Dans ce cas, citez les paroles de Dumas (et non pas celles de Berruyer) où il dit quelque chose du genre :
— En ma présence tel responsable occidental (lequel ?) a
dit à tel responsable russe (lequel ?) : je promets qu’il n’y aura pas
d’expansion de l’OTAN à l’Est.
Je pourrais discuter quand vous aurez apporté cela.
Déjà,
désolé pour vous avoir invectivé trop violemment, mais il est vrai
que j’avais l’habitude de croiser sur différents forums des
manipulateurs, qui n’hésitaient pas à recourir à la déformation
des propos ou à faire semblant de ne pas les comprendre. Quant aux
conditions auxquelles les propos d’un ancien intervenant seraient
recevables, je comprends que vous vouliez les imposer ainsi, mais le
problème, c’est que ce n’est pas de la sorte que les choses
marchent. Les informateurs et autres lanceurs d’alerte n’ont pas à
obéir à un agenda que vous auriez fixé d’avance, et de fait ils ne
le font en général pas. C’est en effet un problème que j’ai
rencontré sur d’autres forums. On peut regretter que Dumas ne se
soit pas étendu dessus plus longtemps, mais c’est probablement parce
qu’il n’en voyait pas la nécessité, en plus de son grand âge.
Après,
au sujet de vos accusations de fraude à l’encontre de Berrruyer, je
vous en laisse la responsabilité. Mais il est vrai que la seule
façon de conclure que Dumas ne dit pas ce que l’on comprend
naturellement est de recourir à cette « interprétation ». Sinon,
quand Dumas dit « c’était quand même la fin de la guerre », je
pense qu’il veut vraiment dire la Guerre Froide, pas celle de 1945.
Mais même là, on peut considérer que la réunification
allemande c’était la vraie fin de la guerre de 1945,
comme on le faisait à l’époque souvent valoir. Donc je
ne vois pas de contradiction, car je pense que c’était en effet
probablement ce qu’il voulait dire.
Sinon,
vous faites grand cas de ce que la décision de l’OTAN était
unilatérale, mais il reste que la source de tous les problèmes est
sans doute là. Comme il est impensable que les responsables de
l’OTAN n’en aient pas parlé à leurs interlocuteurs soviétiques,
ceux-ci ont conclu naturellement à l’époque qu’il irait de soi que
l’OTAN ne s’étendrait pas. Le fait que le Pacte de Varsovie n’ait
été dissous qu’ensuite, même si cela créait une nouvelle
situation, ne devait cependant pas la changer de ce point de vue, aux
yeux des ex-soviétiques. Il est vrai que toute la dynamique du
désarmement dont il avait été convenu ne pouvait en aucun cas
fonctionner dans une telle perspective, et que cet engagement (car
c’en était bien un) impliquait de ne pas en profiter. Et du reste,
même Bush à l’époque ne semble pas avoir agi dans un tel but, car
il semblait aller de soi que cette décision signifiait cela.
Malheureusement, d’autres ne l’ont pas vu de la même façon plus
tard.
Pour
préciser les informations qu’a apportées Dudule, si on regarde les
cartes de la Russie Médiévale, on voit que son territoire formait
sur le sud de l’Ukraine actuelle un couloir allant jusqu’à
l’emplacement d’Odessa. Dans les siècles suivants, cependant,
lorsque la Russie s’est retrouvée divisée et en général occupée,
sous les coups de boutoir tant des Mongols que des Lituaniens et
Polonais, la région est tombée sous la domination des Ottomans et
s’est dépeuplée des russes, en raison notamment des violentes
expéditions esclavagistes pour le compte des Ottomans, qui ont
déstabilisé la région jusqu’au nord de la Cosaquie. Lorsque
Catherine II a récupéré la région, donc peu peuplée à l’époque,
essentiellement par des Turcs (Tatars et Gagaouzes), elle a organisé
une politique de repeuplement, nécessaire au-delà de toute
re-russification. Elle a fait venir des Grecs et des Bulgares, et
même des Espagnols. Je parle de re-russification, car certains des
territoires avaient été russes, mais il est exact que la partie
orientale de la Novorussie, celle comprise entre la Crimée et le
bassin du Kouban (région de Rostov-sur-le-Don), n’avait elle jamais
été russe.
