Une relation sexuelle non consentie ! Quèsaco ?

par ddt99
mercredi 24 août 2011

L’information du jour est l’abandon des poursuites et des charges contre Monsieur Dominique Strauss-Kahn. Tout le monde a déjà tout dit et tout écrit sur cette affaire, aussi vais-je essayer d’avoir une autre approche de la décision qui vient de tomber ?

Je sais que des enjeux financiers et électoraux dictent certaines conduites aux États-Unis, mais la décision qui vient d’être prise par le Juge qui a suivi le réquisitoire du District Attorney de New York est à mon sens très grave, parce qu’elle remet en cause la notion même de justice pour tous.

À en croire tout le monde, parce que Madame Nafissatou Diallo a menti, elle n’est plus « un témoin crédible », cependant, il me semblait qu’elle n’était pas seulement un témoin de cette affaire, c’était aussi la victime présumée d’une agression et d’un viol, et sans jugement de ces actes établis, la justice n’en sortira pas grandi, car indépendamment de cette affaire, cette décision veut aussi dire :

1) Qu’une femme qui aurait menti antérieurement à des faits répréhensibles subit par elle, ne pourrait être considérée comme violée, agressée ou diffamée, etc., parce qu’elle ne serait pas crédible, au vu de sa vie atypique et hors norme, voire de « mauvaise vie ».

2) Qu’une relation non consentie, mais accomplie sous la menace ne serait pas considérée comme une agression ou un viol, si elle ou il est dénoncée a posteriori par une prostituée, une femme adultère ou toute autre femme qui aurait été une fois dans sa vie amenée à mentir, même si c’est pour la bonne cause, ou pour des raisons de vie ou de mort, etc.

3) Que c’est un appel au viol contre toutes les femmes qui ont une activité qui serait susceptible d’être sujette à caution et à l’impunité des personnalités qui les commettraient, discrètement, sans témoin directe, et donc sans preuve !

Considérant la montée en nombre des agressions et viols conjugaux (pour l'année 2007, les violences conjugales se chiffrent à plus de 47 500 faits constatés par les services de police et de gendarmerie, d'après l'Observatoire national de la délinquance) et certainement plus, si l’on considère que toutes les victimes n’ont pas osées franchir le pas, qui consiste à dénoncer leur agresseur.

Quel message adresse-t-on à toutes ces femmes ?  À qui paradoxalement :

-   D’un coté, on demande de se manifester et de dénoncer toutes ces violences subites, toutes ces agressions ou viols commis par des proches.

-   Et de l’autre on ne poursuit pas un homme important par « manque de preuves » et « manque de crédibilité » de la victime et non pas du témoin.

Mais alors, Monsieur le District Attorney, comment prouver ce qui se passe dans un huis clos, qu’il soit familial, public ou privé, comme cette chambre d’hôtel n° 2806, qui ne mettrait en scène qu’un agresseur et une agressée ?

Doit-on se déplacer en permanence avec une caméra braquée sur soi ?

Pour ensuite disposer d’une preuve par l’image, qui serait indiscutable et qui pourrait être présenté devant une justice qui oublierait alors d’être sélective.

Le sperme trouvé et tous les autres indices suffisent à prouver l’acte violent, de plus confirmé par une expertise médicale probante, et le simple fait que la présumée victime dit clairement que ce qui s’est passé n’était pas consenti était suffisant pour permettre à un jury de se prononcer. Après seulement, on aurait pu dire qui des deux étaient dans son bon droit. 

Avec cette décision, on donne une nouvelle définition à « une relation sexuelle non consentie » : c’est un présumé viol qui n’est pas condamné.

Monsieur le District Attorney et Monsieur le Juge avez-vous pensé à toutes les femmes qui seront victimes de prédateurs sexuels malins et/ou puissants ?

Cette décision restera longtemps comme une épine dans le pied de la justice, dont on ne peut prédire les conséquences immédiates, mais qui ne manqueront pas de se faire connaitre à plus ou moins long terme.

Et le plus grave est que toute la classe politique française, de gauche et de droite, se félicite de la décision qui vient d’être prise. Cette solidarité confraternelle est malsaine.

Pauvre France ! Pauvre Monde !

Lorsque des décisions comme celle-là sont prises, il n’est pas étonnant ensuite que des gens se fassent justice eux-mêmes, ni même qu’ils fassent des carnages par vengeance, etc.

Laissons le mot de la fin à Monsieur Martin Luther King, qui a dit :

« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier. »


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