Un élu, à quoi ça sert ?
par Emile Mourey
mardi 19 février 2013
Lettre ouverte adressée le 3 février 1998 à MM. les cinq cent soixante-dix-sept députés de l'Assemblée Nationale au sujet de l'erreur de localisation de Bibracte au mont Beuvray (extraits).
Monsieur le Député,
Par lettre en date du 13 janvier 1997, M. le docteur Beaumont, député de ma circonscription, a demandé à M. le Ministre de la Culture de bien vouloir lui communiquer, compte tenu de l'importance de cette affaire, le bilan des fouilles exécutées au mont Beuvray et les conclusions dégagées par les experts. Le Ministre de la Culture n'a pas répondu et ne répond toujours pas.
Cette affaire vous concerne, vous aussi.
En effet, je ne sais pas si c'est Jaurès ou un autre qui voulait que l'on fusille le capitaine Dreyfus, ce dont je suis certain, en revanche, c'est que le site de Bibracte ne s'est jamais trouvé au mont Beuvray, ni celui de Gergovie sur le plateau de Merdogne. Ce que les électeurs demandent à leurs représentants au parlement, c'est qu'ils interrogent le gouvernement, non pas sur les erreurs de la IIIème République, mais sur celles de la Vème http://www.liberation.fr/evenement/0101234290-clash-a-l-assemblee-nationale-la-droite-deserte-le-cours-d-histoire-de-jospin-les-elus-de-l-opposition-ont-quitte-l-hemicycle-hier-ulceres-par-les-propos-du-premier-ministre-qui-avait-evoque-l-attitud ...
Curieuse affaire, que cette officialisation de Bibracte sur le site erroné du mont Beuvray, par M. François Mitterrand ! Surprenant, ce grand chantier de l'ancien président de la République, avec son musée celtique et son centre archéologique européen qui sèment aujourd'hui, à tous vents - sous votre législature - notamment par la voix de leur site internet, la plus grande erreur archéologique et historique de tous les temps !...
M. Charles Millon, Ministre de la défense, m'avait fait savoir, en son temps, par une lettre de son chef de cabinet civil que mon dossier avait retenu toute son attention et qu'il avait donné des instructions pour qu'on l'étudie sur le plan historique (lettre en date du 13/11/95 - 041107 signée Jean-Yves Moracchini, sans suite). N'aurait-il pas été de l'honneur du Service historique de l'Armée de rétablir la vérité sur la naissance de notre patrie face à un professeur du Collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, qui se plaît à asséner "que la patrie gauloise est un mythe", slogan qui ne veut pas dire grand chose (Le Figaro Magazine du 19/7/97)...
Telle est la vérité, M. le Député ; elle est grave. Permettez-moi de citer encore Emile Zola : ce n'est pas que je désespère le moins du monde de son triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche, et rien ne l'arrêtera. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s'y amasse, elle y prend une force telle d'explosion que le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle... http://bibracte.com/mon_histoire_de_la_gaule/lettre_ouverte_a_mm._les_deputes_de_l_assemblee_nationale.html
M. Jack Lang avait raison de souligner que la construction du Centre Archéologique Européen, avec son musée consacré aux Celtes, devait marquer le point culminant d'un projet de grande envergure au bénéfice d'une archéologie française en quête de reconnaissance nationale et internationale (Archéologie de la France, éditions de la réunion des musées nationaux 1989, préface). M. Jack Lang avait raison... à condition toutefois de ne pas se tromper de site...
Historique de l'affaire (extraits) :
Années 80-90 : Membre de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône, je la quitte définivement en 1995 après un échange de courriers qui marque notre profond désaccord.
6/6/91 : J'informe le ministre de la Culture, Sous-direction de l'archéologie, que j'ai identifié le site de Gergovie d'après la description qu'en a fait César et le mets en garde au sujet du mont Beuvray.
