Une devise : "Évoquer mais sans nommer". Une formule plus adaptée aujourd'hui.
"Face au miroir, réfléchissons sur notre vie avec un peu de subjectivité dans l'objectivisme"
Le Conseil d’Etat a décidé de maintenir l’amende record de 3,5 millions d’euros infligée par l’Arcom à C8, après les insultes de l’animateur Cyril Hanouna au député LFI Louis Boyard, selon une décision rendue mercredi dont l’AFP a eu connaissance.
L’institution a également maintenu l’amende de 500.000 euros infligée par le régulateur de l’audiovisuel après une autre séquence de l’émission Touche pas à mon poste (TPMP), durant laquelle un invité avait notamment évoqué la consommation d’une prétendue drogue à base de sang d’enfant par certaines personnalités, « l’adrénochrome ».
En mai, le rapporteur public du Conseil d’Etat avait recommandé de maintenir l’amende prononcée dans le cadre de la séquence avec Louis Boyard. Une sanction que contestait la chaîne C8 appartenant au groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, dénonçant notamment une « erreur d’appréciation ».
« Abruti », « tocard », « t’es une merde »… « Contrairement à ce qui est soutenu » par la chaîne du groupe Canal+, il ne fait « guère de doute que les aimables qualificatifs adressés » en direct par le présentateur de Touche pas à mon poste à l’élu en novembre 2022 « constituent bien des injures », avait justifié le rapporteur.
7,5 millions d’euros d’amendes
En outre, le 9 mars 2023, l’animateur star Cyril Hanouna avait accueilli dans TPMP Gérard Fauré, présenté comme l’« ex-dealer du tout-Paris », pour l’interroger sur la consommation de cocaïne de l’humoriste Pierre Palmade, à l’origine d’un grave accident de la route.
L’invité a alors « accusé nommément plusieurs personnalités publiques de consommation de produits stupéfiants, et même de trafic de ces substances pour l’une d’entre elles, ainsi que de pédophilie et de consommation d’adrénochrome », avait rappelé l’Arcom dans sa décision.
Animateur-producteur controversé, Cyril Hanouna, 49 ans, est un habitué des dérapages et ses émissions ont valu à C8 une pluie de rappels à l’ordre de l’Arcom, pour un total de 7,5 millions d’euros d’amendes.
C8 postule au renouvellement de sa fréquence de télévision numérique terrestre (TNT) dans le cadre d’une procédure menée actuellement par l’Arcom et son sort, tout comme celui de CNews, autre chaîne du groupe Canal+, focalise l’attention.
« Ce n’est pas anodin », a commenté sur Radio J le député de Paris Sylvain Maillard, ancien chef de file des députés Renaissance, quand les ministres Aurore Bergé et Gérald Darmanin ont fait savoir qu’ils auraient décliné l’invitation.
« Je n’y serais pas allée si j’avais été invitée », a fait savoir la première sur France 2. « Edouard Philippe dîne avec qui il souhaite, moi je n’aurais pas dîné avec Marine Le Pen », a également répondu le ministre de l’Intérieur.
Au contraire, pour le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu, numéro 2 du parti Horizons d’Edouard Philippe, « il n’est jamais inutile de savoir qui sont vos adversaires politiques ». « Est-ce que, depuis ce fameux dîner dont on essaie de faire un scoop, il y a eu, de la part d’Edouard Philippe, la moindre évolution sur sa ligne, la moindre complaisance, la moindre compromission ? », s’est-il interrogé sur Sud Radi
Selon Christophe Béchu, l’ancien Premier ministre, partisan du « ni-RN, ni-LFI », « est un de ceux qui, aussi bien pendant les élections européennes que pendant ces élections législatives, a tapé avec le plus de force et le plus de constance contre la menace de voir arriver le Rassemblement national aux responsabilités ».
« Je déteste le flicage. Dans une démocratie, on dîne avec qui on veut », a estimé de son côté Sébastien Chenu, vice-président du RN, sur RTL.
Interrogé par ailleurs sur le front républicain contre l’extrême droite, il a rétorqué : « Quand Édouard Philippe dîne avec Marine Le Pen, je n’ai pas le sentiment que nous sommes des pestiférés. »