Suppression de la journée de carence des fonctionnaires...
par rosemar
vendredi 22 février 2013
Le gouvernement vient de prendre une sage décision : la suppression de la journée de carence des fonctionnaires. Marylise Lebranchu, ministre en charge de la Fonction publique a annoncé cette abrogation ce jeudi 21 février...
Cette journée avait été initiée et instaurée par le gouvernement de F. Fillon en 2011 : l’objectif était de générer des économies, de lutter contre l’absentéisme et d’aligner les fonctionnaires sur les salariés du privé, autant de prétextes fallacieux, une occasion d’opposer secteur public et privé, de créer des dissensions, des fractures…
Mais on s’est rendu compte que l’impact budgétaire de cette journée de carence était faible : 60 millions d’euros par an pour l’état…
De plus, le délai de carence de 3 jours dans le secteur privé n’est appliqué que dans un petit nombre d’entreprises grâce à des accords avec les salariés : 70 % des travailleurs du privé sont couverts par des accords internes…
Dès lors, l’injustice était bien de pénaliser les fonctionnaires, la cible favorite du gouvernement de N. Sarkozy… en leur enlevant de manière irrémédiable une journée de salaire en cas d’arrêt-maladie…
Cette journée de carence atteignait les gens les plus fragiles, soumis à des maladies, à des difficultés. Les fonctionnaires, ne l'oublions pas, ont été aussi soumis à la rigueur budgétaire avec le gel des salaires.
Rappelons que selon une étude récente, l’absentéisme n’est pas plus élevé dans la fonction publique que dans le privé : il est temps de tordre le cou à des idées préconçues, à des préjugés d’un autre âge…
Les fonctionnaires, on le sait, sont souvent désignés à la vindicte générale, des boucs émissaires auxquels on s’attaque volontiers en mettant en avant quelques privilèges et en oubliant les difficultés auxquelles ils sont confrontés : salaires peu attractifs, obligation de se soumettre à des mutations, travail au service d’un public souvent grincheux, peu reconnaissant…
S’attaquer en période de crise aux plus faibles, à des gens qui souffrent de pathologies récurrentes relève de l’inconscience et de l’injustice….
Le gouvernement a été bien inspiré d’abroger cette mesure inique et inadaptée à la situation : dans une période de crise, la justice consiste à faire payer les plus solides, les plus riches…