Puisque vous insistez lourdement, voici quelques extraits des
mémorandums et câbles diplomatiques concernant des promesses informelles faites
aux russes contre l’élargissement de l’OTAN.
This U.S.
Embassy Bonn cable reporting back to Washington details both of Hans-Dietrich
Genscher’s proposals – that NATO would not expand to the east, and that the
former territory of the GDR in a unified Germany would be treated differently
from other NATO territory.
Ce câble de l’ambassade des États-Unis à Bonn, adressé à
Washington, détaille les deux propositions de Hans-Dietrich Genscher : que
l’OTAN ne s’étende pas
à l’est et que l’ancien territoire de la RDA, dans une
Allemagne unifiée, soit traité différemment des autres territoires de l’OTAN.
The British
memorandum specifically quotes Genscher as saying “that when he talked about
not wanting to extend NATO that applied to other states beside the GDR. The
Russians must have some assurance that if, for example, the Polish Government
left the Warsaw Pact one day, they would not join NATO the next.” Genscher and
Hurd were saying the same to their Soviet counterpart Eduard Shevardnadze, and
to James Baker
Le mémorandum britannique cite spécifiquement Genscher,
qui a déclaré : « Lorsqu’il a évoqué
son refus d’étendre l’OTAN, cela s’appliquait
à d’autres États que la RDA. Les Russes doivent avoir l’assurance que si,
par exemple, le gouvernement polonais quittait le Pacte de Varsovie un jour, il
ne rejoindrait pas l’OTAN le lendemain. » Genscher et Hurd
ont tenu les mêmes propos à leur homologue soviétique Édouard Chevardnadze et à
James Baker.
Although heavily
redacted compared to the Soviet accounts of these conversations, the official
State Department version of Secretary Baker’s assurances to Soviet Foreign
Minister Shevardnadze just before the formal meeting with Gorbachev on February
9, 1990, contains a series of telling phrases ... among other “ There would, of
course, have to be iron-clad guarantees that NATO’s jurisdiction or forces
would not move eastward. And this would have to be done in a manner that would
satisfy Germany’s neighbors to the east.
Bien que largement expurgée par rapport aux comptes rendus
soviétiques de ces conversations, la version officielle du Département d’État
des assurances données par le secrétaire Baker au ministre soviétique des
Affaires étrangères Chevardnadze, juste avant la rencontre officielle avec
Gorbatchev le 9 février 1990, contient une série de phrases révélatrices ...
entre autres : « Il faudrait, bien
sûr, des garanties absolues que la juridiction ou les forces de l’OTAN ne se
déplaceraient pas vers l’est. Et cela devrait se faire
d’une manière qui satisfasse les voisins de l’Allemagne à l’est".
Épargnez nous de votre diarrhée verbale et tenez vous en aux faits.
Vous déformez sans vergogne les propos de Mikhaïl Gorbatchev pour étayer votre affirmation selon laquelle l’OTAN ne s’est jamais engagée à ne pas accueillir de nouveaux membres.
Gorbatchev déclare : “La question de l’expansion de l’OTAN n’a pas été abordée du tout, et elle n’a pas été évoquée durant ces années.” « The topic of “Nato expansion” was not discussed at all, and it wasn’t brought up in those years’”.
On pourrait se demander à quelles années Gorbatchev faisait référence. L’interview dont cette phrase est tirée montre clairement qu’il pensait en fait aux années 1990-1991, lorsque la réunification allemande était envisagée et qu’une promesse avait été faite de ne pas déployer de forces de l’OTAN en ex-Allemagne de l’Est (une promesse qui, selon Gorbatchev, a été tenue à ce jour).
Il poursuit en affirmant que la question d’une extension de l’OTAN ne s’est même pas posée à cette époque, car »aucun pays d’Europe de l’Est ne l’a suggérée, même après la fin du pacte de Varsovie en 1991. Les dirigeants occidentaux n’ont pas non plus soulevé la question« . »Not a singe Eastern European country raised the issue, not even after the Warsaw Pact ceased to exist in 1991. Western leaders didn’t bring it up, either« .
Mais lorsque la question se pose, en 1993, Gorbatchev déclare : »Dès le début, j’ai qualifié cela de grave erreur. C’était assurément une violation de l’esprit des déclarations et des assurances qui nous ont été données en 1990« . »I from the very start called it a great mistake. It was certainly a violation of the spirit of those declarations and assurances that we were given in 1990« . On se demande quelles assurances ?...
Plus loin il poursuit : »Nous traversons aujourd’hui une crise dans les relations européennes. L’une de ses causes, mais pas la seule, est le refus de nos partenaires occidentaux de prendre en compte le point de vue, les intérêts légitimes et la sécurité de la Russie. Ils ont applaudi la Russie verbalement, surtout sous Eltsine, mais dans les faits, ils n’en ont tenu aucun compte. Je pense principalement à l’élargissement de l’OTAN, au projet de déploiement d’un bouclier antimissile et aux actions occidentales dans des zones importantes pour la Russie (Yougoslavie, Irak, Géorgie, Ukraine). Ils nous ont littéralement dit : « Ce ne sont pas vos affaires ». Résultat : un abcès s’est formé et a éclaté« . »Today we need to admit that there is a crisis in European (and global) politics. One of the reasons, albeit not the only reason, is a lack of desire on the part of our Western partners to take Russia’s point of view and legal interests in security into consideration. They paid lip service to applauding Russia, especially during the Yeltsin years, but in deeds they didn’t consider it. I am referring primarily to NATO expansion, missile defense plans, the West’s actions in regions of importance to Russia (Yugoslavia, Iraq, Georgia, Ukraine). They literally said “This is none of your business.” As a result, an abscess formed and it burst".
