Sur l’éducation du désir

par Lombre Von Trek
lundi 9 février 2026

Traduction d'un article de JM Greer de son site https://www.ecosophia.net/on-the-education-of-desire/

Petite précision : Il est fait référence dans l'article à de la "Magie". Bien évidemment il ne s'agit pas de la magie "pop culture" type Harry Potter ou Charmed (balai volant, potion de transformation, etc....) mais d'un mot qui était utilisé anciennement pour décrire des processus psychologiques (Freud et Jung n'ont rien inventés). 

La définition historique qui en est donnée est d'ailleurs la suivante :"l’art et la science de provoquer des changements dans la conscience conformément à la volonté".

Il suffit de lire les livres mentionnés dans ce texte pour s'assurer que c'est bien de psychologie, de propagande (coucou Edward Bernays...) et des moyens de lui résister dont il est question. 

-------------------------------------------------------------------

Comme je l’ai mentionné il y a un peu plus d’un mois, la compétition pour savoir quel thème obtiendrait le billet du cinquième mercredi de décembre a été presque sans précédent par l’enthousiasme qu’elle a suscité et le nombre de votes obtenus par les trois thèmes en tête. Les trois thèmes méritaient chacun un article, et j’avais décidé bien avant que « l’effondrement cognitif » ne prenne la première place que chacun d’eux aurait son article ; si les complications d’un déménagement rapide à Silver Spring, dans le Maryland, n’étaient pas venues s’en mêler, nous les aurions tous couverts avant la fin janvier. Toujours est-il que nous y voilà, et il est temps d’aborder le thème qui a failli l’emporter en décembre : pourquoi la mobilité descendante est l’une des rares voies pour atteindre certains types de liberté relative dans les nations industrielles en voie de décomposition d’aujourd’hui.
 
Oui, je sais que cela ressemble aux divagations d’un fou. Il y a des raisons à cette réaction. On nous a enseigné, environ trente secondes après notre naissance, que les riches ont plus de liberté que le reste d’entre nous. C’est vrai, d’ailleurs, mais la plupart des gens en concluent que la seule façon d’obtenir la liberté qu’ils désirent est de grimper l’échelle sociale jusqu’aux classes rares que les riches habitent.
 
C’est là qu’ils déraillent, en partie parce que la vie de l’aspirant grimpeur social offre moins d’accès réel à la liberté que la plupart des formes d’esclavage pur et simple, et en partie parce que les sociétés industrielles modernes ont deux siècles d’expérience pour canaliser et rediriger les énergies des aspirants grimpeurs sociaux de telle sorte que la liberté supplémentaire est le résultat le moins probable de leurs efforts.
 
Pour comprendre cela, il est crucial de reconnaître qu’il existe une énorme différence entre l’argent et la classe sociale. Il est tout à fait possible d’avoir une fortune de plusieurs milliards et d’être néanmoins exclu de la classe la plus haute, tout comme il est possible d’avoir une fortune qui vous place au mieux dans la classe moyenne supérieure et d’être malgré tout membre de l’élite dirigeante.
 
L’argent est simple dans son principe : c’est un système de jetons arbitraires que les sociétés modernes utilisent pour réguler l’accès aux biens et services, et soit on en a, soit on n’en a pas.
 
La classe sociale, en revanche, est tout sauf simple. Les êtres humains ont les mêmes instincts de comportement grégaire que tous les autres vertébrés sociaux, et ces instincts ont des racines incroyablement profondes ; bien que le comportement ne laisse pas de fossiles pour les paléontologues, les schémas dont nous parlons sont si largement répandus parmi les vertébrés qu’il est probablement sûr de supposer qu’ils ont évolué dès la période dévonienne, quand les poissons primitifs ont commencé à nager en bancs pour une défense mutuelle.
 
Malgré nos prétentions, la mentalité humaine consiste en un vernis fragile et imparfait de pensée consciente posé sur le dessus d’un système nerveux de primate standard, et quand il y a conflit entre la pensée consciente et le reste de notre esprit, la pensée consciente l’emporte rarement. C’est vrai dans de nombreux contextes, mais c’est particulièrement vrai quand les instincts sociaux entrent en jeu.
 
