Un Mélenchon vendeur de vent
par gilbertperea
jeudi 26 mai 2011
« Mes méthodes seront vigoureuses » vient de déclarer le pas tout-à-fait candidat officiel du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, à la presse régionale Nice matin.
Ah çà, pour des méthodes « vigoureuses » on va voir ce qu’on va voir. Quelques extraits choisis de ce salmigondis.
A commencer par cette mesure, directement pompée du projet du PS pour 2012 : « Le plus haut salaire ne peut pas être supérieur de plus de vingt fois au plus bas ». C’est ce qui s’appelle lutter sans doute contre la « fracture sociale »…
Et cette autre mesure, directement pompée, quant à elle, des propositions de son ami socialiste Arnaud Montebourg : « Nous pensons qu’il faudra commencer par la convocation d’une Constituante. (…). Je suis par exemple partisan du fait que dans les médias publics les citoyens votent su une liste d’aptitude (sic) pour désigner le président de France Télévisions. (…) Il faut que le peuple brassé que nous formons se retrouve à nouveau par le bain de jouvence (resic) d’une Constituante ». Désigner par voie « référendaire » le président de France Télévisions, voici effectivement le problème majeur de l’heure !
Comment ne plus s’étonner, dans ce contexte, de la salade de Mélenchon lorsqu’il déclare, au sujet du PS : « Là, il va falloir que Martine Aubry explique pourquoi elle est différente de François Hollande et François Hollande devra dire ce qu’il pense de Montebourg, qui parle quasiment avec mes mots » ?
Enfin, au sujet de Marine LE PEN et du Front National : « Nous revivons une figure classique de l’Histoire. Il y a une grande crise économique et le FN remplit la fonction habituelle des partis d’extrême-droite, c'est-à-dire contester à la Gauche le terrain populaire (…). Mme LE PEN peut progresser si elle prend le leadership de la Droite et si la Gauche est assez stupide pour continuer à proposer du cosmétique pour réparer les malheurs du monde ». Mélenchon oublie ce qui se passe en Espagne, du côté notamment de Madrid où la jeunesse espagnole rejette le « PPSOE », c'est-à-dire la variante locale de l’UMPS, la fausse alternative entre la Droite espagnole (PP) et les « socialistes » du PSOE. Il sait très bien que si le Front National disputait le leadership de la Droite à l’UMP ou en devenait un simple supplétif, il recevrait immédiatement le baiser de la mort comme jadis le fit le parti de Mélenchon, quand Mitterrand roula dans la farine le PCF.
Plus que jamais les propos de Mélenchon sont de nature à conforter le choix simple qui se pose au Français, notamment en 2012 : soit on continue la même tambouille avec les mêmes, « Constituante » ou pas, soit on remet les pendules à l’heure, en remettant la Nation au centre de tous les enjeux. Il appartient, dès lors, au Camp national, d’apporter un ensemble de propositions cohérentes susceptibles de démasquer tous ces porteurs d‘eau au Système, dont Mélenchon n’est que le trublion.