1/3/93. J’envoie mon "Histoire de Bibracte, le bouclier éduen" au ministre de l’Education Nationale (C.N.R.S.), M. J. Lang, ainsi qu’au ministre de la Culture (Sous-direction de l’Archéologie), également M. J. Lang. On me répond qu'on a bien reçu ma précédente lettre et que mon ouvrage a été placé dans la bibliothèque de la Sous-direction de l'archéologie (lettre du 4 mars 1993 DP/B2:PGM/CG du 3 mars, signée Wanda Diebolt, Sous-directeur).
20/11/95 : par lettre Cab/PB /LMK/RSR, M Jacques Toubon, à qui j'ai envoyé mes ouvrages en tant que ministre de la Culture, me félicite pour mon important travail de recherche et de documentation, signé Jacques Toubon.
22/5/96 : Il est bon que des officiers revisitent l’histoire des historiens, signé Marceau Long, président du haut conseil à l’intégration.
13/4/99 : DBE/CP/160521,128282,163037. Au sujet des fouilles menées sur le mont Beuvray, Mme Trautmann, ministre de la Culture, répond aux députés Myard, Hellier, Gérin (extrait) : Je dois noter que la question du bien fondé - ou de son contraire - de la localisation au Mont Beuvray des vestiges de l'oppidum de Bibracte qui préoccupe Monsieur E. Mourey ne fait l'objet que de l'allusion suivante dans l'introduction : le Mont Beuvray, identifié définitivement à l'antique Bibracte à la suite des recherches archéologiques qui y furent engagées.
19/4/99 : JO, pp.2337-2338 : Considérant les doutes émis par certains archéologues sur le bien-fondé de la localisation au mont Beuvray des vestiges de l'oppidum de Bibracte, M. Laurent Dominati demande à Mme la ministre de la culture et de la communication de bien vouloir lui faire part du bilan des fouilles nouvelles qu'il était convenu d'effectuer sur ce site et des conclusions auxquelles sont parvenus les experts à ce sujet. Réponse de Mme Trautmann : ...La question de l'éventuelle mise en cause du bien-fondé de la localisation au mont Beuvray des vestiges de l'oppidum n'est pas un sujet de débat pour l'immense majorité des archéologues... (Mme Trautmann ne veut pas prendre position tout en reconnaissant que dans le dernier bilan des fouilles archéologiques exécutées sur le mont Beuvray, la question de la localisation de Bibracte ne fait l'objet que d'une unique allusion).
6/12/99, par lettre n°RC/RC/99-2747, M. le député Montebourg me répond : Conformément à votre souhait, je suis intervenu auprès de Monsieur Olivier Girardin, Conseiller technique auprès de Madame la Ministre, afin d'obtenir des informations sur l'avancement de ce dossier.
27/10/00 : Michel Duffour, secrétaire d’Etat à la Culture : Il ne paraît pas utile que le ministère de la culture et de la communication entretienne une polémique avec une personne, qui comme beaucoup de passionnés de son espèce, se place dans la posture de l’homme seul face au poids de la « science officielle.
29/01/01 : SCL/CP /216603. Mme Tasca, ministre de la Culture, répond à M. le député André Santini qu'il ne lui semble pas convenable d'arbitrer entre mes thèses et celles de M. Christian Goudineau, professeur au Collège de France.
2/07/01 : JO, page 3835. M. le député Marc-Philippe Daubresse souhaiterait savoir quels sont les résultats des fouilles menées au Mont Beuvray et quelle a été la conclusion des experts concernant la localisation du site de Bibracte. Madame Tasca, ministre de la Culture, répond que les recherches archéologiques sur le mont Beuvray... ne s’occupent pas de la localisation mais plutôt de l’environnement...On peut noter, ajoute-t-elle, que M. Christian Goudineau, professeur au Collège de France (chaire des Antiquités nationales) coauteur avec M. Christian Peyre, notamment de l’ouvrage intitulé Bibracte et les Eduens, à la découverte d’un peuple gaulois, juge certaine la localisation de Bibracte au mont Beuvray.