En
effet, l’analyse au premier degré des propos de Roland Dumas les
comprend bien ainsi. On peut toujours mettre en cause sa mémoire, et
sa promptitude à comprendre les questions (qui peut expliquer
certains décalages apparents dans ses réponses), qui doivent en
effet commencer à flancher, mais si on s’en tient à ce qu’il dit,
leur sens est bien qu’une promesse de non-expansion de l’OTAN avait
été faite. Et il n’y a a aucune raison de voir une moindre
défaillance dans ses dires au sujet de la préparation à l’avance
de l’agression contre la Syrie de la part des Occidentaux, confirmés
d’ailleurs par de nombreux autres éléments.
Quant
à ceux de Gorbatchev, je reviens dessus, ils étaient en effet
contradictoires. Mais il faut voir que les questions ont peut-être
été rapportées hors-contexte (car se référant à des périodes
différentes, il s’est passé énormément de choses en à peine
moins de deux ans), peut-être n’a-t’il pas bien compris, sa mémoire
ou sa compréhension commençaient peut-être elles aussi à
s’altérer. Mais de l’ensemble de ses affirmations, il ressort qu’il
y avait bien eu des discussions au sujet d’un désarmement général,
y compris en Europe de l’Est, qui ne devaient pas être compromis par
une extension de l’OTAN, désarmement auquel les autres avaient
consenti. Là-dessus, il a sans doute été extraordinairement naïf.
Il n’a pas compris à quelle malfaisance du complexe
militaro-industriel/État profond états-unien, et d’autres pays
occidentaux, il avait affaire. Et au niveau des personnes, si Baker
était quelqu’un de sincère, George Bush Sr était quelqu’un de très
retors, sans compter qu’il avait déjà dans son gouvernement les
très malfaisants Cheney et Rumsfeld. Sans compter le revanchisme de
la Pologne, bien décidée à revenir dans son ancien empire sur les
vieilles terres russes. L’observation qu’en 1991, le Pacte de
Varsovie existait encore n’apporte donc rien, les facteurs qui ont
joué étaient bien au-delà de ça.
S’agissant
du mémorandum de Budapest, il convient de rappeler ce qui suit :
effectivement il imposait de respecter l’intégrité territoriale
ukrainienne, et aussi de ne pas exercer de pressions sur elle.
Seulement, en organisant le coup d’État de 2014 (car seuls ceux de
très mauvaise foi font semblant de prétendre que la fausse
révolution du Maïdan n’en était pas un, et qu’il n’a pas été
organisé par ces deux pays), en violant donc la souveraineté de
l’Ukraine, les USA et le Royaume-Uni ont aussi violé cet accord. Les
Russes ont eu raison, d’un point de vue juridique, de dire que ces
deux pays y avaient mis fin. Donc, ils n’étaient plus tenus
eux-mêmes de le respecter. Il ne faut pas oublier que la Russie
avait consenti à ce traité parce qu’il garantissait sa sécurité ;
en mettant en place un gouvernement à la fois factieux et hostile,
les occidentaux l’avaient vidé de sa raison d’être. Ils pensent que
le respect des accords internationaux, c’est pour les autres, eux
peuvent les violer comme bon leur semble, sans en subir de
conséquences ; ils ont même le culot de penser que les autres
parties sont elles toujours tenues de le faire alors même que eux
ont violé leurs obligations. Mais non, ça ne marche pas selon leurs
desiderata. Dans tous les cas, ils sont entièrement responsables de
ce qui se passe depuis 2014. La suite des événements ayant
amplement confirmé que leurs actions du Maïdan étaient bel et bien
motivées par le seul désir de semer la discorde et de nuire aux
russes (et aux ukrainiens aussi, d’ailleurs).
Désolé pour le bogue, il s’agit ici du message complet.
Assurément. Quant à la vidéo de Berruyer/Dumas vous vous faites berner par Berruyer. J’ai déjà expliqué tout cela ici.
