D’accord avec vous sur le fond. Oui c’est aux africains de contrôler leur destin et leurs ressources. Hélas les dirigeants africains comme Patrice Lumumba ou Thomas Sankara qui en avaient fait leur postulat ont été assassinés et aucun autre leader africain n’a depuis pris la relève. Ce que nous assistons aujourd’hui en Libye est une autre guerre du pétrole et une redistribution des cartes entre les différents pouvoirs impérialistes ou néo colonialistes. Des troubles qui secouent l’Afrique, il n’est pas certain que la France gardera ses intérêts intacts. Ils vont être sérieusement érodés. Oui il est souhaitable de réduire, voir d’éliminer notre dépendance aux hydrocarbures, mais cela ne se fera pas de si tôt pour des problèmes d’ordre technologiques qui ne satisfont pas une demande énergétique toujours aussi croissante et surtout pour la simple raison que le dollar est arrimé au pétro-dollars et que cela lui permet de survivre artificiellement.
Ne mélangeons pas tout, SVP ! Qui parle de révoltes religieuses ? Relisez
moi. A aucun moment j’y fais allusion. A moins de considérer le conflit
israélo-palestinien comme un conflit religieux (qui n’en est pas un) ;
pas plus que le sionisme soit un mouvement religieux.
Puisque vous évoquez la laïcité, il est bon de rappeler que les
dictatures Kadhafi et Saddam Hussein étaient laïques et un rempart
contre l’islamisme. Quel paradoxe !
S’il ne fait aucun doute que le clan Kadhafi a capté la manne pétrolière
libyenne à son profit, il faut aussi savoir que le revenu moyen est le
plus élevé d’Afrique du nord (12 000 dollars par habitant), à cause des
revenus pétroliers et de sa faible population (6.5 millions
d’habitants). L’insurrection libyenne n’est pas d’origine économique
comme en Tunisie et Egypte, et on peut s’interroger sur la spontanéité
de celle-ci. L’insurrection libyenne apparaît pré-commandée et organisée. Comme l’écrit fort justement le journaliste italien Manlio Dinucci : "Ce n’est pas une révolte de masses appauvries, comme
celles en Egypte et Tunisie, mais une vraie guerre civile, due à
une fracture dans le groupe dirigeant".
Cordialement.
Les évènements en Libye démontre une fois de plus que la soif de pétrole de l’impérialisme est intarissable.
Les médias montent en épingle la folie et la brutalité du tyran Kadhafi
en touchant la corde sensible des droits de l’hommiste et occultent les
véritables raisons qui sont d’ordre géostratégiques : halte à la présence
et l’influence grandissante de la Chine sur le continent noir. La
partition du Soudan rentre dans cette logique.
Quelle est la nature de l’opposition au régime qui contrôle Benghazi ?
Une coïncidence sans doute que la rébellion ait démarré dans la capitale
du Cyrénaïque dont la province regorge des plus riches zones
pétrolières du pays... D’après CNN, la Libye possède 44,3 milliards de
réserves prouvées, les plus importantes du continent africain.
Dans son édition d’hier, un édito du Wall Street Journal du sioniste
Rupert Murdoch appelait Les Etats-Unis et l’Europe à renverser le régime
Kadhafi. Hélas pas un mot de soutient aux peuples des pétro-monarchies
du Golfe et d’Arabie Saoudite à renverser leurs régimes dictatoriaux. ON assiste encore à l’hypocrisie du deux poids, deux
mesures. Il n’était pas question d’intervention occidentale pour aider
les palestiniens de Gaza, dont des milliers d’entre eux sont mort suite
au blocus et aux bombardements et l’invasion d’Israël début 2009. Au
contraire, les Etats-Unis sont intervenus pour empêcher les
condamnations de l’occupant sioniste.
Le sirocco de révolte qui souffle dans le monde arabe à tous les attributs des « révolutions colorées ».
C’est particulièrement le cas pour l’Egypte. L’article du New York Times faisant
état des liens entre le April 6 Youth Movement (les activistes proches
de ElBaradei, membre de l’International Crisis Group) et les activistes
serbes de l’Otpor (une émation de la NED, la branche civile de la CIA) est révélateur.
Après tout la colonne vertébrale du régime Moubarak est toujours en
place et la relève est assurée par une junte militaire : les généraux
Omar Suleiman, Mohammed Hussein Tantawi et Ahmed Al-Shafik sont aux
commandes. « Révolte Populaire » ? Vraiment ?