« Un homme physiquement quelconque pourra être vu séduisant par bien des femmes au volant d’un véhicule de luxe et une femme pauvre mais physiquement attirante aura plus de chances d’évolution sociale qu’un homme pauvre mais physiquement favorisé.. »
Reconnaissance par l’argent et le pouvoir pour l’homme et par le corps pour la femme. Mais pour bien des hommes, contrairement aux femmes, l’âge n’est pas un obstacle pour séduire (même si on commence à lui faire croire le contraire dans les nouvelles pubs pour soins anti-fatigue et toutes ces conneries qui font le bonheur des métrosexuels, tu parles !).
Mais est-ce vraiment l’homme quelconque qui est vu séduisant dans sa voiture de luxe ou le luxe ?
Alors qu’une femme quelconque ou d’un certain âge aura plus de mal à attirer des hommes qui lui plaisent même avec une voiture de luxe, elle attirera probablement des gigolos pour s’amuser de temps en temps mais pour le long terme y aura pas grand monde alors qu’un vieux monsieur même moche mais pété de tunes pourra plus facilement contracter un mariage avec de jolies jeunes femmes et qui plus est c’est moins choquant pour la société que quand il s’agit d’une femme.
« est-ce que le malaise, de façon générale, n’est pas : quelle est vraiment la place d’une femme dans cette société ? »
Le malaise dont je parlais n’est pas forcément lié à la place d’une femme dans cette société mais les doutes qui nous envahissent et l’image idéale que l’on donne comme modèle à la femme d’aujourd’hui dans notre société accentuent le malaise quand il y a malaise. Quand on doute de soi, qu’on a pas confiance en soi ou quand on a été fragilisée c’est plus facile de s’attaquer au physique à ce qui est apparent en croyant que c’est de là que vient le problème.
« Si elle ressemble à un mannequin anorexique, c’est une déesse, elle vas être admirée par tous les hommes qu’elle verra, elle va en épouser un plein aux as et se fera bronzer aux Sechelles jusqu’à ce qu’une plus jeune l’éjecte du niz conjugal. »
Ici la déesse c’est celle qui arrivera à garder la ligne, dans un autre pays comme la Mauritanie la déesse c’est celle qui aura le plus de bourelets parce que c’est la norme là-bas. La faute à qui ? Aux femmes pour qui la reconnaissance passe par le corps. Ou la faute aux hommes qui peuvent conforter les femmes dans cette idée.
"Si elle n’y ressemble pas, c’est un boudin méprisé que personne n’écoute, que l’on bouscule dans la rue et à qui ont fait la grimace lorsqu’elle vous tend votre ticket derrière la caisse du supermarché.
Et vous vous demandez pourquoi elles essayent de maigrir ? ?"
Le problème c’est qu’on est à la fois victimes et responsables de tout ça.
Pourquoi les femmes se maquillent-elles ? Pourquoi elles martyrisent leurs pieds avec des talons aiguilles ? Pourquoi font elles des régimes quand ce n’est pas nécessaire ? Pour plaire ? On a alors une image de femme qui doit souffrir pour plaire (il faut souffrir pour être belle) ou du moins c’est ce que la plupart des femmes pensent. A l’extérieur tout va bien elle est fine, mignone, jeune, classe, glamour, etc... Elle séduit. A l’intérieur c’est pas toujours très beau à voir, mais on sauve les apparences c’est ce qui compte le plus dans cette société : l’apparence.
Quele est vraiment la place d’une femme dans cette société ? Je ne sais pas.
Je crois que les témoignages de jeunes femmes anorexiques ou ayant été anorexiques ont plus d’impact et sont beaucoup plus parlant que des images. En regardant l’affiche ont peut ressentir de la pitié pour cette jeune femme, du dégoût pour ce corps trop maigre, mais on ne comprend pas, on n’a pas d’histoire on ne voit pas forcément la détresse qu’il y a derrière. On pourrait presque penser que l’anorexie finalement c’est du à un caprice de jeune fille qui aurait voulu ressembler aux mannequins des magazines alors que les raisons qui amènent à être anorexique sont multiples et ne sont pas forcément liées au départ à une envie de maigrir. C’est une maladie mentale et on a parfois tendance à l’oublier car ce que l’on voit le plus souvent de cette maladie quand on ne l’a pas cotoyé, c’est les conséquences à savoir la perte de poids et la maigreur, le côté physique, pas ce qui était là avant. Même si pour certaines jeunes filles au départ c’était pour être moins ronde et que finalement ça a dérapé parce qu’elles n’ont pas pu contrôler, pour d’autres c’est un moyen de se détruire, de mourir, parce qu’il y a un malaise profond à l’origine.
Y avait une fille dans ma classe quand j’étais au lycée, super gentille et forte. Au début de l’année j’ignorais qu’elle avait été anorexique peu d’années avant. A chaque fois qu’on allait déjeuner à la caféteria elle prenait un peu de carotte rapée sans sauce avec un petit bout de pain, on ne comprenait pas, puis elle nous a raconté son histoire, super émouvante. Elle a perdu son père alors qu’elle entrait dans l’adolescence (première épreuve), ensuite sa mère s’est remariée avec un type qu’elle détestait (2ème épreuve). cette fille était très mignone et adorait la photo, elle nous a d’ailleurs montré un de ses books, des photos qu’elle a faites alors qu’elle commençait tout juste à reprendre goût à la vie. A cause de sa fragilité psychologique un jour elle s’est trouvé trop grosse et elle a commencé à perdre du poids très vite, pour changer, pour ne plus être celle qu’elle était au moment où ça allait mal dans sa tête. Ca a été l’engrenage elle ne contrôlait plus rien et est tombée dans l’anorexie, quelques temps après elle a du être hospitalisée et on l’a mise sous perfusion. Elle a réussi à s’en sortir grâce à sa détrmination et grâce à un homme qu’elle a rencontré. Elle a quitté la formation qu’elle suivait en BTS pour faire des études en pharmacie. J’ai eu des nouvelles d’elle un an après par hasard, on l’a rencontré, une amie et moi, dans la rue alors qu’on sortait du lycée et elle nous a annoncé qu’elle était super heureuse et qu’elle allait se marier. Ca nous a fait super plaisir, malheureusement toutes les filles qui deviennent anorexiques ne s’en sortent pas aussi bien.