Une enseignante en conseil de discipline...
par rosemar
lundi 17 décembre 2012
L'histoire est, au fond, assez savoureuse : une enseignante du lycée technologique Pothier d’Orléans a été suspendue par le rectorat. Elle risque de passer en conseil de discipline : c'est, a priori, on le voit, un peu le monde à l'envers. L'enseignante est mise en cause pour des mots déplacés perçus comme discriminatoires.
Depuis la rentrée, les 26 élèves d’une classe de 1re STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), à majorité d’origine étrangère, se disent victimes de propos insultants de sa part.
Cette enseignante de 60 ans, agrégée, n’avait jusqu’au mois de septembre jamais enseigné dans des filières technologiques. Dès lors, ce professeur a dû découvrir tardivement, pour la première fois, un univers qu'elle ignorait totalement. A la rentrée, pendant une quinzaine de jours, elle avait d'ailleurs refusé d’enseigner devant cette classe.
« Lorsqu’elle a vu les noms qui figuraient sur la liste d’appel, elle nous a dit qu’elle avait le vertige », raconte Samir, un élève. « Elle disait qu’elle était trop diplômée pour nous », précise Nacira. Le 25 octobre, jour de l’Aïd, alors qu’elle constate l’absence de certains jeunes, elle aurait lancé aux autres : « Vive les fêtes religieuses, on est enfin tranquilles ! »
Certes, ces propos sont inadaptés de la part d'une enseignante, certes il est inadmissible de faire allusion à l'origine des élèves et de les stigmatiser...
Pourtant, quand on connaît tant soit peu les difficultés de discipline que peuvent générer ces classes, il n'était sans doute pas très subtil de les confier à une enseignante âgée, en bout de course qui pouvait éprouver des difficultés pour les affronter : il est vrai qu'il ne faut pas généraliser mais ces classes ont la réputation d'être agitées, même si ce n'est pas toujours le cas : beaucoup d'enseignants se plaignent de l'incivilité de certains élèves... et les sanctions à leur disposition sont souvent limitées...
Les cours ressemblent alors à des affrontements où il faut gérer bavardages, inattention, impolitesse de certains élèves.... Il faut aussi savoir se montrer indulgents dans la notation car ces jeunes sont souvent en difficulté de langue et il faut les encourager tout en exigeant un certain niveau : voyez un peu l'exercice d'équilibriste !
D'ailleurs la moyenne générale attribuée à la classe n'était pas du goût ni des parents, ni des élèves : 6,86 de moyenne de classe. En conseil, le 23 novembre dernier, le proviseur adjoint aurait demandé à l'enseignante d'ajuster sa notation.
Le métier d'enseignant réclame de s'adapter à toutes sortes de classes mais ce n'est pas toujours facile surtout quand on découvre une classe de STMG en fin de carrière !
Les lycéens ont alerté leurs parents qui ont écrit au ministre de l’Education nationale. Une enquête est en cours et l'enseignante passera peut-être en conseil de discipline ...
Nous attendons les résultats de l'enquête mais le métier d'enseignant est bien complexe : indubitablement ce professeur a eu tort de discriminer les élèves mais elle a pu être soumise aussi à des incivilités, à des impolitesses qu'elle n'a pas supportées....