En
effet, l’analyse au premier degré des propos de Roland Dumas les
comprend bien ainsi. On peut toujours mettre en cause sa mémoire, et
sa promptitude à comprendre les questions (qui peut expliquer
certains décalages apparents dans ses réponses), qui doivent en
effet commencer à flancher, mais si on s’en tient à ce qu’il dit,
leur sens est bien qu’une promesse de non-expansion de l’OTAN avait
été faite. Et il n’y a a aucune raison de voir une moindre
défaillance dans ses dires au sujet de la préparation à l’avance
de l’agression contre la Syrie de la part des Occidentaux, confirmés
d’ailleurs par de nombreux autres éléments.
Quant
à ceux de Gorbatchev, je reviens dessus, ils étaient en effet
contradictoires. Mais il faut voir que les questions ont peut-être
été rapportées hors-contexte (car se référant à des périodes
différentes, il s’est passé énormément de choses en à peine
moins de deux ans), peut-être n’a-t’il pas bien compris, sa mémoire
ou sa compréhension commençaient peut-être elles aussi à
s’altérer. Mais de l’ensemble de ses affirmations, il ressort qu’il
y avait bien eu des discussions au sujet d’un désarmement général,
y compris en Europe de l’Est, qui ne devaient pas être compromis par
une extension de l’OTAN, désarmement auquel les autres avaient
consenti. Là-dessus, il a sans doute été extraordinairement naïf.
Il n’a pas compris à quelle malfaisance du complexe
militaro-industriel/État profond états-unien, et d’autres pays
occidentaux, il avait affaire. Et au niveau des personnes, si Baker
était quelqu’un de sincère, George Bush Sr était quelqu’un de très
retors, sans compter qu’il avait déjà dans son gouvernement les
très malfaisants Cheney et Rumsfeld. Sans compter le revanchisme de
la Pologne, bien décidée à revenir dans son ancien empire sur les
vieilles terres russes. L’observation qu’en 1991, le Pacte de
Varsovie existait encore n’apporte donc rien, les facteurs qui ont
joué étaient bien au-delà de ça.
S’agissant
du mémorandum de Budapest, il convient de rappeler ce qui suit :
effectivement il imposait de respecter l’intégrité territoriale
ukrainienne, et aussi de ne pas exercer de pressions sur elle.
Seulement, en organisant le coup d’État de 2014 (car seuls ceux de
très mauvaise foi font semblant de prétendre que la fausse
révolution du Maïdan n’en était pas un, et qu’il n’a pas été
organisé par ces deux pays), en violant donc la souveraineté de
l’Ukraine, les USA et le Royaume-Uni ont aussi violé cet accord. Les
Russes ont eu raison, d’un point de vue juridique, de dire que ces
deux pays y avaient mis fin. Donc, ils n’étaient plus tenus
eux-mêmes de le respecter. Il ne faut pas oublier que la Russie
avait consenti à ce traité parce qu’il garantissait sa sécurité ;
en mettant en place un gouvernement à la fois factieux et hostile,
les occidentaux l’avaient vidé de sa raison d’être. Ils pensent que
le respect des accords internationaux, c’est pour les autres, eux
peuvent les violer comme bon leur semble, sans en subir de
conséquences ; ils ont même le culot de penser que les autres
parties sont elles toujours tenues de le faire alors même que eux
ont violé leurs obligations. Mais non, ça ne marche pas selon leurs
desiderata.
Dans
tous les cas, ils sont entièrement responsables de ce qui se passe
depuis 2014. La suite des événements ayant amplement confirmé que
leurs actions du Maïdan étaient bel et bien motivées par le seul
désir de semer la discorde et de nuire aux russes (et aux ukrainiens
aussi, d’ailleurs).
En fait l’ ukrainien c’ est un melange de russe , de polonais et de roumain . il y en as d’ ailleur trois dialecte ( russo-roumain , russopolonais , russotatar.)
l’ ukrainien n’ existe pas en tant que langue , c’ est un sabir innomamble
les germanique d’ azov voulais imposer le russo-polonais aux autre
minoritées et surtout au russe alors qu’ en fin de compte il parle eux
meme a 80% polonais
Disons
que c’est une façon trop simpliste de présenter les choses.