Les grimpeurs sociaux en subissent presque inévitablement les conséquences. Quand on aspire à une classe supérieure à la sienne, deux choses suivent comme la nuit suit le jour. La première est que les membres de la classe que l’on cherche à intégrer dressent des barrières contre vous, car vous n’émettez pas les bons signaux sociaux qui indiquent aux autres que vous appartenez à cette classe. La seconde, si vous parvenez à apprendre à émettre ces signaux, est que, une fois admis à l’intérieur, vous serez influencé par les autres membres de la classe que vous rejoignez : vos opinions, vos idées et vos valeurs se déplaceront, progressivement ou non, pour se conformer à celles des autres membres de ce troupeau particulier.
 
C’est pourquoi tout le discours sur « changer le système de l’intérieur » que l’on entendait à la fin des années 1960 n’allait jamais être autre chose que du vent. Alors que d’anciens hippies se coupaient les cheveux, enfilaient des vêtements « corporate » et postulaient à des emplois dans des entreprises, ils absorbaient immédiatement les valeurs des personnes et des institutions qu’ils méprisaient autrefois, et ont voté en masse pour Ronald Reagan en 1980 et 1984. Ce n’était pas seulement de l’hypocrisie, ni les caprices d’enfants ennuyés qui se lassaient d’un jeu pour en jouer un autre, bien que ces deux facteurs aient sans doute joué un rôle. Les instincts grégaux que nous partageons avec les guppys et les gazelles sont entrés en action, les entraînant bon gré mal gré dans la conformité avec leur nouveau troupeau.
 
La gravitation inconsciente exercée par la pensée collective sur le grimpeur social a deux résultats fatals pour tout espoir de liberté. Le premier est que, même si le grimpeur s’accroche à l’idée de devenir plus libre, toute liberté qu’il obtiendra sera exercée en conformité avec les convictions collectives de sa nouvelle classe. (« Regardez, je veux être plus obéissant et conformiste, d’accord ? C’est mon libre choix. ») Le second, et le plus mortel des deux, est que les habitudes de chaque classe dans la société moderne impliquent de dépenser plus d’argent que les gens de cette classe ne gagnent généralement. Cela signifie soit languir après des choses que l’on veut et que l’on ne peut pas tout à fait se permettre, soit s’endetter pour les acheter quand même, et ces deux choix sont des menottes mentales bien plus implacables que n’importe quelles chaînes de fer.
 
Les forces les plus importantes qui maintiennent les gens en servitude dans les sociétés industrielles modernes sont en fait les facteurs jumelés du désir et de la peur déployés par l’économie de consommation : le désir des biens et services que l’on n’a pas et la peur de perdre ceux que l’on a. Pour la plupart des gens aujourd’hui, le désir est le plus important des deux. On n’a pas besoin de terroriser les gens pour qu’ils obéissent si on peut les convaincre que l’obéissance leur procurera les choses qu’ils veulent, et si on les manipule de façon à décider à l’avance ce qu’ils vont vouloir, le pouvoir est complet.
 
Le rôle du désir dans le maintien du système actuel n’a rien d’accidentel. Dans son important livre Éros et magie à la Renaissance (livre initialement en français mais dont maintenant seule la version anglaise est disponible..... NDT), dont j’ai parlé dans un article de fin d’année dernière, l’historien des religions Ioan Couliano a creusé profondément dans un courant important de l’occultisme de la Renaissance et a montré comment certains mages de cette époque exploraient les façons dont on peut contrôler et manipuler les gens à travers le désir. Il a aussi suggéré que la raison pour laquelle la plupart des sociétés industrielles modernes n’utilisent pas souvent les méthodes d’État policier est qu’elles sont des « États magiciens » qui dominent leurs populations par la manipulation du désir, plutôt que par les méthodes plus brutales et maladroites utilisées par les dictatures.
 
Un chercheur plus récent, Mauricio Loza, a bâti sur cette idée dans son livre de 2000 The Hounds of Actaeon : The Magical Origins of Public Relations and Modern Media. Il avance un argument très solide selon lequel la magie – la vraie magie, l’art et la science de provoquer des changements dans la conscience conformément à la volonté, et non la fausse magie à la Harry Potter – est centrale à l’économie politique des nations industrielles modernes.
 