Je comprend que dans vos cercles néocons la promesse faite aux Russes à la fin de la guerre froide contre l’élargissement de l’OTAN est un mythe afin de mieux réfuter une des justification de Poutine d’intervenir en Ukraine en faisant passer « l’Opération militaire spéciale » comme un acte irrationnel de force brute alors que cet élargissement est du point de vue russe une menace existentielle.
Merci pour les liens que j’ai lu attentivement. Ils confirment les assurances des pays occidentaux de la non expansion de l’OTAN après la réunification de l’Allemagne. D’ailleurs Gorbatchev se plaint amèrement lorsqu’il dit : It was definitely a violation of the spirit of
the statements and assurances made to us in 1990. Quant au second lien, il apparaît que le ministre allemand Genscher était en phase avec son homologue US James Baker (not one inch eastward) La citation de Chevardnadze —C’est
la première fois que j’en entends parler - est sortie de son contexte. Ce qu’il dit est qu’il ignore « l’intérêt des pays d’Europe Centrale » d’adhérer à l’OTAN. Rien n’a voir avec les promesses de non expansion de l’OTAN. Nuance ! D’ailleurs le 9 février 1990, lors d’une rencontre avec Shevardnadze, Baker lui dit : that the
US favoured a united Germany remaining « firmly anchored » in NATO, with
which there would have to be "iron-clad guarantees that NATO’s
jurisdiction or forces would not move eastward. (second paragraphe de la page 3) Que dire aussi du message clair de Manfred Woerner, le chef de l’OTAN d’alors, à une délégation du Soviet Suprême, qui souligne que le Conseil de l’OTAN et lui-même sont contre
l’expansion de l’OTAN (13 membres de l’OTAN sur 16 soutiennent ce point
de vue) (page 2). Bref, il y a une trentaine de memorandums de l’époque dans lesquels la non expansion de l’OTAN est abordée.
@Jean Dugenêt — En quoi mes documents ne serait pas officiels Le lien que vous indiquez renvoie à votre article sur le blog de Médiapart ... Pas vraiment une source officielle ... — J’ai amplement cité Gorbatchev et son ministre Chevardnadze qui ont dit et répété qu’il n’y a jamais eu de promesses Curieux de savoir où et quand ... Un lien peut être ? — Vous prétendez que des preuves de promesses faites
existent, alors, dites nous qui a promis quoi. Précisez, dans quels
termes et où cette promesse a été faite Je ne vais pas recopier tous les câbles et mémos de mes liens précédents ; cela serait trop long. Prenez la peine de les lire, dont voici un résumé : U.S. Secretary of State James Baker’s famous “not one inch eastward”
assurance about NATO expansion in his meeting with Soviet leader Mikhail
Gorbachev on February 9, 1990, was part of a cascade of assurances
about Soviet security given by Western leaders to Gorbachev and other
Soviet officials throughout the process of German unification in 1990
and on into 1991, according to declassified U.S., Soviet, German,
British and French documents posted today by the National Security
Archive at George Washington University. The documents show that multiple national leaders were considering and
rejecting Central and Eastern European membership in NATO as of early
1990 and through 1991, that discussions of NATO in the context of German
unification negotiations in 1990 were not at all narrowly limited to
the status of East German territory, and that subsequent Soviet and
Russian complaints about being misled about NATO expansion were founded
in written contemporaneous memcons and telcons at the highest levels.
Quant aux Mémorandums de Budapest, cela n’a rien à voir avec l’expansion de l’OTAN, mais sont des garanties d’intégrité territoriale et de sécurité de la Biélorussie, du Kazakhstan et de l’Ukraine en échange de leur ratification du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Du point de vue russe, le mémorandum de Budapest était devenu caduque suite aux sanctions occidentales contre le gouvernement de Yanukovych. L’article 3 du mémorandum stipule :S’abstenir d’utiliser la pression économique sur l’Ukraine en vue d’influencer sa politique —La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et
d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment, conformément
aux principes énoncés dans l’Acte final de la Conférence sur la
sécurité et la coopération en Europe, leur engagement envers l’Ukraine
de ne pas recourir à la coercition économique afin de subordonner à leur
propre intérêt l’exercice par l’Ukraine des droits inhérents à sa
souveraineté et d’en tirer un avantage quelconque. De
surcroît, les russes ont aussi fait valoir qu’ils avaient signé un avec un
gouvernement ukrainien élu démocratiquement, non avec une junte, ce qui
rend ce mémorandum invalide.
Voici un compte rendu plus détaillé du soulèvement de Marioupol filmé par un ukrainien, vraisemblablement du Donbass. La lutte armée des séparatistes fut la réponse à la féroce répression d’un soulèvement populaire initialement pacifiste comme on peut le voir dans la première partie de la vidéo. https://www.youtube.com/watch?v=7c_TkguJZdU&t=155s