Réprimandé en début d’année pour avoir beigné son voisin : « - Eh ! m’dame, vous êtes raciste ! J’ai rien fait, etc. »

par Un des P’tite Goutte
lundi 9 septembre 2019

Recueil de témoignages de profs : ici c’est le collège en 6ème, mais aussi le CM2.

Un autre pour la route : « dans cette classe, début de cours, mon objectif : pas de sang cette fois-ci. Il ajoute : j’ai eu jusqu’à une dizaine de nationalités d’origines dans la même classe et il a fallu surtout lutter contre l’incessant racisme qui s’exprimait entre les uns et les autres »

« - À l’école, REP (ah, sorry, on ne dit plus rep, les pédagogos ont encore changé le nom, je ne me rappelle plus le nouveau, flemme de chercher, de toute façon C tout juste si on ne devait pas passer son temps à trouver le sens de tous les nouveaux acronymes qu’ils nous sortent chaque année, histoire de justifier des postes et fonctions payés par le contribuable).

À l’école, donc, quartier un peu « difficile », j’en ai pour un an : CE1 / CE2, OK. Sauf que parmi les élèves, l’un ne parle pas français, 3 CE1 d’origine étrangère, ont manifestement des problèmes psychosociaux – père parti, ou sans travail, personne ne parlant français à la maison, pas de petit déj., grand frère dans la petite délinquance ;

2 CE2 dont l’un n’est pas arrivé au niveau faute de temps car deuxième génération, et l’autre probablement « déstabilisé » culturellement – si ! Ça existe, passer du bled où tout le monde se connait, où le culte des ancêtres n’est pas que du folklore … à un pays froid hyper matérialiste et rationnel, eh bien cela peut occasionner des souffrances voire des pathologies à vie. 

J’allais oublier le petit blondinet « ch’tarbé » non pris correctement en compte par la psy ou l’institution pour une AVS (inutile de chercher, là aussi l’acronyme a changé) car cela prend du temps < institution ou souvent, parents dans le déni : - Non, ça n’est pas possible, mon petit il est normal, il n’a pas pu faire ça ! (en crise, se jeter la tête contre les murs au point de devoir être en ʺcontentionʺ par deux adultes).

Je ne juge pas. À quel point il est difficile de faire le deuil de l’enfant parfait…d’être immergé brutalement dans un monde aux repères si différents, et beaucoup moins humain-spirituel que le pays d’où je viens (nombreux sont les voyageurs, dont moi-même - N.D.A. - qui vous confirmeront ce fait senti, vécu, observé, objectif). »

 

Résultat pour ma prof. d’école : elle va devoir se taper une classe à au moins six niveaux, soit à la carte en quelque sorte, temps de préparation pour une séquence , disons une heure à multiplier par 6, sans parler des corrections.

Ce qui me rappelle un autre, qui m’avait confié, il y a un moment : « au bout de 2 à 3 ans, sans arrêt dans ma tour d’ivoire, à ne pratiquement pas voir ma famille, j’ai fait le décompte de mes heures travaillées en classe, à la maison, en réunions, en RVs, en formation continue les mercredis am. ou après les cours, etc. tout le professionnel donc ; par rapport à mon temps libre, et en comptant les vacances scolaires, j’en suis arrivé à la conclusion mathématique que j’étais payé un peu en dessous du smic. »

 

Je ne vais pas pleurer sur leur sort, je sais qu’avec l’expérience, ils s’organisent, travaillent mieux, ils gagnent du temps. Mais les débuts restent difficiles et même, m’a dit une autre, de plus en plus, du fait de la formation au cours de laquelle il est toujours demandé le maximum du maximum, au point que les démissions augmentent.

Elle continue : « - Auparavant déjà, à l’IUFM, on ne jurait que par la sacro-sainte ʺDIFFÉRENCIATIONʺ qui part d’une bonne intention mais qui en fait, je m’en suis vite rendu compte, nous préparait à nous taper des classes impossibles, chronophages car hétéroclites.

D’où l’idée qu’une politique avait été réfléchie, pensée en amont, mise en place, pour des accueils tous azimuts sans - toujours le Hors sol – sur le terrain, réaliser l’impossibilité de la chose.

J’en suis arrivée, dans ma zone moyenne niveau difficulté, à constater, sans prétendre être sociologue mais par simple constat approximatif :

Que deux tiers environ d’élève d’origine étrangère, (dans l’ordre) beurs, blacks, pays de l’Est etc. non encore adaptés, vont ralentir la classe, pour des questions de pédagogie ou de comportement depuis la maternelle jusqu’au CM2…

Par conséquent : Le niveau est plus bas. Je ne suis pas Vishnou, bodhisattva ou je ne sais quelle Kali aux milles bras pour traiter trois choses à la fois. Obligatoirement, les aides demandées, les interventions en classe seront successives et non simultanées, n’en déplaisent à ces messieurs d’en haut qui décident qui sera où et quand. 

Et surtout que l’on ne me traite pas de raciste ! J’adore tous mes élèves, les respecte, considère ne pas connaître tous les tenants et aboutissants ayant conduit aux situations parfois déplorables et constate, de plus :

Qu’un tiers environ d’élèves d’origine étrangère, adaptés car depuis suffisamment longtemps dans le pays, ou bien, ça n’est pas si rare, car adoptés, sont impeccables et même 2peccables pour la raison probable qu’ils ont eu, aussi, à surmonter plus. Ils sont relativement souvent « moteurs » pour les autres. Certains sont remarquables, admirables. »

 

De ces témoignages, et d’autres encore, je déduis que la mixité sociale ou plutôt la non mixité, mal pensée, mal régie, généralement excessive, est l’un des facteurs qui fait que notre école a un niveau plus bas que d’autres européennes, par exemple.

D’autres facteurs interviennent, bien sûr, j’ai lu qu’ici en France les profs avaient les salaires parmi les plus bas d’europe en tenant compte du niveau de vie ; etc. etc.

 

Mais, vous l’aurez peut-être compris, j’écris cet article en réaction à ce que je j’ai lu de la part d’un certain Cédric Villani, candidat à la mairie de Paris. Cet homme a avancé une cause liée à l’immigration expliquant le niveau bas de l’école.

Malheureux ! Tu as, ne serait-ce que le temps d’un instant, oublié que dans notre presse actuelle, certaines choses, certains noms ne se disent pas, sont sur liste noire, en quarantaine, escamotés, tabous…

Aussitôt la bien-pensance, des pimbêches avec prestance, des bien-comme-il-faut, des propres sur soi se jetèrent sur toi :

« - EH ! M’SIEUR, VOUS ÊTES RACISTE ! »

Le gamin, c’est en quelques secondes à quelques jours qu’il va comprendre que le/la prof n’est pas dupe.

Les faiseurs et faiseuses d’opinion, il n’ont toujours pas compris ou voulu voir que nous ne sommes pas dupes…depuis plus de quarante ans.

Secondes, jours, décennies…euh…mathématiquement, ça ne tient pas. Il va falloir, nécessairement, que ça change.


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