28/01/03 : par lettre CP/21823, M. Aillagon, sur intervention de M. Perben, Garde des Sceaux, demande à M. Michel Clément, Directeur de l’architecture et du patrimoine, d’étudier le dossier de la localisation de nos anciennes capitales gauloises avec la plus grande attention…
18/2/03 : Dominique Vinciguerra, Ministère de la Culture, le chef de cabinet : Vous contestez la pertinence et l’intérêt des travaux de recherche archéologique menés sur ce site comme vous contestez la qualité de la lecture de César par de nombreux traducteurs et auteurs. C’est là votre liberté de citoyen mais il ne faut pas attendre de l’autorité ministérielle une consécration officielle et scientifique de thèses qui n’ont pas été soumises à une validation scientifique (signé Vinciguerra).
27/03/03. Claudie Haigneré, ministre déléguée à la recherche : Clarté des séquences historiques… Minutie et enthousiasme… étude remarquable (signé Claudie Haigneré).
Du 22/8/06 à ce jour : plus de 230 articles publiés sur le site citoyen Agoravox dont un nombre non négligeable ont été adressés, sous forme de liens, au ministère de la Culture, et aux organismes qui en dépendent.
Derniers articles publiés :
Encore une preuve supplémentaire pour Gorgobina au mont Beuvray et pour Bibracte à Mont-Saint-Vincent : L'identification du site de Magetobriga cité par César http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mont-beuvray-un-oppidum-ou-les-129996
Encore une preuve supplémentaire pour Gergovie au Crest : un chapiteau représentant la forteresse http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-la-responsabilite-des-128052
De la négligence à la forfaiture :
Négligence pour avoir pris pour argent comptant, sans vérifications sérieuses, les peu rigoureuses traductions des textes antiques qui ont évoqué le site de Bibracte, notamment celle que le professeur Constans a faite, en 1926, des Commentaires de César sur la guerre des Gaules en essayant de la faire coller aux thèses erronées du Second Empire.
Négligence pour n'avoir pas demandé à des spécialistes militaires de comprendre sur le terrain ces textes anciens.
Négligence et précipitation pour avoir monté une opération coûteuse et risquée avant que les fouilles archéologiques ne livrent leur verdict, et sur le site de Montmort, lieu supposé de la bataille de César contre les Helvètes, et sur le mont Beuvray, déclaré site national de Bibracte sans aucune preuve.
Gaspillage de l'argent public, en octroyant sur une longue durée, pour une simple opération de fouilles, des subventions extrêmement importantes sans que les résultats soient à la hauteur des dépenses engagées.
Peut-on encore leur accorder des circonstances atténuantes quand, après mes différentes publications et mes très nombreuses mises en garde, les responsables ne se sont pas donné la peine de réviser leur position ? Refusant le débat, ne répondant ni aux lettres, ni aux articles dispensés au compte-gouttes par quelques journaux locaux très réticents, non seulement ils persistent dans leurs errements, mais ils en ont fait une montagne d'une telle absurdité que lorsqu'elle s'écroulera, elle ébranlera dans sa chute, à la fois notre crédibilité intellectuelle et notre prestige national, en France comme à l'étranger.
Comment se fait-il qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils vont à l'encontre de leurs missions institutionnelles en soutenant une thèse archéologique erronée qui entraîne de graves incompréhensions historiques, bloquant d'une façon absurde la valorisation de notre patrimoine, le développement du tourisme et de l'emploi ?
Comment se fait-il que le Ministre de l'Education Nationale conseille aux enseignants cette thèse archéologique erronée en l'accompagnant de textes complètement farfelus qui dénigrent nos personnages historiques ? (Documents pour la classe, TDC 670).
Face à ces signes inquiétants de dégénérescence civique, permettez-moi de défendre la mémoire des Eduens Divitiac, Dumnorix et Sacrovir, des Arvernes Vercingétorix, Critognatos et Vercassivellaunos, de César Constance Chlore, des empereurs Posthumus, Magnence, Julien, Avitus, du gouverneur Vindex, du poète Sidoïne Apollinaire, des évêques constructeurs de cathédrales et autres héros amoureux de notre patrie qui nous ont légué un patrimoine architectural dont la splendeur n'a d'égale que l'incapacité de nos historiens à le comprendre.