Vacances accessibles !
par CHALOT
jeudi 27 avril 2023
Quand on habite une cité ou un village, que ses parents ont du mal à joindre les deux bouts, que fait-on durant les vacances ?
On reste à la maison, dans l'appartement ou autour à « glander » et à s'ennuyer.
Vivement la reprise de l'école ! On ne le dit pas, on ne le pense pas....quoi que !?
Il y a quelques années les services jeunesse des villes et les foyers ruraux organisaient pour leurs publics « défavorisés » des séjours de vacances à la montagne ou à la mer.
Professionnel de l'enfance-jeunesse j'ai pu accompagner il y a une vingtaine d'années des équipes et des villes en apportant mon éclairage et mon point de vue.
Pour moi il était important que les jeunes soient porteurs de leurs projets et que leurs séjours ne soient pas offerts.
Il est essentiel qu'ils puissent à la fois préparer leur séjour, en financer une partie, et à la fois être accompagnés par des animateurs formés.
Les résultats étaient positifs.
Malheureusement, par paresse ou par un souci électoraliste à courte vue des municipalités font du clientélisme : ils offrent des places d'animateurs à des jeunes de quartiers.
Et patatras, tout est à refaire.
Si les animateurs ne font pas l'affaire, la ville qui les emploie n'ose pas les remercier car il y a un risque de représailles.
Hier et même malheureusement maintenant, les grands frères sont recrutés !
Aujourd'hui, c'est un nouveau retour en arrière qui est effectué, l'âge d'entrée en formation BAFA est avancé d'un an.
A 16 ans, un adolescent peut, en entrant en formation encadrer des enfants.
C'est une catastrophe programmée !
Bientôt on aura des articles relatant des incidents dans des centres de vacances avec des animateurs débordés par des grands enfants ou des pré adolescents.
Il ne faut pas se faire d'illusions ; des organisateurs vont promettre de veiller à ce que les animateurs débutants ne soient pas laissés seuls devant un public « difficile » mais les promesses n'engagent que ceux à qui elles sont faites !
Comme je l'ai expliqué en formation de directeurs il y a plusieurs années : pour encadrer des jeunes issus des quartiers, il est indispensable de s'appuyer sur des animateurs professionnels diplômés.
Le BAFA n'est pas un diplôme professionnel !
Que va-t-il se passer cet été ?
Beaucoup d'enfants pauvres vont rester sur place car le nombre de séjours de vacances a diminué faute de moyens et les maires des villes et des villages vont craindre des désordres.
Je m'arrête là, je vais aller chercher mon petit fils qui passe son BAFA aux foyers ruraux ; il n'a pas trouvé de stage en internat donc c'est l'externat : le matin les stagiaires arrivent à 9 heures, mangent les sandwiches qu'ils ont apportés et repartent à 18 heures.
Aucune veillée du soir n'est prévue.
Ce sont les formations « nouvelles générations »....
Tout fout le camp et ce n'est pas de la faute des jeunes !
Jean-François Chalot