Seal Team Six, Zero Dark Thirty, ou l’ultime mise en scène... pour se faire réélire
par morice
mercredi 31 octobre 2012
Au pays du mensonge érigé en système économique, celui où un cycliste a pu pendant sept années de suite déjouer scientifiquement toutes les recherches sur la détection de produits dopants, aors que ses sponsors le savaient (et font semblant aujourd'hui de l'ignorer) on le sait, tous les coups sont permis, et la politique n'échappe pas au principe. En ce moment, par exemple, se tient le procès à huit clos des derniers responsables, parait-il, des attentats du 11 septembre. Dans un bunker édifié sur place à Guantanamo, et où les quelques journalistes invités peuvent entendre les bribes de débats avec 40 secondes de retard par rapport à ce qu'ils voient au travers de leur vitre blindée, ce qui nécessite toute une infrastructure élaborée et coûteuse pour dissimuler certains propos. Un surréalisme évident, qui fait couper à la volée tout ce qui ne doit pas être entendu, et qui ne semble choquer personne là-bas, aux Etats-Unis. De même que ne choque pas la programmation, deux jours avant l'élection présidentielle, d'un film à la gloire... d'Obama, présenté comme le grand nettoyeur de la saga Ben Laden, digne d'Hollywood depuis le début...
Un film dont des extraits montrés en avant-première démontrent que le cinéma américain sait particulièrement recycler les vieilles idées, mélange la réalité avec la fiction, et bénéficie, pour rendre le film plus réaliste d'un décor construit en plein désert par la CIA : même Cecil B.DeMile n'aurait pu imaginer ce genre de collaboration pour élaborer ses décors kitschs de carton-pâte. Mais aux USA, on le sait, pour se faire élire ou réélire, on est prêt à tout, on le sait, et ça se confirme avec brio. Ben Laden avait été scénarisé de son vivant, le voilà en retour de sa propre momie comme messager démocrate, après avoir tant servi l'équipe de G.W.Bush qui l'avait pourtant fait naître !
Comme il est impossible de croire en la thèse de l'élimination d'un Ben Laden invisible pendant des années et retrouvé sénile, selon la thèse officielle. Le film qui est censé dans les salles nous apporter la lumière hollywoodienne sur le raid n'échappant pas à ce principe de dissimulation et d'approximations, comme on va le voir. Les américains ne croient que ce qu'ils voient, et comme on a trouvé une superbe raison de ne pas montrer un cadavre de Ben Laden, le cinéma va palier à cette insuffisance médiatique. La vie de Ben Laden était déjà devenue un véritable scénario, écrit, scénarisé, on le rappelle pour la phase la plus récente par le fils du tsar de la suveillance du net, voilà que l'ex-femme de James Cameron (Abyss, Titanic, Avatar),
Le scénariste de Bigelow, visiblement, est allé fouiner dans les archives du Pentagone pour retrouver la trace d'un possible hélicoptère furtif. Sans peine, il est rapidement tombé sur une série d'articles, dont un en date du 25 septembre 1995, de Susan Green du Las Vegas Review Journal, qui avait décit les recherches faites sur la Zone 51 en matière de furtivité. On sait qu'à cet endroit, déjà, Howard Hughes avait testé son petit Hughes 500 , le "black helicopter", qui fera des merveilles au Viet-Nam, en devenant le favori des missions spéciales de la surveillance de la piste Ho-Chi-Minh, avec son rotor à 5 pales (pour abaisser le bruit) et ses équipements Flir. L'engin décrit ne semblait pas beaucoup plus grand : "un petit, hélicoptère furtif, issu des budgets "noirs" a été mis à l'essai à la base de Groom Lake Air Force dès 1990, a dit cette semaine un employé de l'ancienne base. L'ancien ouvrier, qui a demandé à ne pas être identifié, a suivi de près les opérations quotidiennes de la base et a révélé le nom de code de l'hélicoptère : "TE-K," pour "Test et évaluation des projets K." Ce nom de code est compatible avec cellui d'au moins deux projets de furtivité précédentes testés sur la base aérienne du comté de Lincoln - le F-117 un avion de chasse furtif, connu sous le nom "TE-A », et le B-2 bombardier furtif, connu sous le nom "TE -B. "L'ancien travailleur a décrit l'hélicoptère comme étant vert terne, angulaire et riveté, avec des portes papillon qui se rabattent verticalement et passent sous le corps de l'hélicoptère quand elles s'ouvrent. Les deux places des pilotes étaient chargés avec des engins de télémétrie dans leur dos et il volait silencieusement, sans le battement fort de pales de rotor typiques d'autres hélicoptères, a-t-il noté.
