Tunisie, Islam et Modernité

par Christophe Bugeau
vendredi 14 février 2014

La Tunisie, deux après sa révolution et après une longue période d’incertitude a adopté une nouvelle constitution qui garantie la laïcité et la démocratie pour son proche avenir. Ceci est un espoir certain pour les pays arabes qui sortent de longues périodes de dictature et la preuve que l’alternative régime autoritaire ou islamisme n’est pas une malédiction incontournable.

La Tunisie vient de connaître deux années difficiles à la suite de sa révolution. Les Islamistes « modérés » d’Ennahdha, qui ont occupé le pouvoir à la suite des dernières élections (durant une période marquée par des assassinats du à des islamistes radicaux) ont du quitter le gouvernement. La transition s’est faite par le biais de représentants de la société civile et ce pays vient d’inscrire une large place aux femmes dans sa constitution.

Ce sont les forces de l’ensemble du pays qui ont contribué à la rédaction de la nouvelle loi fondamentale de la Tunisie (y compris les islamistes qui ont du faire de larges concessions) et l’on peut espérer pour ce dernier que ce sont des jours enfin apaisés qui l’attendent.

Cette évolution est aussi une preuve que les musulmans présents en Europe peuvent s’intégrer dans les pays occidentaux contrairement à ce que craignent ceux qui assimilent Islam et islamisme.

Il faut garder en tête qu’existe au sein de l’Islam Sunnite 4 écoles théologiques et juridiques principales : le Malikisme présent en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne (d’où sont issu la plupart de nos immigrants), le Hanafisme présent en Turquie et dans les pays d’Asie centrale, le Chaféisme présent de l’Egypte à l’Indonésie et le Hambalisme présent en Arabie Saoudite et au Quatar.

Les trois premières écoles ont une interprétation modéré de la mise en application du Coran et existent quasiment depuis l’apparition de l’Islam au 7 ème siècle. La quatrième, le Hambalisme est issu d’une réaction un siècle plus tard face à l’apparition des 3 premières écoles.

Celle-ci se veut un retour aux sources pures de l’Islam en limitant au maximum toute interprétation ou adaptation. Ce n’est donc pas un hasard si elle est très minoritaire d’une part et d’autre part si elle inspire les plus radicaux. Les frères musulmans d’abord au début du vingtième siècle, mais aussi les salafistes prônant la lutte armée depuis une trentaine d’années. Ces derniers sont souvent soutenus par de généreux donateurs issus de la péninsule arabique où le Wahhabisme de l’Arabie Saoudite est lui aussi fortement inspiré de l’école hambaliste depuis la fin du XVIIIe siècle.

En résumé, si l’on veut trier le bon grain de l’ivraie au sein des pays occidentaux, il faut s’assurer que nos Mosquée (et surtout leurs Imams) s’inspirent de l’interprétation des pays d’origine de nos immigrants (Malikisme pour la plupart d’entre eux, sauf pour les turcs qui pratiquent le Hanafisme).

Il est clair qu’il nous faut interdire le soutien de pays étrangers (Arabie Saoudite ou Quatar, notamment) et que les Imams qui prôneraient des valeurs contraires à celle de la République et de la Démocratie doivent faire l’objet d’une surveillance attentive, et doivent être expulsé du pays s’ils sont de nationalité étrangère.

Enfin, il est plus que nécessaire de structurer l’Islam en France et de faire surveiller étroitement en le considérant comme courant sectaire, ceux qui se réclament du Salafisme.  

L’Islam, sous la forme de ses courants modérés, est compatible avec la démocratie. C’est à nous qu’il revient de s’assurer que ce sont ces derniers qui prennent le pas face au radicalisme le plus pur et dur. 


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