Les deux auteurs, comme je l’ai noté par le passé, commettent l’erreur de penser que le type de magie dont ils parlent est le seul qui existe, mais dans leurs limites, ils fournissent un outil très utile pour comprendre la vie dans le monde d’aujourd’hui.
 
L’erreur signalée est d’autant plus ironique qu’elle a été contestée des millénaires à l’avance par la figure intellectuelle la plus influente de l’histoire du monde occidental. Il s’agit de Platon, le penseur grec extraordinaire qui a mis la philosophie occidentale sur ses pieds une fois pour toutes, et qui a tracé les possibilités de la discipline de façon si convaincante que 2300 ans plus tard, nos intellectuels suivent encore ses traces. (Alfred North Whitehead, un autre penseur extraordinaire, n’avait pas tort quand il a caractérisé toute la philosophie occidentale ultérieure comme « des notes de bas de page à Platon ».)
Les principaux écrits de Platon étaient des dialogues dans lesquels différents personnages proposaient des réponses concurrentes à un ensemble de questions profondes. Dans ses meilleures œuvres, il n’y a jamais de gagnant ou de perdant évident dans les débats qui en résultent, car son but était de faire réfléchir les gens, non de leur imposer des dogmes.
Même ainsi, il y a des moments où il n’est pas difficile de deviner ce que Platon lui-même pensait, et le dialogue que nous allons examiner est l’un de ces exemples.
 
Il s’intitule Le Banquet ("To sumposion" en grec ancien), et c’est la raison pour laquelle les réunions où les universitaires discutent de choses s’appellent encore « symposiums ». (Platon est à l’origine d’un nombre remarquable de termes de ce genre. Il enseignait dans l’enceinte d’un temple dédié à une figure mineure nommée Academus ; c’est pourquoi les mots « académie » et « académique » sont entrés dans notre langue.) Le sens originel du mot grec symposion est « banquet de boisson », et c’est le cadre du dialogue : un banquet de boisson qui réunit la plupart des grands intellectuels d’Athènes pendant la dernière partie de son âge d’or.
 
Comme ce sont des intellectuels grecs anciens et que la philosophie telle que nous la connaissons est en train d’être inventée autour d’eux, leurs jeux de boisson sont un peu plus érudits que la moyenne : pour être précis, chacun d’eux est censé prononcer un petit discours sur le désir érotique pendant que les autres vident leurs verres.
 
Il y a des discours assez animés, mais celui qui compte vient du maître de Platon, Socrate, qui est la figure centrale de la plupart des dialogues de Platon. Socrate veut transmettre les enseignements qu’il a reçus d’une femme sage, Diotime de Mantinée, sur ce même sujet. Ce que Diotime avait à dire, pour résumer trop brièvement la prose précise et élégante de Platon, c’est que le désir n’est pas une présence immobile dans nos vies. Il est profondément façonné par nos attentes, nos croyances et nos compréhensions. Cela signifie qu’il est possible d’éduquer le désir, de le rediriger de cibles autodestructrices et autodestructives vers d’autres buts qui enrichissent et affirment nos vies.
 
Cela ne se fait pas en serrant les dents ou en utilisant la force brute de la volonté. Cela se fait par une expansion douce et progressive de la conscience. Supprimer ou renoncer au désir, dans cette perspective, est contre-productif ; si cela réussit, ce qui arrive presque jamais, le résultat est une sorte de castration spirituelle, tandis que si cela échoue de la façon habituelle, on se retrouve exactement là où on avait commencé. Au lieu de cela, de même qu’un musicien en herbe est guidé petit à petit pour devenir plus sensible aux nuances subtiles de tonalité et de phrasé, l’élève de la voie de Diotime apprend à devenir plus sensible à ce qu’il désire réellement, et abandonne les idées erronées du désirable pour une perception plus claire, ancrée dans l’expérience personnelle, de ce que sont réellement le bonheur et l’accomplissement.
 
