Répugnant ?
par rosemar
samedi 25 mai 2013
La dernière interview de Jérôme Cahuzac a de quoi surprendre....
Les propos tenus par Jérôme Cahuzac sur RTL montrent de toute évidence que cet homme politique ne mesure plus maintenant, comme il l'avait fait dans sa première déclaration de repentance, la gravité des faits qui lui sont reprochés... Remettant en cause les mots de certains journalistes, Jérôme Cahuzac réfute le terme "répugnant" qui lui a été attribué....
Pour récuser ce qualificatif déshonorant, quel est l'argumentaire de l'ancien ministre du budget ? Il déclare : "Si je suis répugnant, comment peut-on qualifier un violeur, un assassin d'enfants, un Marc Dutroux ?" Bien sûr, comparaison n'est pas raison... Evoquer des crimes d'enfants en la circonstance paraît pour le moins curieux... Evidemment le meurtre d'enfants est le plus abominable qui soit, le plus indigne : on ne peut le comparer à une fraude fiscale, à un détournement d'argent...
Evidemment, Jérôme Cahuzac n'a pas attenté à la vie d'un enfant, mais en fraudant le fisc, alors qu'il était ministre du budget, il a failli à tous les devoirs de sa charge... Il a trahi l'état et sa mission : en période de crise, alors que des français connaissent des difficultés inouies, il a osé détourner de l'argent...
Le contexte n'est pas neutre et Jérôme Cahuzac n'est, sans doute, pas le seul coupable : on en est persuadé mais ses actes, son comportement de bravades sont "répugnants"...
Quand il envisage de revenir à la politique, quand il parade sur le marché de sa ville un mois après sa déclaration solennelle de repentir, n'est-ce pas répugnant ?
Quand il ose comparer ses méfaits à ceux d'un tueur et d'un violeur d'enfants, n'est-ce pas répugnant et indigne ?
N'est-ce pas là une façon de minimiser sa faute, d'en réduire la portée ? Oui, il existe des crimes plus graves, plus lourds qu'une fraude fiscale mais user de cette comparaison inadaptée, n'est-ce pas aussi indigne ?
On trouve toujours plus coupable que soi mais est-ce une raison pour se sentir moins coupable et ne pas assumer ses responsabilités ?
Un tel raisonnement paraît une façon captieuse de refuser la gravité des actes commis dans une période de crise...
Décidément, cet homme politique semble, encore une fois, faire fi de la morale, et se considérer lui-même comme une victime qu'on accuse à tort et à travers : Jérôme Cahuzac est coupable de trahison, de mensonge, de détournement d'argent : hélas, il est probable qu'il a été couvert par certains, il est probable qu'il n'est pas le seul dans son cas, que les détournements, les fraudes, les délits sont nombreux...
On aimerait, en tout cas, plus de discrétion et de réserve de la part d'un homme qui n'a pas hésité à servir ses ambitions pour desservir la France et les Français...