Une nécessité et une priorité pour la France
par Virginie Votier
samedi 21 août 2010
Un groupe de cadres du Mouvement Démocrate rejoint Europe Écologie
En marge des journées d’été d’Europe Écologie, une dizaine de cadres du Mouvement Démocrate a annoncé aujourd’hui sa décision de rejoindre Europe Écologie. Dans une tribune intitulée « Une nécessité et une priorité pour la politique française », parue sur Le Post, le groupe annonce son retrait du parti de François Bayrou, constatant « l’incapacité de ce dernier à fédérer les citoyens dans une démarche d’engagement collectif et de changement ». Emmenés par Virginie Votier, ex-Déléguée Départementale du MoDem de Paris, les signataires du texte expliquent vouloir participer à « la refondation du système citoyen français et à la réussite de la conversion écologique de la France et de l’Europe ». Ils concluent en précisant ne « rien renier des convictions qui sont les [leurs] » et en estimant qu’ Europe Écologie est « la seule force politique qui, aujourd’hui, [leur] paraisse à même de rassembler au-delà de son camp lorsqu’il s’agira de faire ces choix déterminants pour notre avenir et de celui des générations futures ».
Plus que le système politique, c’est le système citoyen français qu’il faut refonder.
Dès lors, il s’agit, d’une part, de réaffirmer cet idéal républicain et, de l’autre, d’intégrer systématiquement une dimension sociale et environnementale à toute pensée économique pour l’ère qu’ouvrira la sortie de crise. Réaffirmer l’idéal républicain, c’est repenser le rapport à la citoyenneté et régler une bonne fois pour toutes, sans concession, toutes les questions que sont le cumul des mandats et des responsabilités, la retraite des élus ou encore la question de l’abstention et de la prise en compte du vote blanc. En outre, il faut offrir une place de choix au citoyen. Chaque citoyen est réputé égal à l’autre dans l’accès aux responsabilités.
Par-delà les aspects citoyens, il est aussi urgent d’intégrer une dimension sociale et durable à toute pensée économique nouvelle. Avec une limite conceptuelle préalable : on ne sortira pas du marché. Si la crise a pu faire espérer à certains que nous quitterions ce système, force est de constater que cette option est vouée à l’échec car l’économie de marché n’est pas morte.
Cela, c’est une nécessité sur laquelle théoriquement, personne ne devrait trouver à redire : le système citoyen refondé repose sur une social-économie réfléchie et vice-versa, dans un cercle vertueux. Mais dans l’accomplissement de cette nécessité, il est une priorité : réussir la conversion écologique de la France et de l’Europe.
Il faut agir en deux temps. D’abord, rassembler les citoyens autour d’une volonté partagée d’assurer la conversion écologique des modes de vie. Le défi est déjà en passe d’être relevé : l’évolution des comportements individuels face à l’urgence environnementale est intégré.
À partir de ce principe, c’est au niveau étatique qu’il faudra faire souffler le vent du renouveau.
Cette même conversion doit naturellement être envisagée à l’échelle d’une Europe forte, notamment dans le dossier de la politique énergétique et donc de la sortie progressive de l’ère du tout-pétrole. Il y a là une carte à jouer dans la redistribution des puissances à l’échelle mondiale : le gouvernement fédéral des États-Unis et la Chine rechignent à assumer la conversion écologique, par crainte de perdre leur puissance. L’Europe, elle, a tout intérêt à apparaître comme un contre-modèle, celui d’une puissance fondée sur une prospérité durable, d’autant plus qu’elle a participé précédemment aux dérives de la surconsommation. De là, l’Europe devra susciter un effet d’emballement auprès des puissances émergentes et in fine des autres géants récalcitrants pour le moment.
Plus que jamais, nous assumons cette priorité de conversion écologique ! Et pour répondre à cette nécessité de refonder le système citoyen français, nous avions fait le choix de participer à la création du Mouvement Démocrate. Malheureusement, trois ans plus tard, nous nous devons de constater que nous sommes loin de nos objectifs : effacement progressif des thématiques durables, appauvrissement de la doctrine démocrate en matière d’économie et d’institutions politiques, renoncement à l’idéal collectif d’engagement et incapacité à fédérer etc. C’est pourquoi, sans rien renier des convictions qui sont les nôtres, nous choisissons de rejoindre Europe Écologie, seule force politique qui, aujourd’hui, nous paraisse à même de rassembler au-delà de son camp lorsqu’il s’agira de faire ces choix déterminants pour notre avenir et de celui des générations futures.
Paul Delmas, Secrétaire Fédéral démissionnaire des Jeunes Démocrates de Paris
Kamel Hamdi, Membre démissionnaire du Bureau Départemental des Jeunes Démocrates du Val de Marne
Olivier Berruyer, Membre démissionnaire du Mouvement Démocrate des Hauts-de-Seine