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abelard

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  • Premier article le 29/09/2012
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Derniers commentaires



  • abelard 10 octobre 2008 11:30

    Youpiiii !!!
    Je signe à deux mains, chère monolecte.
    Que les responsables prennent leurs responsabilités ! Comme l’ânonne si bien le nain putride, sans se rendre compte qu’il devrait démissionner sur le champ en remboursant ses 120% d’augmentation.

    Ne nous laissons pas avoir une fois de plus par la peur. Demandons des comptes puisque c’est nous qui payons.
    Et méditons avec la voix de Karl Kraus :

    "Ce qui rend nos grandes horreurs si insupportables est le fait que la responsabilité en incombe à des exemplaires d’humanité si minuscules".



  • abelard 3 octobre 2008 19:01

    @ Gazi

    Je partage votre méfiance en ce qui concerne les valeurs légèrement moisies de madame Barguillet Hauteloire. Regretter que le cinéma actuel se vautre dans la fange de  : "Lhomosexualité, les familles recomposées, l’union libre, la drogue, l’illetrisme et j’en passe..." relève de la foutaise morale et surtout de la méconnaissance totale du cinéma.
    Mais vous faites aussi la même erreur. Pensez-vous vraiment que le cinéma d’avant 1973 était politiquement correct avant l’heure pour cause de censure virulente ?

    Prenons les thèmes détestés par Madame Barguillet, Hauteloire :

    L’amour lesbien :
    "Quai des orfèvres" HG Clouzot 1947. Le film repose entièrement sur un amour lesbien manipulé et toujours déçu. Avec cette splendide réplique de Louis Jouvet à Simone Renant : "Vous êtes un type dans mon genre, vous n’aurez jamais de chance avec les femmes".

    Les familles recomposées :
    "Pension Mimosas" Jacques Feyder 1935. Où la mère d’un enfant recueilli tombe amoureuse de ce dernier allant jusqu’à provoquer sa mort par jalousie.

    L’alcool :
    Les films qui en traitent sont légions. Pensons seulement à "Un singe en hiver" Henri Verneuil 1962...

    Le jeu :
    Pas moins de trois adaptations du "joueur" de Dostoievski, dont celle d’Autant-Lara en 1958 avec Gérard Philippe. Evidemment le jeu figure dans de nombreux autres films, il s’agit juste d’exemples.

    Les boites de nuit :
    Il y a pléthore, je pense particulièrement à "Du rififi chez les hommes" Jules Dassin 1955 comportant une scène hallucinante de "punition" d’une hotesse de boîte de nuit à coups de ceinture.

    Je ne veux pas donner de leçon de cinéma, mais simplement faire comprendre que la mauvaise qualité du cinéma actuel n’est pas due à l’exploitation de ces thèmes (ils ont été traités en France depuis les débuts du cinéma) mais au contraire à la façon honteuse et mollassonne avec laquelle ils sont désormais abordés.
    Car depuis 1973 si la censure a disparu, c’est l’autocensure qui triomphe et elle est bien plus redoutable et efficace.

    En regardant un cinéma qui m’est cher, la comédie italienne de la grande époque, je suis à chaque fois ébahi et nostalgique de tout ce que les auteurs en liberté pouvaient se permettre à l’époque.
    Croyez vous, par exemple que l’on oserait tourner ce sketch des "Nouveaux monstres" Dino Risi 1977 (zut j’ai un peu dépassé la date prescrite) où un couple passe un casting devant un producteur et où l’on finit par comprendre qu’il s’agit de faire baiser leur petite fille par un singe ?
    Pensez vous qu’aujourd’hui on tournerait "Casanova 70" Monicelli (1965) dont le thème est : "Un homme qui ne peut bander que lorsqu’il se met en danger de mort" ?
    Et "Pain et Chocolat" Franco Brusati 1973 mettant en scène dés l’ouverture l’assassinat d’une petite fille par un prêtre (je précise qu’il s’agit d’une comédie dramatique) ?

    Il est bien là le problème : les sujets ne sont plus traités avec énergie, ils ne sont au mieux que de l’épate bourgeois à deux balles.

    Quant à ceux qui pensent qu’un acteur, aussi bon soit il, fait un film, je dirais qu’ils se fourrent le doigt dans l’oeil. Un grand rôle, c’est la rencontre d’un beau personnage avec un bon comédien. Louis Jouvet avait beau être un très grand comédien, ça ne l’a pas empêché de faire des navets simplement parce que son rôle étant mal écrit il n’avait rien à défendre.




  • abelard 2 octobre 2008 21:22

    Bon d’accord, le cinéma français est dans un triste état.
    Je partage entièrement votre constat, je serai même tenté d’être plus violent que vous car vous avez oublié le "cinéma d’auteur".
    Mais si, vous savez, ce cinéma des Desplechinlarieuxhonorébonellobonitzer et consorts. Celui qui ne rapporte même pas de quoi payer l’impression des affiches mais que les critiques nous présentent comme le seul 7ème art possible ! (a ce jour, le nouvel opus d’Honoré "La belle personne" n’a toujours pas atteint les 50 000 entrées France malgré de très bon papiers un peu partout).