On remarquera les incongruités, la plus belle étant d'avoir confondu les tubes de Pitot du F-117 avec des mitrailleuses, qui, en prime seraient devenues fixes à l'avant de l'appareil, ce qui est une aberration évidente, signée d'un accessoiriste qui y connaît peu en mouvements d'hélicoptères... furtifs ou pas. Car la filiation de l'époque F-117 est évidente à voir cette maquette.
Ce n'est pas la première fois qu'Hollywood repeint des voilures tournantes existantes pour en faire des engins se rapprochant des vrais. Des Puma 330 français ont été déguisés pour Rambo II (First Blood) et le numéro III. Pour Blue Thunder, ce sont des Gazelles qui avaient été recrutées. Déjà, comme le remarque le site spécialisé, les acessoiristes d'Hollywwod avaient ajouté une nez plus pointu à l'hélico de l'Aérospatiale. La meilleure expérience du genre étant la modification, pour le film Red Dawn (autre navet notoie récent signé Dan Bradley) d'un vieil hélico Sykorsky S-55 transformé en redoutable hélicoptère d'attaque soviétique Mil Mi-24 Hind à deux roulettes avant (effacées à la palette graphique, comme le vrai cokpit haut perché de l'appareil original). Le faux cockpit du modèle, lui aussi à pans coupés, monté sur un Puma, donne l'impression de la même origine comme fabrication. Hollywood, toujours à fabriquer des engins étonnants avec les moyens du bord, tel celui-ci, parqué au dehors d'un hangar du Torrance Airport, sur le terrain de Zamperini, en Californie, en attendant de tourner ses séquences visiblement une adaptation "chirurgicale" de Bell UH-1 Huey Iroquois A part que là, ce n'est pas Hollywood, mais une proposition d'arme de guerre nouvelle, sous le nom "d'American Aircraft Penetrator"... "StealthStar" ! Le constructeur, Robert M Laura II, avait commencé par des bateaux pour un film de James Bond (Licence to kill !) et est apparu dans Dark Territory” de Steven Segal (joli navet encore !).
Cela suit pas à pas la thèse officielle ; mélangée de sauce américaine habituelle (du pathos, de la sentimentalité et énormément de violence). C'est réalisé par John Stockwell, un réalisateur-tâcheron, lui-même acteur (*), qui a dirigé of "Into the blue" (avec Jessica Alba), "Turistas" et "Crazy beautiful". Le premier a ainsi été décrit dans Rotten Tomatoes : "même les coups de feu sans fin des filles bronzées et des mecs polis ne peuvent sauver ce film de plongeurs ratés de la noyade", le second est un nanar classique d'horreur même pas sorti aux Etats-Unis (en France, on l'a appelé "Paradise Lost" !). "De beaux paysages de cinéma ne peuventt pas sauver "Turistas" de son intrigue fade, du jeu figé de ses acteurs, ou de son intrigue prévisible". Seul le troisième a eu des critiques acceptables : on a donc affaire à un fabriquant de navets pour nous filmer le célèbre potager de Ben Laden ! Le gag ultime, c'est qu'au milieu du trailer, on rappelle que le film est "fait par le producteur du film "Hurt Locker"...
Un hâbleur qui voit dans son film "un investissement", en cas de victoire de son héros à la maison blanche, et un individu ayant commis une bien surprenante déclaration en juillet dernier, sur la violence sur les écrans. Lui, le producteur des films de Tarantino, soudain pris de remords semble-t-il : "dans un entretien au Huffington Post, réalisé par téléphone car le producteur se trouvait à Paris pour recevoir la Légion d’honneur, Weinstein a déclaré que « son cœur était tourné vers ces gamins et leurs familles », mais aussi qu’il fallait s’interroger sur la violence au cinéma. « Je pense que nous tous, en tant que créateurs de films, nous devons nous réunir -je parle de gens comme Martin Scorsese ou Quentin Tarantino- et nous devons nous poser la question de nos responsabilités » dans le massacre d’Aurora.
Un troisième film a été réalisé entre temps pour History Channel : c'est le pompon, je crois bien de tous. Dans cette version, le crash du premier hélico est vraiment catastrophique (on n'insiste pas, mais on voit mal comment les Navys Seals auraient pu en sortir vivants !), et l'attaque des bâtiments grotesque (c'est un vrai western !!) , uniquement faite pour coller aux photos des cadavres montrés et au scénario bien connu de Nicholas Schmidle, notamment à propis des "grilles" internes à la maison, inexistantes en réalité. Quant à la musique.... lourdingue, empruntée au grandiloquent Hans Zimmer (extraits des Chevaliers de Sangreal, le Da Davinci Code) résume à elle seule le désastre télévisuel
Les américains et l'ISI ont toujours su où était Ben Laden (I)
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