Service public de l’information à la dérive. La coupe est pleine
par Octave Lebel
mercredi 4 mars 2026
Journalistes ce matin du mercredi 4 mars 2026, Alexandra Bensaïd et Simon Le Baron. L'invité de 8h20 : le grand entretien Mathilde Panot, députée La France Insoumise du Val-de-Marne, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale (23 mn)
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien
Un entretien sans suspense ni surprise
Même au niveau du ton, ces gens n’arrivent plus à donner le change. Ici la technique de la boucle. Admirons l’habileté, c’est un métier. Ici payé, raisonnablement espérons-le, par l’argent du service public. Chaque question est un reproche sur lequel l’élue est censée se justifier. Méthodiquement Mathilde Panot rétablit et rappelle patiemment les faits que chacun peut vérifier. Peu importe, pas de commentaire des journalistes. D’autres questions à la place fusent, toujours en forme de reproches suivies à nouveau de faits cités par l’élue que chacun peut vérifier. Puis comme échappatoire cette fois-ci pour des journalistes dépités, les questions du début présentées dorénavant comme des faits établis et probants censés prouver que l’élue ment. Et l’élue de reprendre son travail de samaritain. Et la boucle tourne sans fin dans un procédé récurrent et bien rôdé depuis un moment. Que veulent obtenir ces gens, qu’un élu un jour, à bout de patience, parte en claquant la porte. Pour mieux le stigmatiser ensuite. Avec l’espoir qui sera comblé bien sûr que cela soit repris partout pendant des semaines. Comme on le voit à chaque fois pour tout et n’importe quoi. C’est la répétition mise en scène qui compte, pas la justesse du contenu, quand on se fait une certaine idée de ses concitoyens et auditeurs. Y a-t-il une bourse des bons coups, entre initiés, qui circulent entre ces gens ?
Comment ne pas penser que tout cela ne corresponde pas à des attentes du responsable de la rédaction, du directeur de l’information, de la responsable de France-Inter, de Radio-France et de toute une connivence de réseaux d’influence qui font et défont les carrières. Ces gens s’ils le veulent ont encore largement les moyens de nous prouver le contraire il me semble.Le feront-ils ?
Petit bilan
Pourcentage d’information factuelle 5%. Pourcentage de lynchage médiatique 95%. Mais attention, à la France-Inter, service public oblige, avec des gants, de plus en plus minces c’est vrai mais des gants. À la mode France-Inter. Au goût du jour. Ici nous ne sommes pas chez CNEWS, nous avons encore une réputation à conserver si possible. Combien de temps encore par son silence, toute une profession va se disqualifier ainsi ?
Il a fallu deux journalistes pour perpétrer ce petit guet-apens contre l’information, les auditeurs de France-Inter, la déontologie du service public et la possibilité d’un débat démocratique authentique dans notre pays. Contre un mouvement politique et ceux qui le soutiennent qui visiblement n’a pas le droit de se faire entendre normalement et correctement de ses concitoyens dans les médias mainstream. Sur le service public comme ailleurs. Sinon pourquoi ces procédés qui reviennent régulièrement au cœur du service public, à son encontre. Soit en l’occurrence ce jour-ci vis-à-vis d’une élue.Votons-nous dans une démocratie si imparfaite soit-elle pour des élus nous représentant afin d'assister à ce spectacle. Il n’est pas difficile de voir qui, au bout de ce chemin, profitera de ces méthodes et détournement de la mission d’informer. Chez nos voisins par exemple et au-delà de l’Atlantique aussi.