« Si on ne trouve plus d’enseignants en France, c’est que le métier est difficile »
par rosemar
mardi 12 février 2013
"Si on ne trouve plus d'enseignants en France, c'est que le métier est difficile". C'est le ministre de l'éducation lui-même, Vincent Peillon qui s'exprime et qui évoque sans ambiguité la crise des vocations que connaît l'enseignement...
Dans les écoles primaires des zones les plus défavorisées, les enfants sont parfois privés d'enseignants pendant plusieurs semaines y compris dans les classes où se jouent les apprentissages fondamentaux.
Inutile de se voiler la face : l'enseignement français va mal, les candidats aux concours d'enseignement se raréfient, le métier s'alourdit de plus en plus chaque année, avec, en lycée, des classes trop chargées, avec des réformes hâtives, mal pensées...
Le malaise est profond, partout, à l'école primaire où une nouvelle grève s'annonce le mardi 12 février, mais aussi dans les collèges, dans les lycées... Logiquement, en raison du chômage qui s'accroît, ce métier qui présente tant d'avantages devrait intéresser plus de jeunes : vacances, nombre d'heures de cours que l'on dit limité, en oubliant tout le travail en amont, en omettant toutes les préparations, les corrections de devoirs, les contacts plus ou moins faciles avec les parents..
Certains professeurs sont débordés de travail à tel point qu'ils ont des difficultés à assumer toutes les tâches que l'on exige d'eux... Certains découragés envisagent d'abandonner ce métier sur lequel pleuvent toutes sortes de critiques...
Il faut imaginer une salle de classe remplie de 36 élèves en lycée : la salle est pleine à craquer, impossible d'isoler des élèves inattentifs ou qui posent problème... difficile de canaliser l'attention de plus en plus dispersée de certains adolescents...
Les tâches sont multiples : réunions de concertation en vue de devoirs communs, de bacs blancs, conseils personnalisés aux élèves, cahiers de textes à remplir, livrets d'évaluation, une innovation du gouvernement de N Sarkozy qui va être probablement abandonnée car elle génère un travail colossal pour des résultats inefficaces...
On commence même à évoquer l'ENT ou environnement numérique de travail où les enseignants sont invités à consigner tous leurs cours, leurs devoirs, leurs travaux : impossible de faire face à ces nouvelles charges de travail... Pour l'instant, l'ENT n'est pas obligatoire mais il risque de le devenir...
Vers quel gouffre se dirige l'enseignement ? Vers quelles dérives ? Assez de réformes hasardeuses, assez de contraintes qui pèsent de plus en plus sur les enseignants !
Il est temps de redonner du lustre à ce métier, d'en alléger les charges, d'en comprendre toutes les difficultés et les contraintes...