Vous avez-vu la petite moustache sous le nez de Mélenchon
par gruni
mardi 21 mai 2013
La presse des catégories "socio-professionnelles favorisées" aurait selon l'auteur d'un article publié sur Le Club de Médiapart, "une allergie viscérale à son encontre. Un processus sournois de diabolisation fait de Méluche le nouveau Le Pen". Le Pen père, car pour la fille le processus inverse est déjà engagé. L'auteur du texte André Gunthert, enseignant chercheur à l'EHESS, fait également remarquer certaines pratiques douteuses pour établir un rapprochement caricatural entre Mélenchon, Hitler et le Duce, ceci par l'image seulement.
Le camarade qui signe cet article et qui désigne le leader du Front de gauche par son petit nom bien sympathique de "Méluche" est-il un mélenchiste convaincu, ou bien plus simplement un observateur impartial des dérives d'une presse qui aurait pour objectif de diaboliser un dangereux opposant à la pensée qui devrait-être selon elle, universelle, celle de Bruxelles.
Selon l'auteur d'un texte que l'on pourra interpréter comme pertinent ou orienté en faveur de la réincarnation d'un nouveau Georges Marchais, par son talent d'orateur en tout cas. Les journaux nationaux "du Point à Libération en passant par Le Monde" seraient uniquement dans la dénonciation des outrages, des excès de langage voire des "intimidations" de Mélenchon. Sans jamais analyser objectivement le fond de son projet. Sa colère, sa fureur et son langage cru et dru serait le signe d'une dérive fascisante.
Les journalistes sont parfois plus extrémistes que les extrêmes, ou que la réincarnation d'Arlette Laguiller en Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière, qui prétend que "croire en Mélenchon serait aller d'illusion en illusion". Qu'il est loin le programme commun de la gauche, d'ailleurs vite oublié par Mitterrand, d'une gauche qui aurait toujours plutôt tendance à cultiver ses divisions qu'une union qui paraît impossible tellement les divergences sont profondes.
"Malpoli = nazi ?", Mélenchon le poing levé, l'usage du noir et blanc avec peut-être un filtre rouge pour effets spéciaux sur l'objectif pour accentuer l'aspect dramatique du cliché. L'auteur souligne "l'outrance de l'amalgame et la perfidie de l'argument".
Pourquoi Le Monde ne complète-t-il pas le tableau avec les portraits de Staline et d'autres figures du totalitarisme, il faudra poser la question à ce journal prétendu de référence.
La diabolisation médiatique de Mélenchon ressemble bigrement à celle d'un autre tribun fondateur du FN. Ce qui n'a pas empêché Jean Marie Le Pen d'accéder au deuxième tour de la présidentielle 2002. Les journalistes semblent avoir la mémoire courte, car il est bien improbable que les médias souhaitent une contagion dans l'opinion des idées du Front de gauche, un forme de mélenchonisation des esprits, tellement la détestation réciproque entre la presse et Mélenchon est évidente et probablement durable.
Pourquoi le FN de Marine Le Pen a-t-il plus les faveurs des électeurs que Mélenchon dans les urnes est une autre question, à laquelle l'auteur ne répond pas. Les mélenchistes ont certainement une opinion sur la question.