    Mais après l’état des lieux, il convient de cerner les responsabilités :

    Le financement :
    Il est clair que la télévision n’a pas à décider de l’avenir du cinéma. Comme le fait remarquer un internaute sur ce fil, cela revient à transformer les films en téléfilms. En effet, pour débloquer les financements les chaînes demandent aux films de cinéma d’avoir des castings "bankable" (en gros Jean Dujardin ou Jamel) et surtout de ne pas être "segmentants" (c’est à dire incisifs). Cela fait monter le cachets d’une minorité de comédiens "indispensables" et produit des films aussi gouteux qu’une soupe aux navets.
    Côté "cinéma d’auteur" c’est encore pire : le CNC ne finance que des films d’auteurs-réalisateurs ( et sans doute bientôt d’auteurs-réalisateurs-comédiens-chefs opérateurs-décorateurs-musiciens histoire de soigner les ego boursouflés de quelques crétins qui se prennent pour des artistes inspirés) et surtout que des films de copains. Pour présenter l’avance sur recette, il vaut mieux passer du temps avec le président de la commission plutôt que de travailler son scénario.

    La production :
    Comprenez bien que pour un producteur "modernisé", le succès d’un film en salle est absolument annexe. Vu qu’il ne met pas un fifrelin dans l’affaire, qu’il a vendu ses parts de production dés le départ, il se fout absoument de savoir si le film aura ou non du succès. Il se moque donc éperdument du sujet, du point de vue, du scénario... L’important est d’avoir un "gros casting" qu’il pourra faire miroiter aux chaînes de télé. Pour un producteur, la marge bénéficiaire est incluse dans le budget du film. Il a donc tout intérêt à produire des films très chers sur lesquels il gagnera de quoi faire marcher sa boîte pendant quelques années avant même le premier jour de tournage.
    Pensez vous que le fils Berri ait perdu de l’argent avec Astérix ?

    La réalisation :
    Séparée en deux parties. D’un côté des artisans souvent honnêtes mais sans génie. De l’autre des génies qui réinventent l’eau tiède à chaque tour de manivelle.
    Mais des deux cotés la prétention "nouvelle vague" à être les seuls maîtres à bord d’un projet pourtant défini comme "oeuvre collective". Le cinéma français à genoux devant l’auteurisme est conçu pour convenir à Welles, Fellini, Pasolini, Bunuel, Ozu... Mais ne fait que bégayer les inepties d’Assayas ou les aigreurs de Desplechin.

    Les comédiens :
    Malgré la foire aux "bankable" il n’y a pas un seul comédien en France susceptible de garantir un succès en salles. Le temps des Belmondo, De funès et autres Ventura est terminé. Tout le monde le sait, mais personne n’en convient. Les cachets ont enflé de façon astronomique ces dernières années : les comédiens à la Dujardin en profitent, les autres meurent.
    Côté comédiens de films d’auteurs (certain en font profession genre Amalric) c’est la catastrophe. Ils ne jouent plus, ils cabotinent en prenant des mines de chiens battus. Si vous passez par Cannes au moment du festival payez vous une pinte de bon sang en observant ces tocards dépenaillés et arrogants et comparez les aux acteurs américains disponibles et souriants.

    Les scénaristes :
    Les quoi ?
    Tués par la nouvelle vague, le scénario a pratiquement disparu en France. Toute la tradition française en ce domaine a été détruite pour faire place à la caméra stylo et l’inspiration de "l’auteur-réalisateur", les comédiens se chargeant souvent des dialogues (d’où l’afflux de "Ben, Euh, j’veux dire etc...").
    Pas de scénariste veut dire : pas de personnages, pas de sujets, pas de fond, pas de rythme...

    Ah tiens, c’est exactement ce qu’il manque au cinéma français...



  • abelard 2 octobre 2008 19:06

    à l’auteur de l’article,

    Je suis tout à fait d’accord avec vous. Tant que le droit de construire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment est dénié aux citoyens il n’y a pas de véritable liberté en ce bas monde. L’état est donc pleinement responsable !

    Mais je vous trouve un peu timoré dans vos analyses.

    Quant à moi je propose une théorie complémentaire à la votre découlant du même esprit : Le problème vient de l’interdiction étatique et crypto-bolchevique du libre et sain commerce des organes humains.

    En efffet, une famille de débiteurs incapable de rembourser son emprunt "subprime" devrait pouvoir échanger sa dette contre ses avoirs organiques.
    En excluant le foie (les pauvres sont tous alcooliques) on devrait pouvoir tirer un bon paquet de dollars des yeux, du coeur, des reins de l’endetté ainsi que des ovaires de sa femme. Les bébés pouvant fournir à moindre coût des cellules souches commercialisables.

    La crise financière mondiale n’est donc encore une fois qu’une démonstration des nuisances de lois étatiques liberticides.

    PS : J’ai réfléchi à une rentabilisation des débiteurs insolvables par combustion dans les chaudières du chauffage urbain. J’ai du renoncer à ce vaste projet, pourtant aussi pertinent que votre analyse, piégé par les lois stupides concernant la réduction des gaz à effet de serre. La très sainte initiative individuelle est toujours malheureusement découragée...



  • abelard 23 septembre 2008 01:35

    Un article magnifique, bravo !
    Intelligent de bout en bout, superbement écrit.

    Je suis moyennement fana de la petite phrase qui vous disculpe d’une quelconque adhésion à la "théorie du complot". Je trouve cette expression malheureuse : complot il y a eu dans tous les cas. Complot islamiste ou ... autre complot.

    Mais des textes de cette qualité font vraiment du bien, merci.

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