"Vous y trouverez un article d’Etienne Balibar sur la notion de race dans la Constitution."
C’est une opinion respectable. Mais pas plus convaincante qu’une autre. Charger le mot "race" de toutes les horreurs héritées d’un passé proche, et de ce fait, le laisser comme une barrière contre les excès ne me paraît pas sérieux. Ainsi, il faudrait garder le mot "race" car le texte de la Constitution doit "nommer ce qu’il exclut" ? Ceci revient à dire que, si on enlève le mot, on efface les atrocités commises à cause du mot, qu’on court le risque de voir disparaître la culpabilité collective, la "repentance". Rien n’interdit de parler de la politique raciste de l’Allemagne hitlérienne, alors que la notion de "races" serait abolie. Nous voyons bien que les mentalités évoluent et la description des "races" dans les manuels d’histoire de l’entre-deux guerres paraît parfaitement odieuse à un esprit de la fin du XX° siècle.
Franchement, je ne vois pas ce que le fait de conserver ce terme pourrait apporter de plus, et l’opinion d’Etienne Balibar ne met pas un terme à la discussion.
"""Un salarié qui fait ce pour quoi il est payé avec conscience et respect de ses collègues ne gagne-t-il pas son revenu "proprement" ?"""
Et cela est-il également valable lorsque l’employé est "payé" avec des queues de cerises, bien qu’il fasse correctement le travail pour lequel il est payé ? Le respect, c’est bien beau, mais ça n’a jamais aidé à faire bouillir la marmite.
Voilà bien une idée parfaitement catho : fais ton bouleau avec conscience (soumission ?), sois respecté de tes collègues et tu seras "propre". Permettez-moi de vous dire que c’est franchement nul et que tous les mouvements ouvriers ou insurrectionnels du XIX° siècle ont été menés par des "gens" qui ne portaient pas dieu dans leur coeur.
Si l’église catholique n’avait pas fondé de mouvements ouvriers ou paysans au début du XX° siècle, elle n’aurait plus de clients à l’heure actuelle. Comme quoi l’église est bien contrainte de s’adapter à une société, mais qu’elle est inopérante lorsqu’il s’agit de la changer, de l’intérieur.
Pas du tout : il s’agit de mettre les textes nationaux en conformité avec le droit international, ce que la droite aurait dû faire depuis longtemps (1978).
""Est ce que supprimer le terme va supprimer le sentiment de racisme ?"
Tout comme la suppression du mot "fasciste" ne fera pas disparaître l’idéologie. Mais elle aura le mérite de désigner un phénomène bien précis.
Dans le même ordre d’idée, on pourrait se demander si la notion de "génocide" va disparaître. Selon la rédaction actuelle de l’article 211-1 du Code pénal, non.