L’ukrainien, ou petit-russe de son nom d’origine, comme tous les
ensembles linguistiques, a été soumis à un grand nombre
d’influences de diverses langues. Au centre, les parlers de la région
de Kiev sont proches du grand-russe (le russe de Moscou et de
Smolensk). En Volhynie, le dialecte local a été soumis à de fortes
influences (lexique et expressions, prononciation) du polonais, en
Galicie aussi mais là il en a reçu également de l’allemand. Les
dialectes des régions proches de la Bucovine et de la Moldavie sont
bien sûr imprégnés de termes et expressions roumaines, ceux de la
Ruthénie subcarpatiques en ont en plus reçues du slovaque et du
hongrois, l’article de wikipédia (qui reprend ce marronnier de la
Rus’ médiévale – sic) évoquant le cas du russène ou russine des
Carpathes de Roumanie qui a été assez modifié avec le temps pour
que parfois on le considère comme une langue à part entière.
Ces
contacts historiques expliquent en partie la crise actuelle. Les
Lithuaniens puis les Polonais ont conquis l’Ouest de la vielle Russie
médiévale de Kiev et Novgorod. Si ces populations de la Malorussie
ont plutôt bien accueilli au départ de revenir dans le giron russe,
il en est resté des traces. Certains, comme les Volhyniens, ne l’ont
rejoint que dans les années 1790. Les Galiciens n’ont même jamais
été sous la domination de Moscou ou de Saint-Pétersbourg (avant
leur annexion par Staline), et sont passés sous la domination
autrichienne. Il s’y est développé des églises gréco-romaines, ou
uniates, catholiques de rite orthodoxe, dans un but d’ailleurs ouvert
de partir à la conquête religieuse de la Russie. Cela a
certainement marqué les mentalités de ces régions, plus tournées
vers l’Ouest.
Il
est important de noter que les Ruthènes (ce qui doit se prononcer
russène) de la Ruthénie subcarpatique ukrainienne, loin de se voir
comme des Roumains ou des Hongrois haïssant les Russes comme
l’avance Captain Marlo, sont au contraire leurs plus fidèles alliés
en Ukraine de l’Ouest, en dépit de la présence d’Uniates parmi eux.
C’est que alors que les Galiciens, après l’établissement de la
monarchie bicéphale austro-hongroise, avaient été placés dans
l’orbite de l’Autriche, tolérante envers les minorités, les
Ruthènes avaient eux été mis sous l’autorité hongroise, très
intolérante envers elles, à la manière française. Ils ont alors
développé de manière défensive un sentiment de rapprochement
envers les frères russes, les Galiciens, bien traités par les
Autrichiens, voyant beaucoup moins de raisons à cela. Dans les
années d’après la Première Guerre Mondiale, annexés par les
Polonais, ils ont développé un nationalisme plutôt tourné vers
l’Occident catholique, et même les Volhyniens et leurs voisins ont
fini par s’y ranger. Il faut aussi tenir compte du fait que les
dialectes ukrainiens de l’Ouest avaient été sous Alexandre III
l’objet d’une répression inhabituelle dans l’histoire russe,
réaction malavisée mais défensive prise en raison de l’activité
des intellectuels polonais qui, nostalgiques de la perte de leur
empire, faisaient tout leur possible pour répandre l’idée que
l’Ukraine, ou la Malorussie si on préfère, était à part de la
Russie (dans le but « pas du tout intéressé » de remettre la main
sur cette région une fois que la Pologne aurait regagné son
indépendance).
Ce
nationalisme galicien a pris des traits nazis, parce qu’à l’époque
c’était à peu près normal pour un nationalisme européen. Nous
payons donc les conséquences de siècles d’une Histoire mal digérée,
mais pas seulement. Car les manigances de Staline, volant des
morceaux non seulement de Pologne, mais aussi de Tchécoslovaquie et
de Roumanie afin de s’agrandir, créant une Ukraine largement
artificielle, ont joué un grand rôle dans la naissance de cette
crise. Et bien sûr, les manipulations des Occidentaux, dès
l’éclatement de l’URSS, qui ont joué sur ces antagonismes afin de
diviser et d’affaiblir durablement la Russie historique, puis de la
contraindre à rejoindre le camp atlantiste. Sur tout ça, Sylvain a
comme souvent largement faux. Son article reprend les poncifs et les
faussetés de la propagande occidentale simpliste de ces derniers
mois.