Réarmement contre l’islam politique. J’en doute
par bertie1064
samedi 24 octobre 2020
Réarmement contre l’islam politique. J’en doute.
Tout juste une semaine après l’effroyable assassinat du professeur Samuel PATY par un barbare islamiste, nos gouvernants, concomitamment à l’enquête judiciaire qui suit son cours, semble déjà en mesure de désigner publiquement un coupable. Je vous le donne en mille : les réseaux sociaux. Ils sont le bras armé de la simplification du message, de l’entre soi quasi communautaire et en fin de compte de l’anéantissement de l’esprit critique.
Aujourd’hui, Marlène SCHIAPPA, menton volontaire, a remonté les bretelles des dirigeants des plateformes les plus en vue du moment : Facebook, twitter, tiktok, you tube, Instagram etc, les accusant d’une trop grande passivité face à la « haine en ligne » selon l’expression consacrée.
Pendant ce temps-là, à l’issu d’un solennel conseil de défense, Jean CASTEX a annoncé deux « mesurettes » à inscrire dans le futur texte de loi sur le séparatisme. L’une vise à sanctionner les colporteurs d’informations personnelles – numéro de téléphone, adresse - mises en ligne et la seconde concernerait tous ceux qui feraient pression sur les fonctionnaires par leurs propos ou leurs comportements. En bref, de la gesticulation « avé l’assent » pour apeurer les enfants peut-être, mais aucun terroriste fanatisé et déterminé. Tel le chat qui retombe toujours sur ces pattes, nos politiciens eux, retombent sur leurs obsessions idéologiques. Ou comment tenter de faire renaître la LOI AVIA sur la lutte contre la haine sur internet, emblématique texte de loi macronien, retoqué par le conseil constitutionnel.
Ne perdons pas de vue que nous conduisons déjà « la guerre » contre un microscopique virus qui gagne du terrain chaque jour si j’ose dire, et qui a mis notre économie par terre en quelques mois. C’est désormais officiel : nos gouvernants viennent d’ouvrir un second front en déclarant une guerre sans merci à l’islam politique. Dormez tranquille braves gens, la conscription ayant disparu, l’état ne vous enlèvera pas vos enfants pour les envoyer mourir au front. Si le ton gouvernemental se veut martial, ce n’est pourtant que le sifflement inoffensif des mots que l’on entend. Réarmer sera long et ça commence déjà par nommer l’ennemi comme l’on timidement fait nos gouvernants ces derniers jours.
La république - ou plutôt la France - s’est tant affaiblie depuis 30 à 40 ans que même sur le socle intransigeant des libertés, elle donne à penser qu’elle renonce. Et renoncer, c’est sombrer. Pourtant, la liberté d’expression est profondément enracinée dans l’histoire de notre pays jusqu’à même faire plier les religions. Sauf une, l’islam. Les caricatures de Mahomet en sont le plus parfait symbole.
Les tueries de Toulouse et de Montauban en 2012, Charlie Hebdo en janvier 2015, le bataclan en novembre de la même année, le 14 juillet 2016 à Nice, l’assassinat du père HAMEL près de Rouen fin juillet 2016, l’attentat de la préfecture de police en octobre 2019 et aujourd’hui la décapitation de Samuel PATY…Sans exception, les déclamations « plus jamais ça » pleuvent durant quelques jours, puis plus rien. Rien, c’est d’ailleurs ce qu’ont accompli tous nos gouvernants depuis 5 ans en la matière. L’inflation des lois, des décrets, des circulaires et autres dispositifs réglementaires sont inversement proportionnel à leur lisibilité et à leur application réelle.
Emmanuel MACRON et son gouvernement se payent de mots sous l’empire de l’émotion depuis une semaine. Réarmer la France nous disent-ils. N’est-ce pas déjà trop tard ?
Bertrand RENAULT – 24 octobre 2020.