à M. Dugué
"Le pouvoir personnel est une chance lorsqu’il propulse aux postes de responsabilité ou de créativité les meilleurs, les justes, les visionnaires."
Votre article, très intéressant, ne se résume certainement pas à cette seule phrase, mais je reste sceptique. Comment définir "les meilleurs" et "les justes" ? Platon imaginait déjà un roi philosophe, Voltaire avait cru que Frédéric de Prusse incarnait cet idéal - il a été déçu -
Quelque chose me dit que les dictateurs, célèbres ou moins célèbres, ont la conviction d’être ce qu’il y a de mieux pour le peuple. Ils sont sûrs de détenir la vérité et la justice. Et certains ont une telle conviction qu’ils entraînent les foules vers des aventures sanglantes.
Je sais bien que l’histoire nous offre aussi des exemples plus rassurants, celui de Périclès, pour n’en citer qu’un seul, pour autant, je reste un peu pessimiste...
le lapsus calami " politique étrangère" tombe très bien !
Et, sans vouloir nier les responsabilités individuelles de M. Kerviel et de M.Breteau, on pourrait dire que nous sommes presque tous les proies plus ou moins consentantes d’une énorme usine à rêves, où l’on se raconte "l’histoire dont vous êtes le héros"...
Tout comme vous, j’ai trouvé surprenant, mais très intéressant le rapprochement entre ces deux personnes ; cependant, j’aurais tendance à penser que M. Breteau est aussi, dans une certaine mesure, la "victime" d’une dérive de l’humanitaire : l’analyse de Rony Brauman dans "Causeur" montre bien comment on peut se sentir "moralement" autorisé à des actions du type "Arche de Zoé"
Votre analyse des extases de la critique d’art est excellente, mais vous allez vous faire incendier, béotien que vous êtes ! J’ai adoré "le surgissement d’une clarté lumineuse"...On se croirait dans une comédie de Molière :
FEMMES SAVANTES, ACTE III , scène1
"BÉLISE. Ah ! Tout doux, laissez-moi, de grâce, respirer.
ARMANDE. Donnez-nous, s’ il vous plaît, le loisir d’ admirer.
PHILAMINTE. On se sent à ces vers, jusques au fond de l’ âme,
Couler je ne sais quoi qui fait que l’ on se pâme."