entraîne deux volets de conséquences : des poursuites juridiques en France et un fichage immédiat en Belgique.

Procédure de recouvrement en France. L'administration fiscale belge (SPF Finances) ou Bruxelles Environnement utilise la directive européenne d'assistance mutuelle au recouvrement pour poursuivre les débiteurs français.

Relances et majoration : L'amende initiale (ex. 150 € ou 350 €) est fortement majorée de frais administratifs et de pénalités de retard. Transfert à un cabinet de recouvrement ou huissier français : Le dossier est confié à des huissiers mandatés en France. Exécution forcée : En vertu des titres exécutoires européens, les autorités belges peuvent demander l'exécution forcée directe sur le territoire français (saisie administrative sur compte bancaire via un huissier français).

Conséquences au niveau européen et en Belgique Fichage de la plaque (Système ANPR) : Votre numéro d'immatriculation est enregistré dans la base de données de la police et des douanes belges. Arrestation et immobilisation lors d'un trajet en Belgique : Si vous repassez la frontière avec le même véhicule, les caméras de contrôle (ANPR) ou les patrouilles mobiles détecteront la plaque. Paiement immédiat sur place : En cas d'interception, le véhicule est immobilisé immédiatement (pose d'un sabot ou mise en fourrière) jusqu'au règlement intégral et sur-le-champ des sommes dues, augmentées des frais de fourrière.

Résumé de la situation. S'il s'agit d'un simple oubli d'enregistrement (voiture pourtant conforme) : Ne laissez pas courir. Vous disposez de 30 jours à compter de la réception du courrier pour introduire une réclamation sur le site lez.brussels en joignant votre carte grise afin de faire annuler la sanction.

Si vous comptiez ignorer la lettre : Les mécanismes de coopération transfrontalière rendent le risque de recouvrement forcé en France très élevé, sans compter l'impossibilité de retourner sereinement en Belgique avec ce véhicule.

Ainsi, je sais que je me dirige vers un tas d’emmerdements dus au fait que je suis allé dans la capitale pour un poste d’enseignant, d’ailleurs obtenu, car les Belges sont plus coulants concernant l’âge de ceux qui transmettent. Cependant, je n’ai pas pu m’installer vu les prix astronomiques des loyers, des références, des charges et du prix de l’alimentation. Si en France une personne seule peut vivre à peu près correctement avec 2 000 euros, à Bruxelles c’est le double.

Le leurre du paradoxe cruel

Voici la contradiction majeure de notre époque. Demander à un travailleur précaire d'être ultra-flexible, de traverser la France et de franchir les frontières pour décrocher un contrat (comme ce poste d'enseignant à Bruxelles). Mais en contrepartie, le système punit s'il n'a pas la stabilité administrative d'un sédentaire : avoir une adresse fixe, changer sa carte grise en un mois, suivre des règlementations numériques locales complexes). L'Europe de la « libre circulation » a dressé des frontières invisibles et des barrières financières, qui, pour beaucoup sont infranchissables... Mais pas pour moi bro !!!

Pour deux heures passées dans cette ville, je sais qu’ils ne vont pas laisser couler, qu’ils vont me trouver, me relancer, me harceler, me menacer, puis utiliser la loi pour me ponctionner… Pas étonnant que certains pètent un câble.

Ce que je sais, c’est de ne surtout plus remettre les pieds en Belgique, en connaissant ce que je viens d’écrire et ce n’est pas demain que, malheureusement je retournerai dans le plat pays qui est le leurre…

Georges ZETER/septembre 2026


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