Scène de guerre à Marseille
par Piere CHALORY
lundi 14 septembre 2015
Ceci s'est passé samedi soir ; ou plutôt dimanche très tôt vers 6 heures. Ce matin du 13 septembre 2015, les orages qui malgré un été plus que torride ne s'étaient pas encore abattus sur la ville sévissaient plusieurs heures : inondant les trottoirs d'eau sale et balayant les détritus.
Surpris par la violence de l'orage, plusieurs personnes se sont engouffrées sous l'auvent du Stop pour éviter la douche. Le Stop, un endroit bien connu des noctambules depuis plusieurs décennies, je l'ai fréquenté dans mes jeunes années -les années 80-. C'était un des seuls endroits où l'on pouvait manger à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Depuis j'ignore à quelle date, le restaurant s'est augmenté en bar ouvert 24/24.
Donc, pendant que les clients et les gens se pressaient sous cet espace exigu pour échapper à la pluie, une grosse berline a ralenti, puis s'est arrêtée devant le Stop. Et, sans descendre de voiture, des individus indéterminés -car pas rattrapés depuis- mais apparemment très déterminés, ont mitraillé la terrasse du bar restaurant à la Kalashnikov, d'après les 33 douilles retrouvées sur place…
Sur place donc, un homme a été abattu ; le vigile de l'établissement est mort , mais aussi 5 autres personnes ont été blessées, dont 3 dont le pronostic vital était hier 'engagé.
Ce phénomène est assez nouveau car ; bien que les règlements de comptes soient courants à Marseille, les victimes 'collatérales sont très rares. Les truands 'classiques utilisent -utilisaient- des revolvers de gros calibres pour éliminer leurs ennemi, mais se contentent -contentaient- de leur vider en général un chargeur dans la tête : point.
Mais depuis la généralisation des armes de guerres en 'banlieue, voilà un phénomène qui risque bien de se reproduire et désormais des innocents passants peuvent être tués par leur seule présence au mauvais endroit.
D'après le procureur délégué sur place, un 'différent aurait opposé le vigile à un groupe de 'jeunes qui, sans doute vexés de n'avoir pas pu semer la zizanie à leur aise au Stop, sont revenus tuer le vigile. Tout simplement.
Ça aussi c'est nouveau ; maintenant, le seul refus de laisser entrer tel ou tel gens au profil trop éméché ou trop patibulaire peut vous coûter la vie. Le même genre d'incident s'est produit il y a quelques temps au Taxi Brousse, boîte de nuit antillaise marseillaise où le patron ayant refusé l'entrée à 2 'jeunes, ceux ci-s sont revenus 1/4 d'heure après, ont sonné à l'entrée, et ont tiré à travers la porte. Bilan ; le patron mort.
La motivation d'1 meurtre, le mobile d'un acte extrême, semble se diluer aujourd'hui dans la banalité criminelle à motif insignifiant.
Comment 'traiter ces assassins d'un nouveau genre ? Comment seulement arrêter des gens capables de tirer dans la foule à l'arme de guerre ? Car vous imaginez bien que pour la police, s'il est facile de courser un conducteur éméché lambda ou un voleur de sac à main, il en est autrement pour 'serrer des pétroleurs équipés de Kalashnikov.