Une commémoration aberrante
par libre&consciente
mardi 15 juillet 2014
Un détournement de l'Histoire à des fins (ou des défunts) de la propagande patriotique et de l'apologie guerrière
Ce matin, j'ai eu un choc en écoutant les commémorations des médias français fêtant tout à la fois le 14 juillet et le centenaire de la guerre 14-18.
En ce jour doublement funeste dans l'histoire des français, les journalistes célèbrent la Patrie : Vive la France, vive le patriotisme des poilus français, partient la fleur au fusil défendre leur pays !
Quelle infamie de profiter de cette double commémoration pour exhorter le sentiment patriotique nationaliste et faire l'éloge de la guerre et de ses atrocités !
Tous ces corps mutilés, ces gueules cassées, ces rêves et ces espoirs sacrifiés et ces âmes torturées pour cette soit-disant Patrie sanguinaire n'auront donc servis à rien !
Le 14 juillet n'est pas une fête patriotique. C'est le jour de la prise de la Bastille par les révolutionnaires français, le jour de la victoire du progrès social, le jour de la victoire de la lutte des paysans opprimés sur les propriétaires terriens, ces derniers défendant leurs petits intérêts de castes privilégiées et leurs dominations sur le reste de la population française qu'ils soumettent à une existence de misère et de travail aliénant jusqu'à la mort. Le jour où pour reprendre les paroles de La Marseillaise, le sang impur des propriétaires terriens et des aristocrates de père en fils abreuvent les sillons des révolutionnaires, des paysans va-nu-pieds. Le jour de gloire est arrivé pour la lutte des classes marquant un tournant décisif dans l'histoire du progrès social humain.
Et la Première Guerre Mondiale, quel progrès social porte-t-elle dans ses entrailles ? Quelle victoire sociale ces soldats ont-ils gagné en abreuvant de leur sang ces maudites tranchées ?
Dans les faits historiques, matérialistes et objectifs, la Première Guerre Mondiale n'est pas une guerre pour le progrès social. Non. Bien au contraire, c'est une guerre pour étouffer le progrès social. En effet, suite aux révolutions industrielles, aux évolutions technologiques, le travail et sa force s'animent de nouvelles revendications. Le communisme se répend dans les consciences de la classe ouvrière et porte celles-ci vers de nouveaux horizons économiques et sociales. Mais les empereurs et les propriétaires des industries ont peur et tremblent, une fois de plus, de perdre la face, face à la montée de ces nouveaux rêves d'égalité. Alors ils vont monter de toutes pièces cette guerre de tranchées pour étouffer la nouvelle clameur révolutionnaire qui s'élèvent dans les chaumières des ouvriers, les envoyant ainsi au sacrifice pour préserver les intérêts d'une poignée de privillégiés dissimulés derrière la défense de la Patrie.
Cette double commémoration ne devrait donc pas être une éloge de la Patrie et de la guerre mais bien plutôt l'éloge de la Révolution, de la lutte des classes et du progrès social. Les Historiens et les journalistes seraient-ils donc touchés d'une amnésie ? Refouleraient-ils les faits historisques, matérialistes et objectifs pour les intérêts de leurs propres castes privilégiées et dominantes au détriment des générations naissantes et de la formation de leur conscience politique et historique ?
En 2014, 100 ans après cette guerre d'abomination, les poilus ont tous disparus. Ils ont emporté dans leurs tombes les atrocités qu'ils ont vécues dans les tranchées. Leurs dernières preuves historiques comme leurs lettres du front ont toutes été remaniées par la censure de l'époque et actuellement les médias, les castes intellectuelles détournent l'imnomable sacrifice humain de cette guerre pour transmettre un message qui exhorte à la guerre et à l'intolérance entre les Patries.
Ne jouons pas leur jeu, ne devenons pas la chair de leurs canons, rappelons-nous de la clameur des révolutionnaires de 1789 (« A ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates, on les pendra ! ») et rappelons- nous le sacrifice forcé de tous ces poilus qui ont souffert dans leur âme et dans leur chair et jusqu'au péril de leur vie, pour sauver les intérêts de ces quelques castes privillégiées (Monarches, Empereurs, Industriels). Que leur renoncement à la liberté et à la vie ne serve pas de prétexte à une nouvelle guerre pour les élites mais serve à dénoncer la bétise humaine de ces dernières et pour qu'enfin sur leurs tombes puissent fleurir la victoire du progrès social au lieu des ronces de l'atrocité de la guerre.