merci, Perseus, merci aussi à d’autres aimables commentateurs.
Le « pshitt » malodorant, en effet, c’est de la même veine...
Certains voulaient, en hiver, héberger de force en centres les personnes sans domicile ; les camps sont par conséquent une perspective effrayante mais non pas absurde à imaginer. Il suffirait au pouvoir en place à descendre encore un peu plus bas l’échelle de l’inhumanité...
La nature humaine est bien de ne pas en avoir, étant donné que la nature humaine, c’est la culture. Et celle-ci n’est pas une donnée biologique. Par conséquent, l’ordre de notre monde n’est pas une fatalité ; il peut être modifié s’il s’avère qu’il produit en masse inégalités profondes, souffrances, exploitation.
L’empathie, oui, c’est probablement la qualité humaine la plus précieuse. Se représenter le monde mental de l’autre, ses sentiments, l’impact que notre conduite, nos propos ou notre indifférence, peuvent avoir sur lui. La compassion ne suffit pas.
Merci, Dominique, je ne manquerai pas de visiter votre blog.
Heidegger, oui, intéressant par sa pensée mais tout autant par les critiques qu’on peut lui faire... !
Oui, vous avez raison, c’est un ouvrage important. Mon texte traite cependant moins ce qu’est "penser la mort", que "penser à la mort" ou "désirer la mort". Mais conceptualiser la mort, qui ne nous concerne pas en tant qu’objet, puisque nous sommes vivants, mais seulement en tant qu’idée, est évidemment un thème philosophique majeur.
Merci à tous d’avoir si bellement prolongé et enrichi ma réflexion. Je me retrouve dans la plupart de vos propos. Oui, ce dessin est de mon fusain.
Alors tant mieux, mon but est atteint...
Merci, Marsupilami, et merci pour la précision, mais puisque l’état de la matière dépend des mesures répétées effectuées par l’observateur, en raccourci il n’est pas faux de dire que l’état de la matière dépend de l’observateur.
Je ne sais pas si on peut dire que la mort est l’inverse de la vie. La mort est le passage de l’existant au rien. Dans notre corps, meurent tous les jours des cellules, ce qui nous permet de continuer à vivre. Mais en tant que propriété émergente du cerveau, la conscience de soi dépend forcément de l’état des cellules de la dite matière. Une fois qu’elles sont mortes, que voudrait-on qu’il subsiste de nous, hors des souvenirs dans la conscience de quelques autres ?...
"Enfouir cette épée de Damoclès dans l’inconscient le plus profond", c’est justement ce qui me semble inutile et néfaste. La souffrance est obscène, la mort d’un jeune être est injuste ; mais l’idée de notre mort doit se concevoir avec un effort de courage. Chacun se débrouille comme il peut, assurément, avec la certitude de sa fin ; et tant que cela ne déborde pas dans le domaine public et ne devienne pas un vecteur de pouvoir, on peut comprendre que croire à une quelconque entité supranaturelle soit un outil contre la peur - même si à titre personnel, je considère la religion comme une aliénation mentale.
Sans tomber dans un attrait morbide, inviter la pensée de la mort dans son quotidien permet d’en chasser peu ou prou la futilité, et de faire justement plus de cas de la mort et de la souffrance d’autrui.
Le suicide poussé par une immense douleur, quelqu’elle soit, est totale désolation. Mais le suicide comme choix philosophique est somme toute assez séduisant à un premier abord ; le geste n’est cependant pas exempt de bravade à destination des vivants, et ne peut s’apparenter à un véritable acte de liberté. En mourant, on ne se libère pas ; la liberté, le repos, sont des concepts pour l’esprit et la chair, pas pour la chose que l’on devient.
Le "point d’assemblage", oui, ni aveuglement ni désespoir, meilleure position existentielle pour produire du sens, c’est tout un art de vivre...
Merci beaucoup, John Lloyds, votre commentaire me touche.
Grand merci, généreux commentateurs.
Désormais, lorsque je donne des sous à quelqu’un dans la rue, j’essaie toujours de donner aussi autre chose : un bonjour, un sourire, un mot d’encouragement, un pain au chocolat acheté à la boulangerie du coin. C’est important...
Au-delà de ça, il est évident que le remède à la misère est politique...
Merci beaucoup, fergus.
Oui, on peut assurément comprendre la réaction que vous citez. C’est pourquoi l’empathie doit se vêtir de délicatesse ; la pitié est lourde, la chaleur et le sourire plus légers.
@ jobouthemy. Non, pas besoin de style pour ressentir de l’intérêt. C’est cette réalité qui parle, et le langage est son vecteur. On ne peut mettre artificiellement du beau ; le beau est dans le geste de tendresse plus que dans son récit. Et non, pas d’accord, témoigner de l’empathie et de la tendresse, ce n’est jamais dérisoire.
La situation des SDF est encore plus scandaleuse que laide. La laideur siège par contre à son aise en Balkany (merci pour ce lien, roger), une bien répugnante laideur morale...
Merci Lisa Sion 2, votre commentaire me touche beaucoup.
Corps et esprit, nous ne sommes qu’un, en effet. Le malheur se tatoue dans nos chairs...
Merci pour la découverte de ce peintre que je ne connaissais pas. C’est un univers riche, et interprétable de bien des manières. Chacun peut probablement y apporter son désenchantement, sa poésie ou son humour, ou tout à la fois...
Vous avez raison en effet. C’est pourquoi je pense que ce sont des étapes qui ont leur importance, mais il s’agit bien d’étapes. Nous ne sommes pas arrivés au bout de ce chemin-là.
Le principe du "Eux" et du "Nous", c’est un sous-texte archaïque (un "arché-texte" le nomme Nancy Huston dans son essai "L’espèce fabulatrice"), qui doit dater de l’époque où nous vivions dans nos cavernes : tout ce qui n’était pas Nous, notre petite tribu, c’était Eux ; on s’en méfiait, on échangeait cependant, sans quoi nous ne serions pas là. A partir de là, on peut estimer qu’on peut évoluer, et considérer que nos véritables différences et disparités sont justement de la culture et pas le code ADN de notre couleur ou autre caractéristique physique.
Lisez mieux, je vous prie. C’est justement une certaine forme de ce que vous appelez le racisme inconscient que je pointe du doigt. Différences de couleur, et alors ? Quid réellement de ces différences-là ? Fait-on réellement des communautés avec des couleurs ? Quel rapport par exemple entre Obama et un bushman ?... Personnellement j’ai une peau super claire avec des tâches de rousseur et j’attrape des coups de soleil à travers deux tee-shirts, un parasol et trois centimètres d’épaisseur de crème, et alors là je deviens écrevisse ; est-ce que j’ai envie de faire une communauté avec les gens qui ont la même caractéristique ?...! J’espère simplement qu’un jour le nuancier de couleurs de nos épidermes nous apparaître à tous comme parfaitement banal et porteur d’aucune source de souci.
Merci pour vos commentaires, JL, gaiaol et asinus, qui me semblent bien exprimer les nuances et prolongements possibles de mon point de vue.
Vous semblez bien amer et j’en suis désolée pour vous. Heureusement, peine et regrets finissent par se lasser aussi, vous le savez probablement...
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