Tempête xynthia : est-ce populiste de dialoguer avec les sinistrés et les élus ?
par Neptune
lundi 19 avril 2010
Suite à la demande de Ségolène Royal d’une révision du zonage effectué par le ministère de jean Louis Borloo, la présidente de région se retrouve une fois de plus la cible d’attaques très politiciennes, alors qu’elle ne fait que relayer la demande de 33 élus locaux et de 8 associations de défense des sinistrés...
La verte Cécile duflot, qui s’est déjà opposée à Ségolène Royal sur la taxe carbone, use de la toujours prétendue « irresponsabilité » de Ségolène Royal et de sa position qui consiste « à risquer de maintenir les populations dans une situation de danger »...
Chantal jouanno, elle, n’hésite pas à dire « elle n’est pas dans son rôle quand elle essaie de gagner des voix sur le malheur des gens »...
Réflexions sur cette affaire....
D’abord, la réponse de ségolène Royal, bien sûr, qui propose à Cécile duflot de sortir de son bureau parisien et " de venir voir sur le terrain la réalité de la situation" pour " au lieu d’être méprisante, comprendre pourquoi les 33 maires des communes concernées et les 8 associations de défense des sinistrés ont demandé à l’unanimité la révision du zonage"...
On ne peut en effet s’empêcher de penser que les attaques de Duflot et Jouanno sont purement politiciennes et déconnectées de la réalité...
je le répète mais tant pis...33 maires, 8 associations de défense de millier(s) de sinistrés qui demandent un dialogue ne suffisent pas ? pas suffisamment visiblement pour dédouaner Ségolène Royal de sa propension toujours douteuse à rafler des voix par tous les moyens - dans une région, au passage, où elle vient tout juste d’être réélue, l’intérêt serait très limité, quand même-
Elle est présidente de sa région mais surtout une simple porte parole, je crois, dans cette affaire. Pourquoi ne pas le reconnaître, simplement ? C’est dans l’intérêt de tous.
Les accusations politiciennes de Duflot et Jouanno sont assez écoeurantes, dans le fond.
En fixant l’attention sur ségolène Royal et ses intentions politiques, elles ne font que mépriser la parole des citoyens - élus, populations-.
C’est dérisoire et indécent.
et puis, j’adresse à ces dames une question :
Est-ce populiste, vraiment, d’ ECOUTER la demande de dialogue des populations locales ?
Ceux qui ont de la famille dans ces zones sinistrées comprendront, surement, l’indécence de ces accusations.
D’autant plus que tous ces gens, élus, etc...ne demandent pas une ANNULATION du zonage mais une REVISION de ce dernier. Ségolène Royal a, et légitimement, demandé une contre-expertise. Elle souligne que " faute de concertation, des endroits sinistrés ne sont pas intégrés dans ces zones alors que d’autres y apparaissent sans raison".
Dans cette affaire, il s’agit, au-delà de la validité du zonage, d’une question de méthode.
Quand bien même le zonage serait bon, l’état ne peut-il pas être un peu moins brutal et fermé à la discussion ? Car d’une certaine manière, c’est un peu à lui, l’état, de faire amende honorable, non ? il est démontré que nombre de maisons n’auraient jamais dû être construites là où elles le sont. En outre les digues n’ont pas été entretenues non plus.
Est-ce la faute des gens ?
Que ce zonage soit cohérent ou non, il y a une certaine arrogance de l’état car il a aussi ses (ir)responsabilités. Je pense qu’il n’est pas trop demandé - particulièrement dans ce climat de crise et de précarité, en plus- de dialoguer ou d’être simplement plus pédagogique avec ces populations qui viennent de perdre leur maison qu’ils habitent parfois depuis 50 ans.
Globalement, n’en déplaise à ces détracteurs, Ségolène Royal est, elle, très cohérente dans sa ligne d’action.
Sa vision de l’exercice du pouvoir, on le sait, est très différente de ce qui est pratiqué.
Elle n’a cessé de marteler en 2007 que l’exercice du pouvoir devait être beaucoup plus en écoute des gens, moins déconnecté, plus concret.
Qu’il fallait développer une culture de la concertation intelligente, un sens de la pédagogie aussi pour éviter que les Francais se détournent de la vie politique, et les associer davantage aux décisions.
Qu’on s’entende...Il ne s’agit pas, bien sûr, de laisser les gens sur des zones dangereuses si elles sont très clairement établies.
Ségolène Royal demande simplement que les zonages soient confirmés par des contre-expertises et que, surtout le dialogue soit rétabli.
Si c’est du populisme....
alors, je le suis.
et j’en suis fier.