La tradition qui s’est développée à partir du Banquet est devenue l’un des éléments centraux de la spiritualité ésotérique occidentale. Le concept d’éducation du désir a aussi trouvé son chemin assez souvent dans le courant religieux dominant, bien qu’il y ait trop souvent été écarté par des attitudes plus puritaines qui traitent le désir comme une mauvaise herbe qu’il faut, du moins en théorie, arracher jusqu’à la racine. Dans l’ensemble, il est difficile d’apprendre quoi que ce soit sur l’occultisme sans voir les traces de cette idée, parmi bien d’autres contributions de Platon, à travers tout le paysage. Cela rend d’autant plus étrange que Couliano et Loza, tous deux très cultivés et attentifs aux subtilités, aient complètement manqué l’idée que le désir peut être éduqué, raffiné et mis au service de la liberté plutôt que de rester une source de vulnérabilité à la coercition et à la manipulation.
 
Si le désir est l’instrument par lequel l’ordre social actuel se maintient – et Couliano et Loza avancent un argument solide pour dire que c’est le cas – alors apprendre à rediriger le désir, et à repousser les tentatives de le manipuler au service du contrôle social, sont deux compétences essentielles. C’est parce que l’aspirant grimpeur social ordinaire ne s’en rend pas compte qu’il échoue si régulièrement à obtenir la liberté qu’il cherche en escaladant l’échelle sociale. Son désir de liberté devient un levier par lequel il est attiré dans la conformité avec la classe à laquelle il aspire à s’élever, et devient ainsi plus contraint et obéissant au système, et non moins.
 
L’angle mort qui rend le grimpeur social vulnérable à ce destin est très simple : il suppose que l’augmentation de la liberté est un privilège du statut social supérieur, point final. C’est une analyse bien trop simpliste. Il existe certains modes de liberté qui accompagnent le statut de classe – par exemple, les États-Unis et la plupart des nations industrielles ont un système judiciaire à deux vitesses dans lequel les riches et célèbres s’en tirent presque toujours tant qu’ils n’irritent pas trop leurs rivaux, alors que la plupart d’entre nous n’ont pas cette option – mais la plus grande partie de la liberté que possèdent les classes aisées n’a, strictement parlant, rien à voir avec leur classe sociale. Elle est plutôt une fonction de l’argent, et d’une équation très simple impliquant l’argent. Ils ont besoin de moins d’argent qu’ils n’en ont, et ne peuvent donc pas être contraints par les forces jumelées de la dette et du désir cupide qui se referment comme des mâchoires sur la plupart des gens dans notre société.
 
Cette équation fonctionne même à des niveaux de revenu très modestes. On peut être très pauvre et assez libre, tant que le peu d’argent qu’on a est plus que ce dont on a besoin.
C’était la voie de Diogène. Il était contemporain de Platon et a poussé la quête d’autonomie personnelle bien plus loin que la plupart. Il avait peu et en avait besoin de moins encore. Quand Alexandre le Grand vint à Athènes, il chercha Diogène et lui parla, et à la fin de leur conversation demanda : « Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour toi ? » La seule chose que Diogène demanda fut qu’Alexandre se mette de côté, car il faisait froid et l’ombre d’Alexandre empêchait le soleil de le réchauffer. Impressionné, Alexandre s’en alla en disant : « Si je n’étais pas Alexandre, je serais Diogène. »
 
Il n’est pas nécessaire de vivre dans une "baignoire renversée", comme le faisait Diogène, pour tirer profit de la même leçon. Il suffit d’embrasser un niveau de dépenses, et d’accepter un statut social, inférieur à celui que votre revenu vous permettrait autrement. C’est la mobilité descendante. Quel que soit votre niveau de revenu, imaginez comment vous vivriez si vous étiez un peu plus pauvre et un peu plus bas dans l’échelle sociale que vous ne l’êtes, et vivez ainsi. Acceptez un statut et un niveau de vie inférieurs afin d’embrasser un degré accru de liberté : c’est vraiment aussi simple que cela.
 
