Uber, une machine de guerre contre le droit du travail

Uber, une machine de guerre contre le droit du travail

par Roosevelt_vs_Keynes
mardi 16 février 2016

UBERISATION. Verbe conçu d’après le nom de la société Uber. Selon l’Obervatoire de l’uberisation, qui propose de l’accompagner, il s’agit d’un « changement rapide des rapports de force grâce au numérique. (...) Au carrefour de l’économie du partage, de l’innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté d’indépendance des Français, ce phénomène est une lame de fond qui va petit à petit impacter tous les secteurs de l’économie traditionnelle des services. »

 

La logique UberPop

 

Le 11 février s’est ouvert à Paris le procès contre les patrons de la société Uber France pour son application UberPop de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs. Sous les apparences de covoiturage, elle permettait l’exercice illégal de la profession de taxi.

Uberpop incarnait à merveille la quintessence de la logique Uber qui n’a pas de salariés, mais paye ses travailleurs à la tâche. Et qui dit zéro salaire, dit zéro cotisation sociale.

 

La société Uber a été fondée à San Francisco en 2009 par Garrett Camp, Travis Kalanuck et Oscar Salazar sous le nom de UberCab (« SuperTaxi »). Rapidement, elle a eu le soutien de financiers de Wall Street, de Goldman Sachs et de Google, à ce jour le plus grand actionnaire et qui siège au Conseil d’administration.

Machine de guerre

La première chose à souligner c’est qu’Uber n’est pas une simple entreprise, mais une forme radicale de guerre politique et idéologique au profit de ce qu’on a le droit de qualifier d’oligopole bancaire anglo-hollandais. Au lieu d’acheter des hommes politiques, cet oligopole se sert des jeunes entrepreneurs pour imposer des changements politiques.

Comme nous allons le voir, Uber est anglo-hollandaise dans la mesure où les Pays-Bas et les paradis fiscaux britanniques lui sont essentiels.

Désobéissance civile

Barack Obama avec son conseiller David Plouffe, actuellement conseiller d’UBER.

Uber se fiche éperdument des lois, des amendes, des procès, des travailleurs et des États. Ça fait plutôt rire. Travis Kalanick, le PDG américain d’Uber, estime que « la désobéissance civile est nécessaire pour défendre les bonnes causes ». Sa mission ? Imposer dans le monde entier son modèle féodal d’emploi sans droit et du « tous indépendants », c’est-à-dire la fin du droit du travail et des Etats-nations modernes. Ses appuis sont multiples et mondiaux.

Et parmi ses conseillers, on peut compter David Plouffe, l’ancien directeur de campagne de Barack Obama, et en France, Emmanuel Macron, l’ancien protégé de Jacques Attali. Initié aux secrets des dieux du temple financier, pour ce dernier :

C’est à la façon dont un pays gère le problème de ses taxis que l’on peut mesurer sa capacité à réformer en profondeur.

Enfin, soulignons qu’Uber, qui ne produit aucune richesse réelle, n’est qu’une vaste bulle financière et qu’elle éclatera sans doute d’ici peu. Car, s’il y a cinq ans, il s’agissait d’une simple application de téléphonie mobile imaginée par deux Californiens lors d’une nuit de beuverie parisienne, aujourd’hui Uber, avec seulement quelques centaines d’employés, est supposé « peser » 40 milliards d’euros, c’est-à-dire autant que le groupe EADS-Airbus !

Êtes-vous prêt à vous faire uberiser ? S’il s’agit pour l’instant des chauffeurs de taxis, demain ce sera le tour aux professeurs, aux pompiers, aux médecins, aux avocats, aux restaurateurs et aux infirmières.

Uber, évidemment n’est que la caricature d’un monde qui s’imposera à nous lorsque nous laissons les nouvelles technologies, dans ce cas-ci le numérique, aux mains de requins de Wall Street et la City. Je crois savoir qu’un certain Jacques Cheminade vous avait mis en garde, non ?

Pour S&P :

  • Il faut appliquer la loi Thévenoud qui interdit l’exercice illicite de la profession de taxi et encadre de façon stricte les VTC mis en concurrence depuis 2009 avec les taxi ;
  • Il faut obliger Uber à payer des vrais salaires et donc des cotisations sociales ;
  • Il faut que toute entreprise paie des impôts dans le pays où est produite la richesse ;
  • Il faut que l’Etat investisse dans des transports en commun plus performants.

Pour en discuter : prochain #DALN avec Jacques Cheminade le 25 février à 19h

 

 


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