Retraites : la profanation mémorielle de Nicolas Sarkozy
par Allain Jules
jeudi 27 mai 2010
C’est un fait sans précédent, une attaque au ras des pâquerettes, que dis-je, une profanation ubuesque de la mémoire d’une personnalité qui, elle au moins, sans contestation aucune, a été un véritable homme d’Etat, et non un nain politique, dans tous les sens du terme. On a assisté donc, avant-hier, à une violation ignoble des us et coutumes de la République. En s’attaquant à François Mitterrand, Nicolas Sarkozy a franchi le Rubicon. On peut faire reculer l’âge de la retraite sans s’en prendre à ses prédécesseurs. Une pensée pour les 53% de Français qui ont voté pour un homme qui n’est pas digne de les représenter, encore moins de représenter la France.
Les indignations suscitées par ses propos de caniveaux sur François Mitterrand, président de la République pendant deux mandatures à l’époque du septennat soit 14 ans, sont faibles (vidéo). François Mitterrand a eu une présidence avec une forte aimantation rémanente. Le roitelet élyséen quant à lui, sans présager de ce qui arrivera demain, n’a aucune chance de figurer au Panthéon des grands hommes de la République. Qu’il souhaite revenir sur le régime des retraites en se reniant certes, ne lui donne pas le droit de s’attaquer à un mort, qui plus est, François Mitterrand. Quel sacrilège ! Contrairement à son hyperprésidence, Mitterrand ne décidait pas de tout, tout seul, quelque part au 55, rue du faubourg Saint-Honoré, un palais déshonoré aujourd’hui par la présence de gens indignes.