Simple, cependant, n’est pas synonyme de facile. La pression des pairs n’est qu’un des défis que vous rencontrerez. Selon votre statut social, vous devrez peut-être affronter des mesures systématiques de la part de votre employeur destinées à vous maintenir dans des chaînes mentales. Toutes ces règles absurdes sur le code vestimentaire des employés de bureau ont un but très simple : elles visent à maintenir les employés d’entreprise si profondément endettés qu’ils n’osent pas risquer quoi que ce soit qui pourrait menacer leurs revenus, et restent ainsi des serfs bien payés de leurs maîtres corporatifs. La mobilité descendante est plus facile avec certains emplois qu’avec d’autres, et dans certains cas, un changement d’employeur – voire de profession – peut s’avérer nécessaire si vous voulez mettre la mobilité descendante à votre service.
 
Vous devrez aussi affronter des industries entières qui cherchent à vous faire croire que vous avez besoin de choses dont vous n’avez pas réellement besoin, ou que vous voulez des choses que vous ne voulez pas réellement. Ici, cependant, nous sommes en terrain déjà largement exploré dans la discussion sur le situationnisme qui a occupé presque tout l’automne dernier. La plupart des façons les plus intrusives dont les sorciers du système corporativo-bureaucratique vous attirent avec de faux désirs sont au moins en partie volontaires ; comme je l’ai mentionné assez souvent au fil des ans, jeter sa télévision et installer un bon bloqueur de publicités sur son ordinateur sont de bonnes contre-sorts de base, et trouver d’autres contenus en dehors de la ruche médiatique actuelle pour nourrir son esprit en est un autre.
 
Là encore, vous n’avez pas besoin de vivre sous une baignoire pour que cela fonctionne. Un appartement calme et relativement bon marché dans un quartier peu branché, quelques bibliothèques, et une vieille chaîne stéréo font très bien l’affaire pour moi. Vos choix seront sans doute différents – en fait, ils le seront presque certainement, car nous parlons de liberté, après tout.
Nous parlons aussi, notez-le, d’un certain degré de liberté relative. L’une des choses qui font dérailler tant de discussions de nos jours est que tant de gens insistent pour penser en termes absolus. Les débats sur le libre arbitre et le déterminisme en sont de grands exemples : presque tous les arguments utilisés des deux côtés présupposent que si ce n’est pas totalement dans un sens, cela doit l’être totalement dans l’autre. Que la vie réelle existe dans les espaces intermédiaires oubliés, où certaines de nos choix sont en grande partie déterminés et d’autres soumis à des degrés variables de marge de manœuvre, est indicible dans ces joutes hurlantes.
 
De la même façon, personne n’est jamais complètement libre, et personne n’est jamais complètement non libre. L’étude classique d’Eugene Genovese Roll, Jordan, Roll : The World The Slaves Made est une excellente étude des façons dont les gens trouvaient des moyens de saisir certaines libertés même dans le contexte de l’esclavage pur et simple. De même, peu importe à quel point vous vous sentez libre, certaines contraintes limitent votre liberté. Aucune manœuvre unique ne vous donnera toute la liberté que vous voulez. La mobilité descendante, en tant qu’expression pratique d’un désir éduqué, peut vous libérer de certaines des « menottes forgées par l’esprit » dont parlait Blake (William Blake NDT), et vous donner beaucoup plus de marge de manœuvre et bien plus d’occasions de faire vos propres choix que la plupart des gens n’en ont. C’est ce qu’elle peut faire ; c’est tout ce qu’elle peut faire ; mais si vous aimez faire vos propres choix, cela aide énormément.
Elle a une autre caractéristique qui promet de devenir encore plus importante à mesure que notre civilisation continue de glisser le long de la courbe de son déclin.
 
La désintégration lente (ou pas si lente) de nos infrastructures construites, l’érosion des normes, la dérive constante vers le médiocre et le fragile, et tout le reste : ce sont des symptômes d’une décomposition accélérée que les postures colériques des deux côtés des conflits politiques actuels ne font rien pour arrêter. Moins vous dépendez de la production clinquante d’une société en déclin, plus vous pouvez naviguer facilement la pente descendante et meilleures sont vos chances de traverser vous-même et les personnes qui vous sont chères les périodes de crise de ce processus – et cela aussi est une forme de liberté qui vaut la peine d’être poursuivie.
 
Traduction Grok et Lombre Von Trek

Lire l'article complet, et les commentaires