Révolution : Yes, ˇpasarán ! — et aprčs ?

par George L. ZETER
samedi 9 mai 2026

Il paraîtrait que tout va bien. Enfin, « tout va bien » dans la version officielle : celle où les indicateurs se veulent rassurants, la société résiliente, et le débat public fiévreux, comme un patient sous perfusion qu’on décrit en pleine forme, simplement parce qu’il respire encore.

Un décor aseptisé. Bien éclairé. Bien commenté. Tant qu’on évite de regarder trop longtemps derrière. Car toute cette mise en scène devient chaque jour trop visible. La masse s’éveille, et ce n’est pas bon signe…

Une partie non négligeable de la population estime désormais que la violence ou l’activisme hostile peuvent être des moyens « légitimes » de faire évoluer les choses. Traduction contemporaine du désespoir politique : quand les formules prémâchées ne fonctionnent plus, certains envisagent tout simplement de casser la baraque.

Et pendant que certains s’interrogent sur la manière de faire entendre leur colère, une autre dynamique s’installe dans le paysage : la progression de l’extrême droite, désormais aux portes du pouvoir dans plusieurs scrutins récents. Non pas comme accident démocratique, mais comme symptôme parfaitement fonctionnel d’un système qui recycle la défiance en bulletin de vote. On n’y croit plus, alors on est prêt à tester autre chose ; même le pire. Ce qui est bien une forme supérieure du désespoir…

Une société d’apaisement version marketing

Officiellement, tout serait sous contrôle. Les statistiques sont là pour le démontrer, donc tout va. Pourtant, certains chiffres bien cachés démontrent le contraire : environ 1 000 homicides par an (soit 3 par jour), ce qui fait plus d’effet quand on le dit lentement. Des faits divers suffisamment réguliers pour être devenus une rubrique météo du malaise. Des violences intrafamiliales qui explosent et des féminicides qui s’enchainent dans une indifférence devenue presque routinière. Les agressions des rues sont monnaie courante, l’insécurité se diffuse.

Cette société d’apaisement version marketing n’est là que pour promouvoir un modèle que tout le monde sent fabriqué, ou plutôt orchestré dans le but d’endormir son monde, malgré le fait qu’en sous-jacent, le malaise transpire.

Ce monde en mode « mise à jour permanente »

Alors, les sachants de ce monde qui dessinent notre destinée ont trouvé la formule : une situation de crise sans fin. Le peuple est ainsi balloté d’une pandémie mondiale avec son test grandeur nature de discipline collective, suivi par plus de 70 % concernant un vaccin. Une inflation qui revient comme le ressac de l’océan. La guerre en Ukraine avec ses poussées fiévreuses sur les prix de l’énergie, puis celle de l’Iran, Israël et les États-Unis qui, selon les « experts », justifient l’explosion des tarifs à la pompe à essence et, par ricochet, sur tout le reste. Ajoutons l’anxiété climatique en fond sonore permanent et les crises identitaires en boucle ; ainsi, aucune crise ne remplace la précédente, elles ne font que s’empiler.

Dans ce paysage saturé de signaux contradictoires, une étrange normalité s’installe. Celle où l’exception devient règle, et où l’instabilité devient méthode de gestion. Sur le terrain, la population apprend à composer avec l’imprévisible. À vivre dans l’attente de la prochaine crise, du prochain choc, du prochain ajustement.

Quant à la politique, elle semble avoir changé de nature. Elle ne promet plus un avenir, mais organise la gestion du maintenant. Un présent étiré, fragmenté, où l’urgence devient permanente et où le long terme n’existe pas. Alors, dans cet espace saturé, chacun finit par s’adapter. Ou par se radicaliser. Ou par se retirer. Traduisant ainsi trois formes différentes de la même fatigue.

La France fidèle à son sport national : la tension

C’est le pays qui, dans sa spécificité historique, a alterné entre stabilité apparente et crises nerveuses. On peut constater qu’à chaque épisode, la même chorégraphie s’est répétée, allant d’un consensus social jusqu’à l’explosion. Mais cette fois-ci, il semblerait bien que la tension ne descende pas…La lutte des classes pointe.

Ce n'est donc pas une simple crise de nerfs passagère, c'est une mutation sismique. Le point de rupture n’est plus une hypothèse de politologue, mais une échéance mathématique. À force d'avoir troqué le contrat social contre un manuel de gestion de crise, les verrous lâchent un à un. Le mépris des sommets a fini par féconder une colère qui ne cherche plus à voter, mais à sanctionner, à abattre.

Nous sortons du temps des manifestations réprimées pour entrer dans celui des confrontations. L'ombre d'une révolution armée ne plane plus seulement dans les discours radicaux ; elle s'enracine dans le silence de ceux qui n'ont plus rien à perdre. Le pays s'enfonce dans une zone grise où l'autorité ne tient plus que par la force, et où chaque étincelle, un contrôle de trop, une pénurie de plus, une loi imposée pourrait être le détonateur d'une guerre civile qui ne dit pas encore son nom. D’ailleurs, les Gilets Jaunes ne sont pas si éloignés…

Le vernis républicain craque de toutes parts. Derrière les écrans et les statistiques, les camps se forment, les rancœurs s'aiguisent et le dialogue s’envenime. La question n'est plus de savoir si l'explosion aura lieu, mais qui, parmi les décombres de cet ordre épuisé, ramassera les morceaux d'une nation qui aura choisi les barricades plutôt que la passivité.

Vous me direz que tout cela ne sonne pas très positif, alors je vais donc vous répondre par ce dicton en abyme : « un optimiste est toujours un pessimiste informé ! »

Georges ZETER/mai 2026

Vidéo : BLAST (ET LA FRANCE) FACE À LA TEMPÊTE

Voici une liste de références et de sources qui corroborent les faits et les dynamiques sociales mentionnés dans votre texte.

1. Statistiques sur les homicides (environ 1 000 par an)

Le chiffre de 1 000 homicides (ou tentatives) est une réalité statistique en France ces dernières années.

Source : Ministère de l'Intérieur (SSMSI) – Insécurité et délinquance : premier bilan statistique.

Lien : Rapport du SSMSI sur les homicides

2. Violences intrafamiliales et féminicides

L'augmentation des signalements est documentée par les rapports annuels du gouvernement.

Source : Ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes – Les chiffres clés.

Lien : Arrêtons les violences - Statistiques

3. Radicalisation et recours à la violence "légitime"

Plusieurs enquêtes d'opinion (Cevipof) montrent qu'une partie de la population ne rejette plus l'action violente face à l'impasse politique.

Source : Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF (Sciences Po).

Lien : Baromètre de la confiance politique

4. Progression de l'extrême droite aux scrutins récents

L'analyse de la normalisation et de la montée en puissance électorale du RN.

Source : Public Sénat / Résultats officiels du Ministère de l'Intérieur.

Lien : Résultats des élections législatives et européennes

5. Inflation et prix de l'énergie (Contexte Ukraine/Moyen-Orient)

Données sur l'évolution des prix à la consommation et l'impact géopolitique sur l'énergie.

Source : INSEE – Indice des prix à la consommation.

Lien : Tableau de bord de l'inflation - INSEE

6. Taux de vaccination et discipline collective

Données concernant la couverture vaccinale en France suite à la pandémie de COVID-19.

Source : Santé Publique France.

Lien : Données de vaccination - Géodes

7. L'anxiété climatique (Éco-anxiété)

Études sur l'impact psychologique de la crise climatique sur la population, notamment les jeunes.

Source : Agence de la transition écologique (ADEME).

Lien : Les Français et le changement climatique


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