Travailler pour consommer
par Léony Gobeil
mercredi 10 mars 2021
J’ai lu récemment, le nouveau livre de Pierre Ives Mcsween, liberté 45, qui propose une démarche simple pour obtenir la liberté et la sécurité financière à 45 ans. Dans l’un des passages, il explique que tout se joue dans la vingtaine et que les jeunes, qui dépensent leur argent dans des désirs futiles, seront entraînés dans la spirale de paiement et de consommation. Il est évident que les attentes véhiculées dans notre société mènent dans cette voie, mais est-ce qu’elle nous apporte vraiment le bonheur ? Avec l’arrivée de la mondialisation, on remarque la croissance continuelle du nombre de produits en vente sur le marché. Le nombre élevé de choix qui s’offre aux consommateurs amène la société de consommation au centre des valeurs de la population.
Barry Schwarts, l’auteur du livre : Le paradoxe du choix, démontre que l’augmentation du nombre de propositions n’apporte pas la satisfaction désirée. Il stipule que plus il y a des choix plus les chances de regretter augmentent. Prenons un exemple, vous êtes dans la rangée des bonbons à l’épicerie et vous vous questionnez sur ce que vous allez choisir pour votre soirée cinéma à la maison. Supposons qu’on vous offre le choix entre 25 sortes différentes de friandises. Laquelle allez-vous choisir ? Le choix est difficile puisqu’inconsciemment vous avez peur de regretter votre décision. Supposons maintenant qu’on vous offre le choix entre des oursons en jujubes, des pêches surettes et des framboises en gélatine. Le choix sera plus facile à faire, car les risques de regretter diminuent. Cette démonstration s’applique à l’ensemble des situations de choix. Par conséquent, est-ce qu’avoir autant de choix nous rend vraiment plus heureux ?
En 2021, acheter la toute nouvelle télé de « 100 pouces » de large est synonyme de bonheur. De nos jours, posséder plusieurs objets semble apporter le bonheur aux ménages, mais est-ce bien vrai ? Prenons l’exemple d’une maison. Qui ne rêve pas de posséder « La » maison de tout le quartier, celle qui détone par sa grosseur et sa devanture au goût du jour ? Cependant, la maison de taille moyenne, fonctionnelle et familiale remplit parfaitement toutes les fonctions d’une maison. Tout le monde souhaite vivre dans le confort et le luxe, mais pour payer tout cela, il faut travailler. De plus en plus, les gens travaillent pour consommer. Ils ne vivent plus pour passer du temps en famille ou avec des amis, mais bien pour avoir le véhicule de l’année ou les électroménagers les plus technologiques. Certaines personnes croulent sous les dettes pour payer des achats superflus qui semblent leur apporter le bonheur. Nous sommes une société prise dans le cercle vicieux de la consommation. Nous vivons de paie en paie pour payer toutes nos dépenses.
Si l’on y pense, combien d’entre vous aimez votre travail ? Les « burn out » sont rendus de plus en plus fréquents, mais pourquoi se rendre jusque-là ? Pourquoi ces personnes n’arrêtent-elles pas tout simplement de travailler pour un certain temps ? Nous sommes rendus dépendants de notre revenu pour maintenir notre rythme de vie. Oui, certaines dépenses sont inévitables, mais il est toujours possible de les diminuer. De ce fait, pourquoi les gens qui n’aiment pas leur emploi ne changent-ils pas tout simplement pas ? Il est rendu difficile d’effectuer un travail qui nous rend heureux et d’obtenir le salaire qui subviendra à toutes nos dépenses de consommations. Les jeunes d’aujourd’hui prennent en considération leur revenu futur lors du choix de leur métier, mais à quel prix ? Seront-ils malheureux toute leur vie à travailler pour se payer « du luxe » ? Nous sommes rendus à nous demander : travailler dans ce que l’on aime ou travailler pour consommer.
Avec la pandémie et les diverses mesures d’aide financière, les achats en ligne ont explosé. Il est rendu si facile d’acheter. En un clic, c’est commander, payer et envoyer. Ce type de magasinage rend les achats impulsifs si faciles. Bien évidemment, la fameuse PCU aura convaincu plusieurs d’acheter ce qui ne leur était ni nécessaire et ni utile. Toute cette situation incitera davantage les gens à acheter et rendra la société de consommation encore plus influente sur le comportement des gens.
Pour conclure, consommer ne nous rend pas plus heureux. L’augmentation constante du nombre de choix nous entraîne dans la chaîne du paiement constant et nous emprisonne dans un emploi qui ne nous satisfait pas. Il faudrait faire des choix en fonction du bonheur qu’ils nous apportent et non en fonction de ce que nous apporte un objet. Bien évidemment, pour sortir de cette roue, il faut changer nos habitudes. C’est possible, cela demande du temps, mais on peut y arriver. Il suffit simplement de se questionner davantage sur ce que l’on achète et pourquoi on l’achète.