Une commission d’enquête pour faire la vérité sur le vol MH17
par oscar fortin
mardi 22 juillet 2014
Le temps des accusations, tous azimuts, contre les miliciens indépendantistes prorusses et le président Poutin lui-même prend fin aujourd’hui même. Personne n’a, pour le moment, des réponses fondées sur les causes et les auteurs de cet écrasement du Boeing MH 17 de Malaysia Airlines. Les intérêts politiques ne peuvent assurer la crédibilité des accusations portées.
Nous avons encore en mémoire ces preuves irréfutables présentées par Colin Powell au Conseil de sécurité des Nations Unies pour démontrer que Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive. Il a fallu plus d’un million de morts et le démantèlement d’un pays pour réaliser qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive. Une erreur à ne pas répéter.
Hier, le 21 juillet 2014, le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni pour voter une résolution créant un comité international pour faire la lumière sur les auteurs et les causes de cette tragédie.
‘Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté lundi une résolution demandant un accès sécurisé et illimité au site de l’écrasement du vol MH17, et appelé à une coopération complète dans le cadre de l'enquête internationale.
Dans la résolution adoptée à l'unanimité lors de la réunion, les membres du conseil ont condamné "dans les termes les plus durs" l’écrasement du vol MH17 de Malaysia Airlines le 17 juillet dans la région de Donetsk en Ukraine, qui a coûté la vie à 298 passagers et membres d'équipage à bord.
Les 15 membres du conseil ont souligné le besoin "d'une enquête internationale complète, approfondie et indépendante concernant l'incident, dans le respect des directives de l'aviation civile internationale."
Exprimant leur vive inquiétude quant aux allégations selon lesquelles l'accès au site de l’écrasement serait insuffisant et limité, les membres du conseil ont demandé que toutes les activités militaires, y compris par les groupes armés, "cessent immédiatement dans la zone autour du site du écrasement" afin d'assurer la sécurité de l'investigation internationale.
La résolution demande "que les groupes armés qui contrôlent le site du écrasement et la zone avoisinante s'abstiennent de toute action pouvant compromettre l'intégrité du site de l’écrasement, y compris la destruction et le déplacement de l'épave, des équipements, des débris, des objets personnels, ou des dépouilles, et autorisent immédiatement un accès sécurisé, complet et sans entrave au site et à sa zone environnante" aux autorités d'enquête.
Tous les États et acteurs dans la région sont appelés par ailleurs dans la résolution à "coopérer entièrement dans le cadre de l'enquête internationale sur cet incident, en respectant notamment l'accès immédiat et sans entrave au site de l’écrasement".
Il faut espérer, maintenant, que les commentateurs des divers réseaux de communication se préoccupent davantage de la transparence des recherches et qu’ils aient la retenue nécessaire sur les potentiels auteurs de l’écrasement tant et aussi longtemps que cette commission d’enquête n’aura pas conclu ses travaux.
Il est important que les faits portés à l’attention du public soient fondés sur autre chose que des qu’en-dira-t-on de gouvernements, plutôt intéressés par des considérations politiques que par la vérité de ce qui s’est réellement passé.
Que les gouvernements mettent à la disposition de cette commission les photos satellites et radars qui montrent ce qui s’est vraiment passé dans le ciel d’Ukraine dans les minutes qui ont précédé la tragédie. La collaboration de ces gouvernements à cette recherche de la vérité démontrera leur bonne foi et, surtout, qu’ils n’ont rien à cacher.
Déjà, le ministère russe de la Défense a mis à la disposition des enquêteurs les photos radars prises quelques minutes précédant la disparition de l’avion malaisien.
Un des satellites des États-Unis était juste au-dessus de l’Ukraine au même moment de sorte que les images prises peuvent également éclairer les chercheurs de la commission d’enquête.
Le gouvernement ukrainien dispose quant à lui de toute l’information relative aux échanges entre les contrôleurs aériens et l’équipage du Boeing 777 de Malaysia Airlines. Il a également réponse aux dix questions qui lui ont déjà été posées par la Russie.
Les boîtes noires qui viennent d’être remises aux chercheurs de l’équipe envoyée sur place par le gouvernement de Malaysia apporteront également un éclairage important.
Que les gouvernements et les médias se fassent un devoir de respecter ceux et celles qui ont la responsabilité de faire toute la lumière sur cette tragédie qui a coûté la vie à 298 personnes. Laissons-leur la responsabilité de conclure cette enquête. Trêve à la manipulation et au lavage de cerveau.
Oscar Fortin
Le 22 juillet 2014