C’est votre côté cureton de gauche ? Si la plupart des gens entendent de l’opéra, ils tournent le bouton dans la seconde et s’ils ne le peuvent pas, ils crient à l’arrêt. S’ils crachent sur l’or (pas nécessairement du Rhin) je ne vois pas ce qui m’interdit de le faire sur leurs cochonneries. Dans l’absolu, je me fous complétement de ce qu’ils écoutent mais cela a des inconvénients pour moi (et heureusement d’autres). Je ne peux rentrer dans un commerce sans que l’on me balance des débilités dans les oreilles. Pire, dans les médias et notamment à la tv, toutes les émissions ou presque sont inspirées par les handicapés du tympan : vous n’avez pas observé par exemple que lorsque un crachoteur à la mode pénètre sur un plateau, se lèvent en masse des gamines de quinze ans dont l’essentiel de la culture musicale consiste à se pâmer devant la coiffure ou les percings de leur idôle présentant ainsi les signes d’un talent insurpassable ! Si les participants sont plus âgés, ce sont les nanars de leurs vingt ans, ce qui est à peine mieux puisque le temps n’a pas encore fait suffisamment de ménage. Une vraie dictature par le bas ! Et enfin, si nous ne sommes qu’une poignée adepte du « classique » et de la musique contemporaine (je veux dire celle qui l’est réellement car beaucoup de nos mêmes contemporains pensent écouter de la musique moderne alors que leurs oreilles n’ont pas encore franchi le dix-neuvième siècle et encore !), croyez-vous que l’on montera encore par exemple la tétralogie pour quelques-uns ? Enfin pour ce qui est des masses « populaires » vous voulez sans doute dire que seuls les bourgeois friqués ont accès au beau : il y a un peu plus d’une dizaine d’années, j’ai acheté dans une grande surface l’intégralité de la tosca dans le version de Sabata en deux cd (le plus bel enregistrement jamais réalisé bien qu’en mono - je le possèdais déjà mais pour le prix j’ai fait un doublon en cas d’accident à l’un d’eux) pour deux francs (environ 0,30 centimes aujourd’hui) tandis que l’on vendait à côté des bruits de chasse d’eau pour dix fois plus :je vous laisse la conclusion...