Sarkozy (Jean) : quand une idée naïve du PS est reprise déformée par Chatel
par Imhotep
lundi 19 octobre 2009
On se demande parfois ce qui passe par la tête de nos chers élus. En l’occurrence, un certain Gaetan Gorce propose une idée déjà naïve et maladroite mais transformée par Chatel de façon si surprenante qu’elle mérite un prix Nobel - pardon un prix Jeansarkozy - de la bêtise associée à la turpitude à moins que ce ne soit pour se faire remarquer ou pour plaire au château.
Quelle est cette idée extravagante, avancée sans aucune réflexion de fond, sans aucun regard avec la déontologie ni la morale paysanne, par ce Gorce et reprise et déformée copieusement par Chatel ?
"Il faudrait que vous puissiez vous engager à ce que les neuf représentants de l’Etat – la moitié du Conseil d’administration de l’Epad chargé d’en élire le président – ne recevront aucune instruction de vote" (Europe 1)
Ce qui est une proposition de ne pas donner une consigne de vote devient tout autre par Chatel : Luc Chatel a immédiatement saisi cette perche. "Dans le passé, il est déjà arrivé que les représentants de l’Etat ne prennent pas part au vote de cette élection", a répliqué le ministre de l’Education. "Donc, par souci de clarté et de transparence, on peut très bien imaginer que les représentants de l’Etat à cette élection ne participent pas au vote." Pas de consigne devient pas de participation. Beau tour de passe-passe.
Tout simplement pour soi-disant rendre plus légitime l’élection du fils de son père, désormais nommé le père du fils, que les 9 membres du conseil d’administration de l’EPAD issus des ministères ne prennent pas par au vote du futur président du plus grand centre d’affaires de Toute l’Europe.
Nous allons donc faire quelques remarques à Gaetan Gorce pour sa naïveté et à Chatel qui ne semble pas comprendre ce qu’est la déontologie.
1- d’abord à notre ami Gaétan : et pourquoi donc donnerait-il une porte de sortie - l’heureux béat - qu’il croyait honorable au clan Sarkozy dans cette histoire scandaleuse de la nomination-élection du fiston sans diplôme avec le lait qui lui coule encore du nez ? Qu’ils se débrouillent avec leur petites manigances et qu’ils en payent le prix, quoique les électeurs râlent avec virulence mais ne votent pas, enfin de changent pas beaucoup leur vote (cf Douillet, douillettement élu, enfin pas tant que cela avec 70 % d’abstention et 4 points de moins que son prédécesseur) ! Et comment pourra-t-il vérifier qu’il n’y a pas de consigne ? Demander la parole d’un pouvoir qui ment deux fois quand il respire une fois n’a pas de sens. Et même qui ose imaginer une seconde que ces représentants (dont huit sur neuf ont été changés sur ordre du clan de Neuilly à la tête de la France) vont voter en leur âme et conscience ? La bonne blague. Le Gorce aurait mieux fait de se coucher ce jour-là, car maintenant - et la presse a déjà commencé - on va faire l’amalgame entre sa proposition et celle de Chatel lui en donnant la paternité bien qu’il ne fût pas le fils génial d’un génie de la politique. Il tresse lui-même la corde avec laquelle on va pendre l’opposition en la souillant par une association d’idées malhonnête. Gorce va aider à diluer le scandale.
2- ils nous prennent pour des buses : 4 élus de gauche 4 élus de droite et 1 représentant de la CCi dont on dit qu’il est à l’UMP, mais dont nous pouvons être certains de son vote pour JeanJean. Du reste il vient de le déclarer, du moins entre les lignes (Le NouvelObs) : Questionné sur Jean Sarkozy, il a répondu : "c’est un garçon de qualité, sympathique que je connais bien".
Claude Leroi a été conseiller municipal de Neuilly, notamment durant les mandats de Nicolas Sarkozy à la tête de cette ville. Cette élection-nomination ne changerait pas d’un poil que les représentants des ministères votent ou non. Nous passerions d’un score de 14 sur 18 à un score de 5 sur 9, moins glorieux en chiffre mais tout aussi efficace. De toutes façons ce n’est pas de gloire de l’élection dans cette histoire qu’il s’agit car il n’y en a pas.
3- et c’est là l’extravagance de cette proposition car elle veut dire deux choses qu’aucun esprit républicain et fiscalisé ne peut accepter :
- l’Etat au travers de ses ministres se désintéresserait d’un vote important alors que les statuts lui donnent une place prépondérante
- et le plus gros, le plus stupéfiant, l’inimaginable en démocratie : cela signifie qu’il y aurait conflit d’intérêt entre l’Etat (et ses représentants via les ministères) avec un candidat. Regardez cela de plus près : cela en somme veut dire que l’Etat c’est le clan Sarkozy ! Cette proposition ne veut rien dire d’autre qu’en fait l’Etat ne peut que voter pour JeanJean.
Cette proposition, qui paraît si benette, si simplette, si arrangeante, est en réalité d’un extrême gravité. Elle implique que ce pouvoir est tellement perdu dans cette affaire ou bien tellement imbu de sa toute puissance et de son arrogance inique, qu’il se permet tout, même d’affirmer haut et fort qu’effectivement au sein de l’EPAD les 9 membres représentants des ministères et garants de l’impartialité sont en fait les représentants du clan Sarkozy ! Où est la bastille ?